Crucifixion

C’est en comprenant le rôle de la culture du sol, du rôle des aliments sur notre physiologie, que l’on se comprend soi et la vision d’une société. La charpente psychique, le circuit nerveux, affaiblis par les aliments vides de nutriments.

Ceci est une boucle ; qui choisit d’être sain produira des choses saines et solides. Qui répand du poison est déjà poison pour lui-même.

Hors aujourd’hui, tout ce qui est pour les masses est abêtissement, de faible qualité. Telle est la vision du monde moderne. Pulvérisation chimique dans les corps et les cerveaux.

Ils misèrent sur la bêtise. Ils crurent en sortir gagnants. Ils se condamnèrent eux-mêmes ainsi que leur descendance. Mais le Capital dans le fond était bien leur religion. Ce qui ne leur laissa aucun gout amer puisqu’ils eurent leurs piscines et leurs voitures.

Leurs millions.

Leurs milliards.

 

Asservissement des masses.

Atomisation de la Nature.

 

Vulgaires pantins télévisés.

Haute culture

Il y a plusieurs dégénérescences. Celle qui amène à la raison toujours plus froide, celle qui amène à la création toujours plus folle, celle qui amène à la passivité toujours plus molle… Certains enfermements sont plus libérateurs que d’autres. En ce sens tout libère et tout enferme. C’est à chacun de comprendre sa charpente psychique. Se déchirer sans cesse pour devenir une meilleure version de soi.

Tout a toujours été pareil

Houellebecq comprend parfaitement le nihilisme de cette époque. Celle où la marchandise a tout engouffré. Celle où la seule possibilité, le seul avenir, le seul espoir est toujours plus de PIB. Il a compris que nous ne sommes plus considérés que comme des variables économiques.

Le nouveau monde venant est pire, il est celui de la technocrature. Le Covid-19 tombe à pic pour endiguer toute tentative de manifestation. Traçage et puce sous-cutané.

Tout sera encore plus faux. Plus froid. Plus marketisé. C’est notre monde. Un monde en kit où les rêves communs sont voitures de luxe, vacances en chaîne, grosse villa…

Celui des conteneurs entassés, des animaux piétinant à mort leurs enfants dans des espaces dignes de camps de concentration, du gadgdetisme, du jetable. Tout tout de suite.

L’Europe n’est plus qu’une succursale, un grand marché ouvert où les âmes sont liquidées par la publicité et la finance. Le monde qui vient sera encore plus superficiel.

Ils préparent déjà des publicités Coca-Cola dans le ciel.

Faîtes vos jeux

Personne n’a le pouvoir de contrer le neolibéralisme, le capitalisme, et donc les multinationales.

Game Over.

Ce n’est pas Jean-Marc et son équipe de bras cassés qui vont aller dire à Elon Musk et Bill Gates quoi faire.

Game Over.

En ce sens, il vaut mieux ne plus penser à l’Anthropocène car peu importe le système adopté, nous y serions certainement arrivés. Un communisme ou un nazisme (Hitler était végétarien) généralisés seraient arrivés au même résultat.

Il est donc important pour chaque citoyen (qui le veut) de vivre dans une réelle communauté résiliente. Un travail titanesque car c’est à partir de la ruralité, de l’individualisme qu’il se faut travailler. Se réapproprier ce que l’idéologie dominante (américanisée) nous a désappris.

La fameuse économie de la Connaissance. (faire pousser ses légumes est semblable à imprimer sa propre monnaie, cela n’est que la base).
Darwin parlait de la valeur cruciale, décisive, de l’entraide de l’espèce, c’est au citoyen de la remettre à la place qu’elle mérite. Un court-circuitage.

Faites vos jeux.

Lettre à la Jeunesse ; le monde qui vient

L’espèce humaine est avant tout une anomalie génétique. Ce qui explique son impossibilité à vivre en communion avec son environnement. Sa sélection n’est plus naturelle depuis longtemps mais elle le redeviendra petit à petit. Cette anomalie a débouché sur des vices de plus en plus grands sous couvert du « Progrès » et de sa superpuissance autoproclamée.

La Barbarie ne fût plus celle des peuples tribaux mais celle des machines. De la dette et des produits hypertransformés. Et le plus drôle, c’est que les pauvres diables croient encore pouvoir y faire quelque chose. Ils ne comprennent pas les forces qui les régissent. Elles sont outremers. Dématérialisées. Financiarisées. De la planche à billets aux graines F1 vides de nutriments dans leur assiette. Oui, ils ont tout mais presque plus rien n’a de goût ni de nutriments. Comment pourraient-ils le savoir ? Eux qui ne connaitront bientôt plus que cela.

Ce qu’ils font aujourd’hui, leur discussion pleine de bon sens revient à gigoter, du vent. Pour les plus actifs, cela revient à faire les choses pour le beau jeu, un baroud d’honneur, noblesse oblige. Mais la masse l’emporte toujours. La masse veut du pain et des jeux. Comme toujours : de la télévision et de la junkfood aujourd’hui.

Cette période est celle de l’âge des conséquences. Et ne croyez pas résoudre les problèmes avec ceux qui ont cautionné cela pendant plus de 40 ans. L’appauvrissement de la pensée. La précarité de la jeunesse, des travails les plus utiles, les plus pénibles. Le cynisme et la satisfaction des élites. La disqualification toujours plus grande des intellectuels du débat public, des vrais, n’a même choqué personne. C’est un état de faits. C’est comme ça. Pas d’existentialisme. Cela en ramènerait trop au Néant de leur condition.

Aussi ils prennent plaisir à se moquer d’une fillette à propos de son physique alors qu’elle ne fait que crier son désarroi du monde qui vient, toujours plus déshumanisé, toujours plus soumis au profit et au Capital. Elle n’a pas l’âge requis. Pas l’expérience. Le formatage n’a pas encore totalement eu lieu car l’adolescence est la période de l’utopie et des rêves et on lui en voudrait de vouloir un monde plus sain…sous prétexte de son âge…il aurait peut-être mieux valu qu’elle se rêve en star de la téléréalité…ah que le monde des adultes est terne, gris, sans passion. Désenchantés. Pourtant ils ont été jeunes aussi…

Si le peuple veut et particulièrement le jeunesse (car elle est la première concernée) veut changer quoi que ce soi, c’est dans la rue qu’il faut aller. Systémiquement il n’y a comme ça que ça que ça marche.

Les bons sentiments et l’optimisme béat n’ont jamais suffit. Aucune révolution. Aucun changement ne s’est jamais fait que dans le sang et la douleur. Mais la démocrature est si forte et les possibilités politiques sont tellement inexistantes que même cela est une utopie. Une révolution s’appuie toujours sur des concepts forts et des leaders révolutionnaires en termes de charisme et de vision. Même cela, notre époque ne sait plus en produire.

Dans vingt ans. Voltaire, Sénèque, Nietzsche, Aurèle, tous les grands philosophes, les grands sages, les grands écrivains seront totalement enterrés. Là sera le clap de fin du grand Nihilisme.

La première mission d’un être humain en 2020 est de sortir du rôle qu’on lui a donné ; celui de Consommateur-consommant.

 

La fin d’un Monde

Le gros problème quand tu es un citoyen lambda, c’est que presque personne ne t’écoute. Et puis ça arrive. Et plus vite que prévu. Au travail on te prend pour un mandaï sous prétexte que tu es plus jeune, peu d’expérience et blablabla, de plus tu ne fais pas partie de la classe supérieure alors pourquoi t’écouterait-on ? Exécute et ferme-la. Fais de l’oseille. Ailleurs on te prend pour un illuminé car tu ne penses pas dans les clous depuis ta prime jeunesse. On te dit c’est comme ça qu’il faut faire. Et pas autrement. Penser c’est un truc d’aristo à la con.
Il y a bien là un malheur ontologique pour celui qui n’a pas la chance de pouvoir faire l’ENA comme monsieur Attali ou de faire partie des cercles d’influences. L’intelligence est avant tout une malédiction pour celui qui n’est pas dans le bon système.
Tout jeune, on nous apprend à jouer petit, vivre petit, penser (si tu as cette chance) petit. Voir petit. Au pas ! Il faut bien de la chair à canon. Tout ce que l’on vous demande, c’est de consommer toujours plus, ce n’est pas bien compliqué. Tu exécutes. Tu consommes. Puis tu crèves avec ta petite pensée étriquée et ta vie d’occidental sous pilotage automatique jusqu’à ton cercueil.
Tourisme de masse. Produits de masse. Culture de masse. Et puis tout fier, l’occidental se croira exceptionnel, bouffi par la publicité. Il est spécial ! Oh oui, spécial !
La dernière croyance : le marché. Tombe. Dieu est tombé. Ce que l’on appelle la « Nature » tombe.
En prônant un hédonisme débilitant, l’Homme a érigé sa propre tombe. Où il demeura avec toutes ses chimères et toutes les civilisations qui l’ont précédé, c’était plus que prévisible puisqu’il est programmé pour cela : le parasitage.
Il dira bien que non, il est tellement anthropocentré que pour le comprendre, pourtant, c’est comme cela que ça se passe.
Conquérir. Détruire. Construire.
Mais son savoir et sa sagesse ne sont pas suffisants que pour arriver à faire quelque chose qui s’intègre dans le Cosmos. Il ne voit que la Nature que comme une ressource alors qu’elle est un système complexe que personne ne comprend vraiment.
Lui qui ne se comprend déjà pas lui-même et qui, pour les plus sages, se demande comment nous avons pu en arriver là…

Petites considérations d’un peintre Vitaliste : un

Je reste ébahi par le résultat que donne le laisser aller presque total à la pratique. Comme Breton l’avait tenté avec les surréalistes, la peinture automatique, l’écriture automatique. Il s’agit de faire ressortir des siècles d’humanité dans l’acte, ne plus vouloir le contrôle, chercher l’accident, sortir de la rationalité. L’oubli de soi sans doutes. Sans garantie de résultat. Mais à l’image du Cosmos, l’intelligence innée se met en route, les lignes de codage gravées dans l’individu lui permette d’aller toujours plus loin en lui. Quelle chance est-ce que de pouvoir s’étonner soi-même.

Finalement, ce n’est pas son histoire que le Vitaliste peint ou écrit, c’est celle de l’Humanité.

Une histoire de fantasmes et de mystique.

Un besoin d’irrationalité.

C’est bien des entreprises les plus folles que naissent les plus grandes découvertes.

Une fois cela posé, il y a la cap à garder.

Fata Morgana

Toute la différence est dans l’être et le faire. Faire le poète. Être poète. Ce n’est pas un passe-temps. Une gentille lubie. Chaque grade se mérite. Ce n’est pas une histoire de succès mais d’impératif, de pression, de vie ou de mort.

Tant de fois je suis mort pour arriver à écrire une phrase qui vaille la peine d’avoir été écrite. Car les grands écrivains, les grands poètes, les grands philosophes, sont des totems, qui de leur superbe nous toisent et se rient de nous.

Ecris mon petit.

Ecris ma petite.

Nouvelle peinture européenne

L’énorme place faite aux peintres de légende me rendait de plus en plus circonspect. J’étais sorti de le lecture « En finir avec la peinture ». Et avec le temps, j’avais vu à quel point les américains sont loin de ces débats mortuaires. Les européens continuent à glorifier les génies d’antan et ne portent presque aucun intérêt à leurs contemporains (c’était déjà le cas en 1870 avec les impressionnistes, vous me direz) tandis que les américains continuent à vivre la peinture de leur époque, sans pour autant oublier les artistes anciens. Cela se voit très fortement sur les réseaux sociaux, il y a chez eux énormément de mouvements dans la peinture, dans la promotion de celle-ci, des institutions la défendant jusqu’aux artistes eux-mêmes, énormément de fraicheur vient de chez eux. La passation dans les années 1940-1950 s’est faite là, dans leur fraiche vision de la création. Les guerres ont peut-être tué notre faculté à voir libre et grand. A vivre l’Utopie d’autre chose.

Je dois bien l’admettre, les américains nous dominent, et pas simplement là, malheureusement. Culturellement, la peinture européenne post-moderne, contemporaine donc, est balayée par celle-ci. Son image et sa présence sont quasiment nulles. Entre les galleries, les salles de ventes, qui font leur beurre sur les artistes morts, et les musées qui sont dans la même dynamique. La bataille moderne est gagnée par les américains, et de loin. Dans les faits, il n’y a plus de bataille. Basquiat a donné le coup final.

Etant certain que notre peinture vivait encore, connaissant quelques artistes de qualité, j’ai donc décidé de promouvoir celle-ci. Pour commencer, je regroupe les artistes qui ont une vision propre, assez puissante, et une démarche picturale frappante pour les ramener sous la bannière de la « Nouvelle peinture européenne ». L’objectif est de mettre en avant les artistes vivants pour montrer que chez nous, la peinture se fait toujours et avec beaucoup de panache. Qu’elle est loin d’être morte. Que c’est plutôt, notre politique culturelle qui l’est. Et la vision globale de l’Europe sur elle-même.

Cette idée m’est venue à la suite d’une vente de l’un de me tableaux à Détroit mais aussi grâce à la pensée d’une dame qui me dit que j’étais bien trop entouré d’artistes morts. Après réflexion, je ne pus qu’acquiescer. J’ai donc décidé de changer de logiciel. Pour marquer cela, j’ai lancé la page Facebook, Instagram, et Twitter de la « New european paintings » et j’espère développer d’autres ressources à mon mouvement.

En avant, les vivants.

 

(Peinture de J. Atarax Montironi, la Nouvelle Religion, média mixte sur toile, 115cmx75cm, 2019)

Instagram: https://www.instagram.com/neweuropeanpaintings/

 

 

Mélodie spectrale

Je ferme les yeux.

La réalité me file entre les doigts.

J’ouvre les yeux.

 

On me dit que j’ai l’air bien.

Je vois des spectres.

Je tremble.

 

L’anxiété me mange, elle n’est jamais repue.

Elle me veut moi.

Quoi que je fasse, elle est là.

Elle me torture. M’électrise. Me tabasse.

 

Pourquoi ?

Je n’ai rien fait de mal.

Est-ce moi ?

Est-ce moi le spectre ?

 

Je tremble.

J’encaisse ses coups.

 

Je tiendrai debout,

acouphènes ou pas.

 

Furie du damné

En ce début d’année, aucune mièvrerie ne me vient à l’esprit. Avec le temps passant, j’ai pu faire l’amer constat que les bons sentiments ne suffisent pas. Les bonnes paroles, les résolutions…

Il y a bien de nombreuses forces qui jouent avec et contre un Homme. En cela, avoir un vœu le plus cher, donner le maximum pour l’atteindre n’est pas suffisant. Il y a un espace entre l’énergie donnée par la personne et la réception de celle-ci.

Le plus grand traquenard est là. Que tout ce que vous donniez ne soit qu’un cri dans le désert ou pire que vous vous réjouissiez de vos actes avec des inconséquents. Combien se donnent l’apparence de grands écrivains, de grands artistes, d’être formidables, à surjouer devant une foule de crédules, bassinée à la culture de masse. Qui ne savent même imaginer ce qu’est l’impératif de la pensée, de la création, de ce qu’elle implique comme souffrances et pressions mentales, et ce journalièrement.

Puis lorsque la logique médiatique, marketisée, et plus profondément la logique vaniteuse est démasquée. Il ne reste rien de l’anima artistica. Ce n’était là que du divertissement. Comme la plupart des fruits de notre époque; vide de nutriments.

Beaucoup de grands artistes sont morts jeunes.

Ils avaient bien trop à dire pour ce monde-ci.

On préfère l’image du vrai au vrai, elle est bien plus confortable.

Le vrai artiste est avant tout un damné.

Sa propre damnation démultipliée par son environnement, de ce qu’il lui donne ou ne lui donne pas.

Un cri puissant dans le Néant.

Le livre du monde et de mon être

Cette belle expression ici apposée en titre est tirée du livre « Siddhârta » d’Herman Hesse.

Elle m’a frappée ; tout ce que j’ai fait depuis ma naissance peut se résumer à cela. Et c’est simplement la suite, les effets, ce que l’on appelle le sens utilitaire qui n’a pas répondu totalement à mon labeur, à mes attentes, qui m’ont déçues. Il fallait s’en détacher de ses attentes, et je le sais depuis longtemps.

Comme Nietzsche le disait si bien, il faut éviter de penser après un travail exténuant car à ce moment, quand la chape de plomb de la fatigue vous tombe dessus, on peut très vite penser très durement, très froidement, mortellement, tomber dans des affres sans fin de tristesse, quelque chose de physiologique se joue dans le corps, je pense. Ce que Cioran vécut en étant privés de sommeil. Mais le doute demeure, si j’étais dans une situation économique confortable, qui me permettrait de créer infiniment. Aurais-je toujours cette envie, cette furieuse envie, dévorante envie ? Je ferais sans doutes des choses plus douces, certainement. Soit.

Cette année fut très laborieuse. J’ai énormément travaillé, j’ai peint énormément, près de 80 toiles. J’ai aussi continué à écrire, envoyer mes manuscrits ça et là, sans succès. J’ai aussi très peu d’appui, donc je me trouve dans une extrême solitude, c’est-à-dire que je n’ai personne, pas de réseau, personne avec qui partagé réellement l’effervescence de la création, et cela joue sans doutes aussi. Soit.

Cela ne m’empêchera pas de continuer non plus. J’accepter d’être ce que j’ai toujours été ; un wagon fou dans des montagnes russes qui cliquotent de toutes parts.

Il ne suffit que d’un geste.

Que d’une rencontre.

Que d’une seconde,

pour que les ténèbres ou le sublime adviennent.

Mais il me souvient que cette vieille force, celle qui fait la vie décidera du moment, ne dépend pas entièrement de moi. Non. Autre chose. Il y a autre chose. Oui.

Souffle vital, ne me quitte pas.

Fais juste en sorte que je puisse encore brandir ta grandeur quelque temp encore.

Que fièrement au moment de ma mort, je puisse me dire le sourire aux lèvres.

« J’ai été autre chose qu’un surnuméraire ».

 

Autoréalité : le spectacle est terminé.

Tout cela ne paraitra être qu’un divertissement, un divertissement parmi tant d’autres. Au mieux une série B de série B. Quelque chose qui servira à alourdir ou alléger l’âme du lecteur, ou du voyeur. C’est au final la même mécanique que les drames à la télévision, la satisfaction de ne pas en faire partie et la tristesse pour ceux qui en sont. Comme une nappe électronique douce et grave à la fois, avec ce fond de basse qui tient le sujet dans la langueur et la stridence du clavier qui l’électrise. C’est un peu ça. Un spectacle de plus. Celui d’un homme qui perd pied. D’une âme de poète brisée par la finance. Par l’impossibilité de publier son ouvrage chez un éditeur sérieux et dans la même dynamique, de trouver une galerie assez professionnelle que pour espérer vendre régulièrement. Une histoire tellement banale. Toole nous a déjà montré l’exemple.

La liberté, la recherche de cette liberté. Est-elle une chimère ? Souvent je me dis que je devrais écrire un vrai roman, avec une histoire qui se tient, quelque chose de vendable…mais je ne le peux non plus. Je le voudrais mais je ne le peux. Je suis condamné à la misère, mon âme.

Et puis tous ces artistes que j’affectionne sont morts depuis longtemps, je vis entouré de cadavres, de suicidés, d’overdosés. J’aurais dû réussir mes deux tentatives avant ma trentaine. Je me dégoutais tellement de ne rien avoir produit, de ne rien avoir fait, que je n’ai pu aller au bout. Sans doutes, me donnais-je une chance. Une façon de vérifier ma médiocrité sans-doutes ou de la pure couardise. Est-ce cela que de Staël ressentit ? Une fois sa lourde charge de travail accompli, ses génales visions venues et vécues, il se dit que rien ne put être plus grand. Il aimait l’Art plus que lui-même. Il avait réussi assez jeune à couper cette laisse. Génial insoumis. Comme tant d’autres artistes encore. Je pense que là est le moteur, l’anima de l’artiste, du vrai ; cette impératif qui fait exploser toutes les autres considérations. C’est fondamental. Le génie vient de là. De son impétuosité. De sa vision.

Et moi, je ne peux plus me regarder. Ni même me tuer. J’espère juste les rejoindre le plus vite. J’ai osé croire qu’enchainer les tableaux allait suffire. Qu’écrire allait aussi suffire. Qu’être productif était la solution. J’avais oublié le génie. Je n’en avais pas suffisamment.

Que ce piètre spectacle, ce mauvais jeu d’acteur se termine une bonne fois pour toute.

Il y aura bien d’autres choses pour vous divertir.

La détresse, implacable détresse, a bel et bien gagné.

Au diable la poésie.

Au diable la philosophie.

Au diable la peinture.

Seule la mort tient ses promesses.

Pauvre pitre.

Damné

Je perds tout doucement la raison, ce que l’on appelle le sens du commun, de la vie pratique. S’il n’y avait pas ma compagne et ma fille, tout serait différent, je suis tiraillé entre mes responsabilités et mon impératif catégorique, la création, depuis tout ce temps, j’ai travaillé pour amasser un peu d’argent, pour que l’on puisse vivre. J’en suis psychiquement tombé malade. Cela a craqué. Et cela craque encore, et toujours plus. Je donne le meilleur de moi-même, mais pas entièrement où je devrais le donner ; je joue sur tous les tableaux, et je me détruis à vouloir garder l’équilibre pour la famille. Déjà tout jeune, je m’empêchais cela. Mon milieu ne permettait rien, et je n’ai su brisé mes chaines.

Sans doutes, me manque-t-il quelque chose de fondamental. Que cela soit dans mes écrits ou par mes peintures, rien ne vient réellement. De petites satisfactions mais globalement je reste où je suis, dans ce que les anglophones appellent « la rat race ». Je suis dans la course des rats ! Un rat. En bas de l’échelle. De la pyramide du monde. Je fais ce que je peux pour garder l’équilibre financier, donner un sentiment de sécurité à ma famille. Et cela me coute depuis 10 ans maintenant mon énergie créatrice. Je n’ai rien publié. Je ne trouve pas un professionnel qui s’intéresse à mon travail pictural. Je ne dédie pas ma vie à la création alors que c’est mon vœux le plus cher. J’espère encore arriver à quelque chose mais force est d’avouer que je vieillis irrémédiablement et que je ne peux produire autant que je le voudrais, ni vendre autant que je ne le voudrais. Vu que j’ai des obligations, et que j’ai choisi de les respecter. Il ne s’agit pourtant pas là de devenir riche mais simplement de pouvoir peindre et écrire sans cette guillotine, celle qui à chaque fois me tranche la tête, en la faisant rouler vers mes responsabilités. Me donner une impossibilité de me fondre entièrement de la création. De pouvoir y exceller, je sais que je le peux. J’ai déjà prouvé sur un court laps de temps que je le pouvais.

Qu’il est rude le tempérament d’artiste, et particulièrement celui qui n’a pas été assez égocentré que pour embrasser totalement cette voie, et ce, quoi qu’il en coûte. Monet tenta de se suicider deux fous, il finit par tuer sa femme d’épuisement, sa première. Il était prêt à cela. S’en est-il rendu compte ? Je ne le sais. Ce que je peux dire, c’est que je n’en suis pas capable. Peut-être est-ce pour cela que je resterais un écrivain médiocre, un peintre médiocre, bref, un homme médiocre. Je ne suis pas entièrement dédié à l’art. Un raté ! Même pas foutu de se foutre en l’air.

Tout cela pour de l’argent. Pour ne pas tomber dans plus de précarité encore.

Qu’elle est rude la vie de artiste des classes du bas.

J’avais sans donne trop de cœur et pas assez de tripes.

Ou alors simplement pas assez de chance.

J’espère qu’un jour, ils m’enfermeront, que tout cela ne soit qu’un mauvais rêve.

Et bien que le froid, les ténèbres m’enserrent plus chaque jour, j’ose encore y croire.

J’ose encore croire à cet évènement salvateur, à la providence, à cette sublime minute, cet instant qui de son envergure lumineuse me dira ; fils, toutes tes misères sont derrière, te voilà sorti de ta précarité, aujourd’hui tu peux enfin souffler.

Mais, je sais au fond que les âmes des damnés ne peuvent jamais se sauver.

Foutue philosophie.

Foutue peinture.

Foutue poésie.

Foutu moi.

J’aurais aimé être un vrai artiste.

J’aimerais mourir durant mon sommeil.

Les tripes et le style

Je suis exténué de devoir composer avec ce monde. Il me transperce. Je n’ai plus rien grand chose à y faire, ni même à dire. La peinture est tout ce qu’il me retient encore. Mais pour combien de temps ? Etant donné que je ne suis jamais aussi bon que je ne le voudrais, que je me dégoute de moi-même, du peu que j’ai écrit, de tout ce que j’ai fait, des relations humaines, de ce qu’elles impliquent. Je suis usé. Combien de temps vais-je encore tenir ? Cette douleur de vivre est souvent insupportable. Et je me bas. Pourquoi ? Si ce n’est pour l’espèce, ni même pour moi. Pourquoi. Cela doit être la peur d’en finir pour de bon, une bonne fois. Je suis fatigué du manque d’argent, de l’impossibilité de publier, de devoir me réinsérer dans une société qui ne me dit plus rien de bon. Que chaque jour, je ne puisse faire ce que j’aime le plus.

Je n’ai jamais eu assez de génie en moi que pour être grand.

Je n’aurais été que moyen. En tout. Moyen.

Vision de terreur.

Je fais partie des perdants.

Enfer et Paradis

Ce bris, cette fêlure, celle qui emporta loin l’enfant de ses belles contrées, qui révoqua à tout jamais ce qu’il peut attendre de beau de la vie. Mélancolie installée avec l’impossibilité de la légèreté. Tout devient grave. Tout est une bataille. Le lustre et la splendeur des objets, de soi, du monde, disparus. Enfoui dans le passé déjà.

Mais qu’en est-il de celui qui jamais ne connu le paradis de l’enfance, de son lieu, de sa famille, de lui-même ?

Il se bat toujours pour atteindre ce Paradis que jamais il ne connut, il a encore au moins la chimère de l’absolu. Là est la force de celui qui jamais ne vécu une enfance apaisée, douce, belle, aimante. Celui que l’anxiété et la laideur des adultes vint broyer dès le plus jeune âge. Ce curieux mélange qui, je le pense, doit exister chez certains, donne une force impétueuse. Mais elle est souvent contrebalancée par la mélancolie d’avoir connu l’enfer, de ne pas avoir été aimé.  Ce qui le tétanise aussi.

L’un pleure ce qu’il a perdu, l’autre ce que jamais il ne connut. Mais leur différence se situe, sur la possibilité. Chez l’un, impossibilité, ange déchu. Chez l’autre, possibilité, absolution.

L’un ne voudra effacer ce qu’il a connu, ce grand Paradis, ce qui l’empêchera d’en construire un nouveau, d’aller vers l’apaisement. L’autre voudra l’effacer, et s’il y arrive, tout lui sera permis.

La route est la même, seul le chemin diffère.

Révolte et poésie

Après une petite année de pratique intensive de la peinture. Il m’est apparu de façon certaine que dans chaque individu révolté, la poésie demeure. Que la pensée doit jaillir dans l’acte quotidien pour que le corps reste dans sa pleine santé. Pour ne pas sombrer plus encore. C’est-à-dire : s’étonner soi-même, sortir des considérations sans fin qui n’aboutissent en général sur rien. Celles qui furent de bons exercices mondains. Tourner en rond. Faire du surplace, à user son propre support. Je dis cela car ma pratique artistique me fait arriver tout doucement, comme vous pouvez le voir sur ce tableau, à des hauteurs picturales dont je me serais jamais cru capable. J’ai pu retransmettre avec mes mains ce que jamais je n’ai pu faire par l’esprit. La force d’une image, sa chaleur, est toujours plus forte qu’une suite de mots. Les neurones préfèrent la couleur aux lettres. Ravissement foudroyant, délectation de la pupille.

La haine n’est plus elle-même lorsqu’elle est créative. Elle finit par tendre vers la quiétude et l’extase.

J’y reviendrai un jour.

Désintégration solaire

Le soleil noir transperce mon être.

Il m’englue. M’étouffe. Electrifie mes nerfs.

L’azur, mes origines, l’azur, ils m’ont enlevé l’azur.

Usure et fulgurances,

tellement futiles aux yeux du monde.

Ce combat est désespéré.

Baroud d’honneur à chaque souffle.

A quoi bon ?

Et puis le calme, la sérénité, les grandes batailles, les lendemains d’héroïques victoires,

ne viennent jamais.

Tant d’efforts.

Tant de douleurs.

De dépassement pour si peu.

A quoi bon ?

J’ai fait ce que j’avais à faire; le maximum.

Je traine ma carcasse fatiguée sur les brillants pavés de l’automne.

Je frémis. Je titube. Les oiseaux aussi.

Je frémis. Je titube. L’horreur ne me lâche pas.

Je frémis. Je débloque, et l’époque me lynche.

Cette existence, cette charpente n’amène rien de bon.

Je suis ce spectre d’un autre temps.

Inadapté. Inactuel.

En peinture, en poésie, en écriture, en être, en vision.

Rien. Rien. Rien de concret.

La misère arrive tout doucement,

je peux la voir, la sentir, et personne ne m’aidera, je le sais.

Mon moi est d’ailleurs.

Damnation.

Je ne renonce à rien. Je prends tout.

Belge grisaille,

soleil mort,

humidité.

Broyant mes os.

Il m’ont éjecté de leur Monde.

Artiste raté.

Dénégation et Anthropocène

L’accès au vrai marché, ils n’ont pas l’accès au grand marché. Pas assez de milliards. Mais ils ont accès au petit marché. Celui de l’obsolescence; des produits manufacturés partout sur le globe, en kit, gonflés au glucose, nettoyés à l’acide, emplis d’huile de palme, dopé au phosphate. L’abondance. Tout est à portée de bourse. Il suffit là d’avoir un travail, un boulot, pas un savoir faire. Diplôme, savoir se vendre, savoir se soumettre, job abêtissant. Profit. Rentabilité. Consommation. Lever. Vide. Pas de but. Impossibilité d’échanges sans arrière-pensées. Utilité. Pas de foi. Consommation. Néant. Nouveau produit. Egocentrisme. Nouveaux besoins. Individualisme. Avidité. Rationalisation. Cycle sans fin.

Au mieux, sentir que quelque chose cloche et faire le grand saut. Au pire, rester dans la masse des esclaves suffisants, temps de cerveaux disponibles comme destin.

La Nature ?

Disparue avec la leur.

Leur Cosmos ?

Consommateur-consommant.

Valeur suprême ?

Croissance.

Loin des cimes du désespoir

Une ancienne partie de toi.

Les effets des structures balayés.

Devenir nécessite courage et abnégation. Traquer les chimères, faire son autocritique, son auto-analyse, s’autoéduquer.

En partant de soi, en regardant les splendeurs; mordre la cendrée plusieurs fois. 

La plupart s’épargne eux-mêmes pour mieux broyer les autres.

Tandis que toi, en te broyant, tu obtins la quintessence de ce que jamais ils ne pourront avoir; la simple et totale splendeur d’exister.

Sur les cimes les plus célestes.

Loin des désillusionnés, des moralistes, des accusateurs, des prisonniers du Temps.

Ils redoutent de devenir ce qu’ils sont déjà; poussière de poussière. 

De l’étouffement, à l’explosion des espaces clos

Il aura fallu tant marcher, tant souffrir et se trainer, pour enfin arriver à marcher.

Entouré de nouvelles et fortes valeurs.

Création, poésie et philosophie.

Le Temps et ses effets étant devenus un vieil ami.

Douleurs, angoisses, et nouveau souffle vont de pair,

les grandes victoires ne viennent jamais sans grands déchirements.

Un jour, le moment venu, peines et douleurs te souffleront à l’oreille :

« Enfin, tu nous a vaincues ».

Summum bonum

Le véritable summum ?

Surfer sur le Néant.

En rire avec provocation.

Ils inventèrent des arrières-mondes, le poids du réel courbait leur échine.

Après cela, ils bombèrent le torse, ils se dirent grands et intelligents, spirituels.

La Vérité, leurs petits livres disaient la vérité, alors ils connurent la vérité.

Tous satisfaits d’être dans la Vérité.

Ne pouvant plus atteindre le sommet des sommets.

Doutes et vérités.

La Sauvagerie, la Noblesse et le Temps

Plus le temps passe, plus j’aime à poser le seul acte d’écrire. Pour lui-même, entièrement. Sans considération. Ceci ressemble à l’idée que je me suis fait de l’artiste total. N’agissant pas là pour le public mais pour lui-même. Hermétisme au marché. Aux potentiels avis. Au destin. Aux sorties et aux probables chiffres de vente. Le fondement et le résultat de la création ne se trouvant pas là.

Je ne me représente plus moi-même à vrai dire. Tout au plus, je mets en lumière une histoire de rapports de force, d’impératif catégorique, de transmutation. La qualité ne voulant même plus rien dire. Un humain parmi d’autres.

Âme liquéfiée et lévitante.

Loin déjà de ce que l’on appelle ; la Sauvagerie, la Noblesse et le Temps.

Décadent exemplaire

Les possibilités qu’offrent la vie moderne sont incommensurables. Outre la dévitalisation psychique, ce que la quête de sens amène par la consommation comme effet. J’ai et nous avons des possibilités d’élévation par la culture bien plus larges que jamais l’Humanité n’en eut, l’offre est conséquente et à une portée de clics. Là est la grande qualité de ce Temps, le confort matériel pris dans une logique constructive peut amener le sujet vers des grandeurs spirituelles. Pourtant, cette partie de la modernité est mise à mal et se trouve de côté par ce que les réseaux sociaux donnent à voir.

Que savons-nous réellement des personnes fonctionnant dans une autre dynamique de la réaction instantanée et continue ? Ils sont bien moins exposés car ils ne participent pas à la logique réactionnaire et puérile de ce Temps. L’argumentation et le travail de recherche comme fond dominent leurs manières. Ceci m’intéresse beaucoup. Je vois là dans de ce travail d’auto-éducation ce que le système ne peut nous montrer facilement. A l’image de la pensée, des savants, de la sagesse, l’humain se construisant avec noblesse et profondeur s’est toujours vu décalé par rapport à la masse. Ce qui n’est pas qu’une vue de l’esprit, il l’est réellement. Comment bien vivre dans ce magma belliqueux, dont le principal objectif est de gagner le débat et non pas de progresser en sa pensée ?

Je peux dire que ce genre de personnes fait partie, en ce sens, de la grande famille des décadents exemplaires. De ceux qui créent leur propres valeurs, celles qui fortifient l’âme et la vision, les rendant toujours visionnaires quant à eux-mêmes et leur environnement. Leur exposition est massivement impossible car leur pensée est trop complexe, alambiquée et nuancée que pour donner aux foules ce qu’elles veulent; de la polémique. Mais vous le savez comme moi, que ceci n’est pas une affaire de réseaux sociaux. Si l’on gratte un peu plus, on tombe presque systématiquement sur le même nœud gordien; nature humaine.

Ô décadent exemplaire, puisses-tu demeurer à juste mesure dans l’ère du Temps, suffisamment assez pour te rappeler que tu n’en fais pas partie.

Tu es finalement bien trop proche de ta Nature Humaine…

Des grandes rencontres psychiques

Il m’est toujours étonnant de voir comment une existence peut dévier, se rendre vers l’impromptu, l’inimaginable, pour amener le personnage vers un destin intéressant en terme existentiel. Les gens me connaissant connaissent mon affection pour la peinture et j’avais envie ici de mentionner quelques parallèles intéressants sur la naissance d’une vocation, d’un amour passionnel pour une discipline. J’étais entrain d’écouter une biographie de Matisse et lorsque fut illustrer sa venue à la peinture, quelque chose me frappa. Je fis le rapprochement avec Pollock, Van Gogh, Basquiat, Zao Wou-Ki, Kandinsky… et les paroles de Soulages ou Benrath, je ne sais plus vraiment, raisonnèrent en moi : « C’est la peinture qui m’a choisi ».

Les destins de ses peintres le démontrent, presque tous autodidactes dans leur pratique, ayant eu une révélation devant l’une ou l’autre œuvre. Il s’est fait, alors, un échange psychisque de l’œuvre à eux-mêmes, cette énergie mentale les poussèrent à pratiquer la peinture d’une manière personnelle. La sensibilité, la vision d’autres les poussèrent à mettre la leur sur la toile. Fantastique. Absolument fantastique. Il y a dans toute l’histoire Humaine une chaine de transmission. Et je vois ici à quel point le dévouement de certaines personnes se transmet à d’autres, sans besoin de mille discours. Une seule image peut suffire.

Le naissance artistique est plus touchante que la naissance de l’artiste.

 

PS : la peinture illustrée ci-dessus est celle de l’artiste marocain M’Hamed Issiakhem dont l’incroyable histoire correspond en partie à celles des peintres cités. https://babzman.com/cela-sest-passe-un-17-juin-1928-naissance-de-lartiste-peintre-mhamed-issiakhem/

Prolégomènes d’un nouveau mouvement de peinture

Admirateur des mouvements anciens de peintres révolutionnaires par leur vision et leur capacité à expérimenter, je suis un peu nostalgique de leur fin, je l’avoue. Je regrette même de n’avoir pu goûter à cette époque. Fauvistes, Expressionnistes, Impressionnistes, Nuagistes…sont éteints. Bien éteints. Malheureusement.

Du Cavalier bleu à Cobra, le temps à la peinture révolutionnaire est bien mort. Il me vint alors à l’idée de réanimer son esprit par ma pratique dans mon atelier, ce que je fis avec plus ou moins de succès. L’expérimentation et l’improvisation comme valeurs centrales.

Cette expérience me poussa à aller plus loin dans mon raisonnement. Voulant partager et étendre cette vision des pionniers, l’idée m’est venue de monter un groupe de jeunes peintres. De repartir à zéro en quelque sorte. Toujours avec cette mécanique centrale de bâtir une pratique artistique basée sur l’improvisation, la faculté de réflexion et d’expérimentation. Esthétique et poésie. Art brut et lyrisme.

Ce projet est ambitieux. Je pense qu’il aura la vertu de faire vivre un petit groupe dans une dynamique presque mystique. Et pourquoi pas, à amener un nouveau souffle à la peinture postmoderne dont l’horizon colle à l’ère du Temps, celle qui est globalement aussi tombée dans le jeu du marché. Taillée comme un produit pour être vendue comme tel. Chacun de son côté. A vendre sur Internet. Sans réel esprit. A quelques exceptions près bien sûr.

J’aimerais donc arriver à atteindre avec ce mouvement ce que Kandinsky appela « Du spirituel dans l’Art ». Un endroit où la peinture se fait. Se vit. Se tente. S’écrit. Un endroit où les gens pourraient venir quand ils le souhaitent. Avec des expositions périodiques hors des structures classiques; les Indépendants de la peinture. Gratter la toile comme Benrath, Hartung, Cy Twombly et Basquiat purent le faire. Surfer et danser comme Shigara et Pollock. En discuter tels André breton, Duchamp, Magritte et Piccabia. Aimer les formes et couleurs comme De Staël et Kupka. Y amener de l’angoisse à la Munch et Soutine. De la puissance, de l’élégance et de la légèreté à la Zao Wou-ki et Fabienne Verdier. Et tant encore.

J’ai commencé à écrire le Manifeste. Je dois encore arriver à trouver un endroit et des artistes avec une vision la plus libre possible; c’est-à-dire, par delà le beau et le laid.

Ce projet est peut-être celui de ma vie.

Je l’espère du moins.

Vitalisme

Je place mon vouloir dans un Vitalisme déraisonné.

Je jette, je jette et je lance mon âme comme Pollock le fit par sa peinture.

Je la griffe, la claque, la noie dans l’eau. Avec de l’éther. Furie et légèreté.

Elle coule, se répand, se mélange et se cristallise dans l’atmosphère.

Et je vois que c’est l’acte, sans cesse l’acte, qui la prend et la forge. La grandit.

La vie partout, en tout et je craque avec elle, de m’étendre.

Quelle incroyable sentiment de rester sur place et s’envoler par l’acte.

J’ai créé pour être ailleurs, sortir des plis, objectif caché.

Le cœur était là: une transe vitaliste.

Hors de contrôle.

 

 

De la pure fonction de l’écriture

Je viens de terminer mon deuxième livre. Je suis moi-même étonné de m’être libéré de cette envie de publication. Je l’ai terminé. Point. Cela s’arrête là. S’il sort, tant mieux. Si pas, je ne crierais pas à l’injustice, ni ne courrais après des solutions alternatives. Non, je l’empilerais simplement sur l’autre dans ma bibliothèque, mes trésors cachés,  mes enfants, mes beaux et fiers enfants, mes petits secrets gardés face au monde qui ne me comprit pas.

Voilà dix ans que j’écris avec plus ou moins de régularité. De ce temps passé, il me semble qu’un dixième de ce que j’ai pu écrire ça et là a été mis dans mes deux livres. Je n’ai pas écrit pour être reconnu, pour le style ou que l’on me prête l’une ou l’autre qualité littéraire. J’ai écrit car un besoin, un impératif me força à le faire. Un peu comme-ci une force supérieure me le dicta, m’y obligea, alors que je suis totalement conscient que mes chances de publication dans une maison sérieuse sont très minces vu le style, les thèmes et la courte longueur de ceux-ci. Pour moi, l’impact est bien le plus important. L’effet d’un texte n’a pas de de corrélation avec sa taille. Une seule phrase peut éclipser un livre entier. Ecrire c’est autre chose que d’aligner et aligner pour densifier une pensée. Pour la rendre visiblement plus dense. Un procédé d’enfouissement. Mais soit. Cela ne concerne que moi, finalement.

Ce qui est étrange pour moi c’est que bien que j’ai envie de liquider cette part créative de moi-même, qui chaque jour me mange, me dévore, me tue et qui finalement est un fardeau très lourd à porter par rapport à la rétribution qu’elle m’apporte, je continue. Ce faisceau est impossible à briser. J’en conclus donc que je me suis vu remettre quelque chose qui me dépasse, qui pourrait peut-être servir à quelqu’un d’autre. Peut-être sous peu, peut-être dans très longtemps, peut-être jamais.

Tout cela est bien énigmatique.

Je continuerai à chanter dans le désert, si je le dois.

Dans cinq ans, dix ans, vingt ans,

peut-être serais-je toujours là.

Au milieu du blizzard.

Sans effroi.

Mes enfants me questionnant.

 

Orgone

Transfusion de l’essence

Electrification du corps,

dans une position christique.

 

J’ai bien senti qu’elle venait d’ailleurs.

 

Avant moi,

après moi.

 

Que j’étais un ailleurs.

Part irréductible en moi.

En tout.

 

Du meilleur au plus mauvais.

 

Réceptacles de l’énergie primaire.

 

Cosmos

 

Orgone

 

Eternel éternel.

 

 

Victoire de la Civilisation

Jamais repu de rien, l’Homme tel un parasite se détruisit en détruisant son Environnement ; le Cosmos. Tout démarra réellement quand les américains génocidèrent les amérindiens. Deux visions s’affrontèrent : le matérialisme, l’utilitarisme, le pragmatisme, la croissance, la Civilisation face à une vision fondée dans et par la Nature, une sagesse de la Terre, une poétique du vivre, les Sauvages.

C’est après cette guerre que notre Civilisation sorti pour de bon de la Nature. Le dit supérieur avait gagné. Le résultat aujourd’hui est abasourdissant. Le dit supérieur ne sachant même plus ce que ses aliments contiennent, n’étant pas au fait de leurs provenances, ayant perdu sa capacité à l’autonomie alimentaire. Mode de vie détruit par le Capitalisme. Soumis aux entreprises agroalimentaires, accroc aux pilules, les chamans réussirent quand même à se venger ; modernes anesthésiés.

Deux mille dix-neuf, la nourriture comme premier poison.

 

Expressionisme

Le sourire, le sourire, quel étrange trait humain. S’il y a bien une expression énigmatique chez les âmes torves, les masqués, c’est bien le sourire. Il est de multiples formes, de multiples significations. Et moi, je souris par automatisme, tellement que cela en devient presque inhumain. C’est à la vie que je souris, par profonde douleur, par profond désespoir, comme un baroud d’honneur. Pour lui dire que même si je suis détruis intérieurement, je peux toujours au moins simuler la joie, que je peux au moins espérer la voir un jour, la sentir une seconde, espérer. Rester en contact avec un peu de chaleur.

Je sais aussi que doucement, il pourrait devenir démoniaque ou lumineux, son caractère dépendra de ce que la vie me donnera comme coups encore et de comment je saurai les recevoir ou les esquiver. Le sourire est une terrible déchirure pour les âmes torturées, avec un minimum d’observations on peut voir que celui-ci n’a rien de gai, par l’œil on le voit très facilement. Comme un mécanisme de défense.

Et devant ce spectacle qu’est la comédie humaine, je souris. Comme un fou. Comme celui qui sait que l’on choisit si peu de choses. Je souris aux froideurs passées, aux désillusions vécues, aux coups psychologiques reçus, aux douleurs physiques journalière, à la tétanie d’être dans un monde de damnés, je souris aux élites délirantes, aux morts sur lesquels nous crachons chaque jour, à la grande solitude qui me serre dans ses bras, à mon nouveau et mon ancien moi.

Je souris pour défier ce qui nous a créé.

Car oui, si tout cela n’était que le fruit du hasard, il valait mieux en rire.

Je souris à l’Incertain.

Brave et immonde incertain.

Chimère des chimères qui me hante chaque seconde.

Terrible et odieux incertain.

 

Forteresse

Les vertus de la lecture, des livres, sont mis en avant par les lecteurs les plus enjoués, assidus, qui se nourrissent de satisfaction à dire que les livres sont ce qu’il y a de mieux, de plus beau, d’enrichissant, d’incroyable. Quelque chose de supérieur par rapport aux plaisirs communs de la foule. Mais de quels livres parlent-ils ? Et quels effets sur leur pensée ? Ouverture ? Ouverture sur ouverture ? Le sentent-ils vraiment ? Extase ? Révélation sur révélation ?

Médium parmi d’autres média, le livre a un pouvoir d’alinéation très très grand. Sous-évalué. Celui de faire croire à des vérités, à un sublime ne venant pas de soi, celui de jeter des chimères à la face du lecteur ; vivre par procuration. C’est cela, toujours lire plus, pour toujours vivre plus par la pensée, par la procuration, une fuite par rapport au  réel. Vivre par la fiction. Dans elle.

Ne faut-il pas que la pensée, sa propre pensée puisse demeurer au repos, dans une maturation, une incubation pour que la puissance de l’être se réveille. Il me semble que trop lire revient à ne plus vivre, à étouffer sa pensée. Quelle est ta mission existentielle ?Le pourquoi de ton existence ? Si tu aimes tant les livres, alors écris. Tu pourras entrevoir à quoi ressemble la puissance du créateur. C’est de cet acte que la qualité de ta présence au monde, à toi, prendra plus de volume. Ce sera un élan vers une autre dimension, hors de la procuration, un semblant d’autre dimension ; celle de se découvrir par soi-même et non par le travail d’autres.

C’est de cela dont je parle. Se dévoiler par soi-même, par sa propre réflexion et non celle des autres. Il n’y a jamais rien de plus solide, de plus fort que les actes, les pensées venant de l’âme.

Le plus beau vient de toi.

Etincelante forteresse.

Toujours plus forte dans le réel.

 

Jung

Le geste, l’acte d’écrire s’apparente à un sismographe. Une manière de mesurer les forces de sa pensée, sa charpente psychique, de déployer les concepts que le mental couve. Se déployer soi par la pensée, pour mieux atterrir dans le réel. Une simple question de meilleur soi. C’est dans l’essence que le vision est la plus foudroyante. L’essence des choses, de soi. Tant d’abymes visités pour enfin devenir lumière.

Tant.

Le dévoilement de l’intuition, du pressentiment, demande un travail acharné.

Tant.

Homme Postmoderne

Ce qui a marqué le début de la faillite à venir de notre Civilisation est : l’industrialisation de l’Animal.
Lorsque il est devenu un simple produit d’usine, c’est l’humanité qui fut définitivement liquidée au bénéfice du profit toujours plus étendu. Les camps de concentration jusque dans leurs assiettes.
A mastiquer détresse et tumeurs.
Homme Postmoderne.

Nébuleuse

Le rempart, le dernier, le tout dernier.

D’une douleur constitutive, ontologique,

de ce que l’on n’a pas voulu.

 

Presque perdu d’avance.

 

Douleur, douleur, douleur.

Crispation et tension

 

Monstre infaillible,

ne laissant pas de repos.

 

Me détruisant chaque seconde durant.

 

Créer ou finir tué par l’Angoisse,

Aimer ses chimères avant que la dernière digue ne lâche.

 

Entre vie et mort, déjà.

 

La nébuleuse ne me lâchera pas.

Zemmour, Houellebecq, l’Occident et l’Avenir

Zemmour et Houellebecq représentent à merveille l’Occident d’aujourd’hui. Ils sont les symptômes de ses maux ; la transmutation du psychisme d’une grande partie du peuple et du Temps condensés dans deux personnages. Ceci : le Nihilisme, la perte de Vivacité, l’impossibilité de voir au-delà de soi, du marché, de la Nation, une vision pessimiste de l’Avenir.

Ils se basent sur des faits établis, sur ce que le monde moderne leur envoie. Et c’est en cela qu’ils sont de parfaits baromètres de notre Temps. L’inverse du pan de la gauche aux grands principes d’ouverture et de foi dans l’humain, ceux qui trouveront toujours des raisons, des excuses aux pires des salopards. Malgré les pistes brouillées, les valeurs portées sont quasiment identiques : Nihilisme, essoufflement.

C’est un esprit nouveau dont l’Occident a besoin. Entre Vitalisme et Naturalisme. Tant que le profit, le PIB, la consommation seront les valeurs suprêmes de notre Civilisation, rien de bon ne pourra plus advenir. L’épuisement psychique vient de là : destruction de l’Esprit et du Sacré (le sacré étant la Nature, socle de la Vie, celle que nous avons battue à mort. L’Esprit, notre faculté à penser de façon équilibrée. La raison n’a pas tout réglé. L’Anthropocène en est le fruit).

Sortir l’individu de l’horizon libéral-capitaliste par la nature, l’entraide, l’empathie par rapport aux autres et autres espèces. Réenrichir ce que l’humain porte de plus beau en lui. C’est un programme complet à mettre sur pied. L’Esprit au sens philosophique avec sa part de mystique. la Superbe. Le Sacré. Tout est là dans le Cosmos. En nous.

Quelle est le symbole de notre Temps ? Une pomme ? Gâtée ? La technologie ?

Quelqu’un me dit sur les réseaux sociaux que mon discours porte un germe totalitaire. Il ne sais certainement pas que l’injonction faite au bonheur, à la liberté, du libéralisme et du Capitalisme est elle plus totalitaire que ce que je porte : le Vitalisme et l’Esprit dans un monde de profit infini. Sa promesse. Jouissance sans effort.

Il ne comprend sans doutes pas non plus qu’une prise de position porte en soi un totalitarisme, prendre une décision, un chemin, faire une profession de foi en quelque chose, est en soi subjectif.

Exemple : le néolibéralisme qui veut que le marché ne soit pas régulé, ce qui est aussi un totalitarisme quand on voit les résultats, la pauvreté qui grandit. La « liberté » ne débouche pas toujours sur ce que l’on espère. Voyez la porosité entre le couple démocrature-démocratie.

Je ne décide de rien pour l’Humanité, j’expose ici, par impératif. Mais sachez que d’autres ont toujours décidé et décident toujours de ce qui est bon ou mauvais pour l’Homme, c’est ce qui fait la direction de la marche humaine…pour le meilleur et pour le pire.

Je dis aussi que des valeurs universalistes, universelles, la Nature et l’Esprit sont à cultiver. Culture. Permaculture. C’est de là que le meilleur peut advenir. Pas dans la marche au profit et au Progrès pour le Progrès. Les valeurs de Connaissance, de création, de respect de la Nature doivent atteindre les cimes les plus hautes de l’Être. Le devoir de notre race est celui-là et pas ailleurs. C’est là que nous pourrons contrer l’Anthropocène. Ramener la philosophie dans la Cité.

Henri Ford ne voulait pas de penseurs mais des travailleurs. En 2019, on veut des consommateurs. En ce qui me concerne, j’avance qu’il nous faut l’inverse. Et mieux : des penseurs pratiques, des créateurs, c’est-à-dire des gens capables d’aller vers l’autonomie alimentaire, de pensée, de créer de l’Art Total, d’être Art, dont les connaissances les amènent à une sagesse pratique enrichissant le Cosmos (la néguentropie). Un savoir pratique holistique. C’est à partir de là que l’amour de la Vie, du savoir naît ; l’amour de la connaissance. La Vie Artistique.

Ce qui débouche à une autre manière d’être et de posséder. J’en fais moins même l’expérience. Il faut une certaine radicalité avec soi pour changer profondément. C’est le prix à payer de l’individuation.

Chercher dans La Vita Artistica.

 

Gilles Deleuze écrira dans Pourparlers :

« un artiste ne peut pas se contenter d’une vie épuisée, ni d’une vie personnelle. On n’écrit pas avec son moi, sa mémoire et ses maladies. Dans l’acte d’écrire, il y a la tentative de faire de la vie quelque chose de plus que personnel, de libérer la vie de ce qui l’emprisonne. […] Il y a un lien profond entre les signes, l’événement, la vie, le vitalisme. C’est la puissance de la vie non organique, celle qu’il peut y avoir dans une ligne de dessin, d’écriture ou de musique. Ce sont les organismes qui meurent, pas la vie. Il n’y a pas d’œuvre qui n’indique une issue à la vie, qui ne trace un chemin entre les pavés. Tout ce que j’ai écrit était vitaliste, du moins je l’espère… »

Profit infini

Il n’y a jamais eu de paix. Nous avons toujours été en guerre. La vie est rapports de force. Les dominants exercent leur pouvoir de manière plus intelligente, tout simplement. Les esclaves sont mieux soignés. La guerre est devenue essentiellement psychique en Occident.

Le capitalisme devenu essentiellement financier, le corps de l’Homme sert moins, c’est son esprit qui tourne à plein régime. Le Capitalisme industriel amenait plutôt à l’épuisement du corps. C’est en cela que la souffrance de l’Occident est psychique.

Balayez les grands projets pour consommer toujours plus et l’esprit n’est plus rien d’autre que du temps de cerveau disponible pour les publicitaires.

Les antidépresseurs et l’alcool sont les bonbons des adultes.

Le Vie est ailleurs.

Pas dans le profit infini.

Métapoésie

C’est un état de grâce. Adamantin, que cet état dans lequel la clairvoyance domine. Ce prisme qui amène à la pleine possession de la vision. Qui laisse libre-cours à la poésie ; la métapoésie. Source de la métaphysique. Regard perçant de l’Aigle. Qui toise les concepts.

La poésie se vivant, se faisant, qui n’a nulle besoin d’être écrite.

La plus sublime des sublimes. Nectar de nectars. Composition totale. Le méta en temps réel. La vie transfigurée par le génie des sens. Des sphères psychiques jusqu’aux bosons.

Poésie Totale.

Si peu sont Poètes.

Joker, celui qui devint ce qu’il ne voulait être alors que ce n’était qu’une question de Temps

Certains disent que le Joker est une ode à la violence.

Mon avis :

Ce n’est pas l’apologie du crime qu’il fait. C’est la démonstration de la vengeance. Aussi bon que l’on puisse être, nous avons tous une limite animale aux bafouements que nous pouvons subir.

Le respect amène respect. L’irrespect, la violence.

Ce n’est pas l’apologie du crime qu’il fait. C’est la démonstration de la vengeance. Aussi bon que l’on puisse être, nous avons tous une limite animale aux bafouements que nous pouvons subir.

Enlevé la dignité d’un homme, que lui reste-t’il ? Haine. Haine. Et haine.

Dans le joker nous voyons (et c’est Nietzschéen) que la meilleure vengeance est la puissance. Totale puissance. Celle qui ne se soucie pas de celui qui veut lui causer du tort, qui le balaie d’un revers de main. Comme-ci il n’existait pas. Un non-événement. Entre mépris, cataclysme et délivrance.

De plus, Joyeux, le Joker, luttait contre lui-même, pour ne pas devenir un monstre, il tentait d’atteindre la gaieté, de faire rire chaque jour, alors que sa vie, son être le poussait à l’inverse.

Lui qui avait tant souffert depuis sa petite enfance, était ontologiquement destiné à faire le mal. Comble de l’histoire, la société, l’autre, l’ont amené à devenir la bête qu’il cadenassait.

Pour les damnés de la terre, la rébellion, la révolte peut surgir à tout moment. a que l’on crée des monstres. Ce que cette société devient ; une monstruosité où les valeurs les plus nobles sont les plus menacées.

Tendez l’autre joue, vous aurez une deuxième claque.

Mensonge

De sa profonde jouissance, celle de l’avoir fait, le pessimiste, ce tragédien, regrette d’avoir brisé l’optimiste. Il se rend compte que son euphorie est enrobée de perversité, l’amenant plus encore vers une grande tristesse ; la négation du bon de la vie, la négation d’un pan de lui-même, sa légèreté.

L’optimiste et le pessimiste se mentent ; l’un pour aller vers la joie, l’autre pour aller vers le Néant.

Dante

Je suis allé sur la tombe d’Alighieri. Il me dit. Rigoles-tu encore Atarax ? Vois-tu ton espèce ? Oui ? Non ? Regarde, toi aussi tu en fais partie. Les cercles sont là. Tu ne pourras rien y faire. Il t’a fait beau, grand et fort. Mais cela ne t’a pas empêché de tomber dans la plus profonde mélancolie. Jamais tu n’en sortiras. Sais-tu pourquoi ? Le Monde est en toi. Celui qui aurait dû encore plus !

Va, damné.

Mon enfant, mon enfant

De ses yeux bleus, il se disait objectif.

De mes yeux de plus en plus noirs, je rigolais.

La Fureur régnait. Une catalyse des chocs d’antan. Le prix à payer pour chaque humain. La somme des coups reçu, engoncés au fond du cortex. Microprocesseur.
Le bilan avait été fait, la violence quelle qu’elle soit est de charge exponentielle. Nous sommes faits pour la donner, pas pour la recevoir. Équation insoluble. Porte de sortie ; aimer la douleur. Pas au point de la provoquer. Fondre dessus pour au moins avoir le sentiment de ne pas la subir. On se retire pour mieux exploser au vol.
Lèche la poussière mon enfant.
Étouffe-toi avec la poussière mon enfant.
L’Amour n’est que poussière mon enfant.

G.

Dans les labyrinthes du monde, nous nous obstinons.

Les kilomètres sans fin franchis,

esclavagistes.

 

Que de belles chimères,

j’ai vu là en haut,

dans ma tête.

 

Que de belles promesses

me furent faites,

dans l’Arène.

 

Lumière hypnotisante.

Flash percutant.

Panneaux obnubilant.

 

Quelques grattements rendirent compte,

de la macabre danse.

 

Mesdames et Messieurs,

vivre c’est consommer,

consommer c’est vivre.

 

Je vous prie.

 

Dansons !

 

Ailes

Notre cerveau post-industrialisé,

à la méthode Taylor

parcellise notre vision.

 

Donnant une patine conforme à ce que nous pensons.

 

Qu’est-ce que le moi ?

Qu’est-ce que le nous ?

 

Conscience de.

Souffle vital.

 

Il n’y a bien aujourd’hui que la pensée océanique qui me plaise.

Aux ailes azurées sans fin.

Retournant les abysses sans fond.

 

Disparition des chaînes.

Éternel

Il n’y avait là aucune élégie à faire.

Ma pensée torve, déraisonnée explosait,

faisant petit sens dans un tout incompréhensible.

 

Elle était bien là à l’image du monde.

 

Un marteau frappé sur une enclume,

bientôt remplacée

par un autre marteau.

 

Ersatz éternel.

Petites considérations existentielles : neuf

On s’enfonce parfois dans le vide de l’existence, sans doute ce que Sartre appelle le Néant. Il est d’ailleurs un moment où le néant prend plus de place que le sentiment d’exister. Il amenuit notre souffle vital à tel point que l’on s’épuise rien qu’à vouloir se bouger. Cet état de tétanie douce pompe toute énergie ; la volonté étouffée.

J’étais depuis très longtemps dans cette configuration, un humain au centre d’un jeu, d’une société avec ses avantages et ses inconvénient, ses pièges, ses bienfaits.

Mon propre mécanisme, ma propre chimie m’échappait, je ne pus jamais saisir comment je fonctionnais profondément, de ce qui fortifiait mon souffle vital.

Ballotté. Sans père, ni mère, ni Dieu. Dans un liquide chloroformique.

Un jour vint l’effondrement, je fus déclaré inapte à continuer ma vie comme telle. Cette grande brisure faîtes de fêlures datant de tellement de temps me mettait sur le côté. Puis vint encore, d’autres blessures, physiques celles-là. Blessures sur blessures. L’âme blessée, le corps lâchant.

Au plus profond de l’hiver de mon âme, je me trouvais.

Ce que qui me mis le coup de grâce est l’Anthropocène. J’étais habitué depuis très longtemps à la folie humaine, à la destruction qu’elle engendrait mais l’extinction des espèces me mettait dans une insondable torpeur, dans un désarroi terrible. Que nous disparaissions était pour moi logico logique. Que nous détruisions la Création était tout aussi logique mais inacceptable ; que pouvais-je y faire ?

Je peinais à faire ce qui au fond de moi demeurait le plus naturel ; écrire, peindre et dessiner. N’y trouvant aucune utilité sociétale. Ce qui pourtant devait avant tout me concerner.

La course et la marche me permettait de tenir bon physiquement et mentalement. Bravant la pluie, le froid, mes blessures qui se situaient au-dessus des hanches, je pouvais courir. Courir, encore courir. Une fuite peut-être. Le sentiment d’une fuite. De grandir dans la fuite. Se fuir soi-même ? Sa destinée ? Ce dont j’étais fait, construit, assemblé et que j’avais jamais su assumer et ce depuis ma plus tendre enfance. Un imbroglio soudé à une armure impossible à transpercer.

Et Hier vint un évènement mystique extraordinaire :

j’avais posté un poème à connotation liturgique, ce qui me prend assez souvent (un quasi automatisme) exprimant le sentiment que j’avais à avoir posté ce texte « Se préparer au monde qui vient (vivre au dernier stade de l’Anthropocène) » :

 

N’en voulez pas à l’oiseau de mauvais augure.
Il n’est que le messager,
celui qui rapporte les choses déjà faites en amont.

Au contraire, remerciez-le, il est probablement le détonateur,
d’une déviation des actes à venir,
d’un évitement face à la catastrophe programmée.

Comme ces grands rapaces
que je peux observer assez souvent sur les pilonnes électriques.

Il n’y sont pas toujours et quand ils s’y trouvent, c’est leur superbe que l’on observe. Ils transforment l’atmosphère. Le cours des choses prend une dimension mystique.

On admire leur fierté.

 

Je m’étais mis à courir dans mon biotope, ma campagne. Il pleuvait tant, le vent était fort, j’avais un entrainement très compliqué. Epuisant, usant, j’étais sur le retour, la tête basse, entrain de sprinter les cinq minutes restantes, j’avais plusieurs fois déjà pensé à abandonner tant les conditions étaient compliquées, que mon cœur et mon corps étaient à plein régime, que je respirais difficilement. Je tenais avec grande difficulté, énormément. J’avais en point de mire le sol. J’étais dans un couloir, les arbres bordaient les deux côtés.

Puis vint un évènement mystique ; alors que je relevais la tête, un rapace se posa sur un arbre, grand, majestueux, une buse à une dizaine de mètres de moi. Je fus émerveillé, et d’un coup elle prit son envol, au milieu des arbres, sur le chemin, la Voie, elle m’invitait à la suivre.

A cet incroyable instant, je ne ressentais plus la douleur, je continuais avec force, la fatigue et les tensions avaient disparues. C’était un signe. Assurément. J’étais Poète, Philosophe, Peintre. Je devais faire ce que mon être me poussait à faire et ce même si je devais connaître la pauvreté ; ma destinée était là.

 

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Allons de l’avant,

allons plus haut !

L’ici-bas et l’existence

ne sont supportables

que si l’on emprunte

ce raide sentier

vers les hauteurs !

 

Friedrich Nietzsche 

 

 

 

 

 

 

Se préparer au Monde qui vient (Vivre au dernier stade de l’Anthropocène)

Il est injuste de dire que les gens, le peuple se carre de la planète. Alors que les décideurs se moquent depuis 40 ans des mises en garde des scientifiques. Les coupables sont les régisseurs du monde, certainement pas les personnes qui n’ont que pour revenu leur petit salaire.

Nous sommes définitivement entrés dans le dernier stade de L’Anthropocène et la seule voie possible est celle-ci : créer chez soi dès aujourd’hui un écosystème. Planter des fruitiers, de poules, cultiver efficacement son potager, se munir de citernes, de plantes médicinales…

Ce que l’on appelle les poches de lumière ; vivre en autosuffisance. Le plus grand défi personnel du citoyen est là. C’est vers le Survivalisme et la Permaculture qu’il faut voir.

C’est notre capacité personnelle à voir sur une vingtaine d’années qui sera décisive.

Cela peut paraître effrayant, glaçant, mais malheureusement les plus positives des analyses vont vers le pire pour l’Humanité. On y est. Pas de dénégation. De l’action.

Nous ferons sans doutes comme les espèces éteintes d’oiseaux…ils ne disparaissent pas parce qu’ils meurent mais parce qu’ils n’ont plus l’environnement, de force donc, pour se reproduire.

La difficulté aussi est de penser juste et bien malgré cette terrible réalité qui se ramifie mondialement, tout près de nous ; en sachant qu’elle est encore lointaine. C’est d’ailleurs pour cela que nous en sommes là aujourd’hui ; nous avons cru de par sa distance, qu’elle était impossible. Pour celui qui en a conscience, il faudra grande force de caractère pour encore prendre plaisir dans un monde en fin de vie.  De ne pas tomber dans le « Après moi les mouches » et de ne pas trouver le quotidien futile.

D’après Bernard Stiegler, les spécialistes, le non grand public donc, est dans une phase tonitruante, celle-ci : continuer à se battre en sachant que tout est quasiment perdu. Bon nombre a déjà pensé au suicide. Ce pan est caché au grand public. En même temps, imaginez-vous être un naturaliste, un scientifique criant depuis dix, vingt, trente, quarante ans que nous allons vers la destruction totale. Vous voyez les espèces disparaître une à une, les territoires toujours plus pollués, détruits, vous avez été au mieux ignoré, au pire moqué. Quel désarroi ; Et là, il reste deux ans avant le point de rupture définitif.  Avant l’irréversible. Deux putains d’années alors que vous avez criez et souffert de voir ça tant d’années. Et que même si par un impossible miracle, cela s’arrêtait, il y aurait quand même l’effet d’inertie…comment ne pas devenir fou ?

Je crois que beaucoup se disent que La destinée de l’humain était bien celle-là. Autodestruction. Logique car nous y sommes. Il faut faire preuve ici d’un stoïcisme guerrier. Savourer ce qu’il reste de temps, avec une certaine retenue. C’est cela vivre sous l’ère de L’Anthropocène. Ce qui a été, est et sera.

Et ce message ne sera pas audible tant que les catastrophes climatiques en chaînes ne toucheront pas l’Occident. Autant dire : quand il sera plus que trop tard. Vous imaginez bien que si les plus grands scientifiques ont échoué à le faire, ce n’est pas un simple citoyen qui y arrivera. On le taxera de fou furieux. C’est à chacun de travailler de son côté.

L’Auto-suffisance mais aussi l’entraide seront les paradigmes des décennies à venir.

PS  : on pourrait croire à de la science-fiction pourtant tous les voyants sont au rouge foncé, et tous le disent ; nous entrons dans une ère totalement inconnue. Alors dans ce cas de figure, quoi de mieux que de prévoir jusqu’à l’imprévisible. D’au moins s’y préparer en tout cas.

PS 2 : le plus difficile sera de vivre sans café. Mais bon, on pourra peut-être en planter. Restons positifs.

Exortum est in tenebris

Je me fonds dans les ténèbres.

Traînant le cadavre de Dieu.

Et le Diable me traque.

 

Je me fonds dans les ténèbres,

et ma foi morte se moque de moi.

 

Je me fonds dans les ténèbres,

et Dieu n’est pas à mes côtés.

 

Le Diable se fiche pas mal de moi.

Et Dieu m’en veut.

 

Morts, morts, morts.

Tous ils sont.

 

Apostat.

Apostat.

Apostat.

 

Nihilisme.

 

Seul. Seul. Seul.

 

Du début à la fin,

je danse gaiement face au désespoir.

Lettera Amorosa

On se bat toute sa vie à ne pas être les objets du destin. Mon amour, j’ai vu les rouages de près, j’étais moi aussi un rouage. Mon corps me montre ses faiblesses déjà, moi qui me vis comme une machine ; une humaine machine.

Que je me suis trompé mon amour. J’étais en dehors, mon esprit était déjà loin.

Tu me diras que ce n’est pas grave, que c’est comme ça. Le temps passe et le petit enfant s’éloigne de moi, et je pleurs, je pleurs. Je suis dans un état loin du prospère, je sais que mes forces m’abandonnent et que la société rode, qu’elle m’épuise. Que je devrais faire face aux communs encore, encore et encore, à l’infini. Mes plaies ne sont pas béantes, elles sont trous noirs, elles sont torsions, déchirures, ma propre chair ne me suit plus.

Ai-je seulement eu une seule fois le sentiment de savoir qui j’étais ? Non.

Et toi tu ne le sais non plus.

Je suis dans un espace sans temps. On me force à me synchroniser au temps. Je ne suis pas dans le temps. Et déjà je m’essouffle. Je suis essoufflé. Combien de temps encore ? A courir derrière des petits sous, à côté de gens qui se moquent de moi, à vivre dans une société où le lien humain vaut économiquement si peu. Oh, terrible moi-même. Mon amour, j’ai pansé mes plaies, serré les dents et je traîne ce qu’il reste de moi. Avec courage je ramasse mes tripes et mon sang, je me ré-insuffle vie.

Je sais mon Amour, que cela fait bien longtemps que tu ne me comprends plus.

Mon amour, tu sais, si tu n’étais pas là, je ne serais déjà plus là.

La nébuleuse du désespoir

Les oiseaux me parlaient,

j’étais nonchalamment accoudé à cette vieille table

buvant et lisant un texte de Julien Offray de La Mettrie nommé « L’homme machine ».

Les oiseaux me parlaient,

ils me soufflèrent ce que je savais déjà ;

la dernière étape.

Je me mis à pleurer, de longues poussées de larmes brûlèrent mon visage.

Me sentant responsable de la courbe mourante, je ne puis m’empêcher de dire.

« Mes amis, je suis comme vous, né à un moment, à un endroit. Je suis le fruit de la ligne du temps, de la biologie. Je vous ai aimé depuis le début, comme j’ai aimé le soleil et le vent sur mon être. Je vous ai aimé de tout mon cœur. Vos cages m’ont toujours parues insupportables. Pour cela, dès que j’ai pu, je vous ai offert graines dans de nombreuses mangeoires. Que vous vous sentiez au mieux chez vous, un éden vous étant dédié. Que puis-je y faire mes amis ? Moi aussi, je m’éteins ».

Un rouge gorge me fixa puis s’envola.

Mes larmes chantèrent aussi.

J’étais seul face à la dernière étape.

 

 

 

Vivre au moment de l’Anthropocène

Il est comme un rideau de fer, tombé sur moi, m’écrasant le thorax, m’arrachant les tripes, pressant mon diaphragme, me vidant du peu de foi que j’avais ; vivre au moment de l’Anthropocène.

N’est-il pas là la plus grande guerre mondiale jamais vue ? Non, pour les humains que nous sommes. Nous ne voyons pas de corps déchiquetés devant nos pieds, nous ne tenons pas d’armes automatiques à la main, nous ne nous trouvons pas devant des édifices détruits par les bombes, n’avons pas d’ennemis à tuer de sang froid. Notre adversaire, nos adversaires, ne sont pas clairement définis. Ils sont partout et nul part. Tout cela est bien plus monstrueux. Un presque invisible, un lointain monstrueux, réellement mondial ; l’abolition de la nature, du vivant, sur quasiment tout le territoire, et notre propre fin par extension.

Dans notre quotidien, difficile de le sentir, tant c’est insidieux. Pourtant, il est prouvé par la quasi totalité des scientifiques que nous y sommes, et en plein dedans ; une troisième guerre mondiale. Nous ressentons bien quelques effets mais la dégradation de notre environnement ayant une force d’inertie, de réactions en chaîne, nous ne voyons que le début d’un processus lancé par la révolution industrielle. La plus grande difficulté demeure là ; retrouver la capacité à penser sur le moyen-long terme comme le firent les bâtisseurs de Cathédrales, en finir avec le jetable, réparer, chérir ce que nous possédons, sortir du rôle de consommateur-consommant. Inapplicable à court terme.

Avons-nous espoir, gens du peuple, plutôt des classes du moyen, du bas, à ce que cette destinée horrible soit évitée ? Quelles sont nos armes face aux architectes du monde ? Abandonner sa voiture ? Se libérer de son prêt maison ? Vivre dans une yourte ? Sortir du rôle de consommateur-consommant, sans doutes. Que nous y soyons encouragés, poussés par les structures surtout. Nous sommes dans un train fou lancé à toute vitesse vers les abîmes. Et que ce n’est pas avec les conducteurs, les concepteurs de ce train que nous sortirons de ce modèle.

J’ai rêvé d’un Luther King, d’un Gandhi, d’une voix bouleversante, qui pourrait nous sauver de ce système, de l’Anthropocène.

Et tandis que je tiens cette mésange morte dans la main, je me demande ; n’est-il pas logique, et ce pour les autres espèces surtout, que l’on s’éteigne ?

 

« Nous avons été fidèles à nous-mêmes.

Petite Tragédie Humaine. »

Aventure

Au milieu de la nuit tombante,

mille vies en soi,

dansent,

loin du cimetière des désespérances.

 

Le spleen décomposé,

fracassé,

par la gaieté,

se tient à l’écart.

 

Laissant le chemin libre,

à la douceur.

Celle qui fit de l’enfance,

la plus Belle Aventure.

 

Un émerveillement plus grand,

que toutes les douleurs.

 

De l’annihilation du consommateur-consommant

Quelque part entre ce que le monde nous promeut, entre ce que l’on se promet, entre les prétentions « psychiques » et matérielles ; celles du vouloir avoir, de la possession, du labeur passé à l’obtention de choses diverses dont souvent l’on finit par se lasser (voire même dont nous nous lassons de nous lasser) et du vouloir être. Entre la mécanique fuitée du désir et la mécanique de l’avoir, il y a un champ, un champ ontologique de vouloir vivre, de création, de fixation d’un grand soi, d’un plus grand soi, de vision, d’une vie harmonieuse, d’une vie en paix avec elle-même et le monde qui l’entoure. Un écart entre ce que le système nous amène à être ; le consommateur-consommant et l’être pleinement créatif, en pleine possession de son être, allant vers ses potentialités, conscient de ses actes, de ses émotions, dépouillé des turpitudes amenées par l’extérieur, celui qui a le contrôle de son émotivité, qui n’est plus dupe face à lui-même, à ce que l’on a amené à être.

Il serait infantile de parler de liberté totale mais plutôt d’une sensation, d’un sentiment de liberté totale. Une liberté résignée. Venant d’un découpage, d’un tri, d’un auto-examen entre ce qu’il peut et ne peut pas, ce qu’il doit et ne doit pas. Une introspection face à soi et au système donné. Face à ses prétentions et ses propres possibilités. L’Homme du ressentiment nietzschéen vient de là ; de la frustration de n’être ce qu’il aurait voulu être et de n’avoir ce qu’il veut. Un monde qui n’est pas à son image. Un moi fuyant vers un néant destructeur.

Dans le système de la profusion et de l’immédiateté, il est possible de vivre heureux et serein, sans avidité face aux situations communes de la vie donnée par les structures, vie qui en occident est guidée par le consumérisme (J’achète donc je suis, je joui donc je suis) ; religion de l’Homme contemporain d’ici. Le confort tend à effacer le sens profond, ontologique, de la vie humaine. La dimension transcendantale de l’individu. L’amenant à devenir un être gris, béat, réactionnaire, plaintif. Il suffit de faire quelques tours dans les rues, dans les galeries marchandes pour le voir. La gaieté ne se lit ni dans les gestes, ni sur les visages. Il ne s’agit pas là de contenance mais plutôt d’une perte de la lueur sacrée, de la luminescence de gaieté et joie de vivre. L’inverse est plutôt visible ; posture grise, regard vide, blasé, uniformisation de l’attitude et des envies. Quelque chose de peu naturel. 

Alors oui, le prolongement du conformisme et du système marchand est visible, est palpable. Le tout tout-de-suite. D’aucuns verront dans mon message une forme réactionnaire. Je leur dirais que face aux flux du monde, il est d’importance que quelques personnes stoppent, prennent son pouls et respirent, qu’une action amène la réaction. Une vision des plus holistiques possibles. L’économie n’est pas le seul moteur de l’Humanité. 

Si le postmodernisme ; l’évacuation de la religion chrétienne/catholique de la sphère publique nous amène à un nihilisme profond, qu’aurions-nous gagné de grand en termes d’être ?

Nous allons tous vers la mort, et ne vaut-pas mieux y aller lentement ?

Dans le toujours plus vite de notre société, le temps laissé à rien nous dépossède de nous-même. Il nous prive de notre faculté à la contemplation et à l’oisiveté, qui amènent à la réappropriation de soi, de son rythme, à l’élan vers le cosmos, vers l’Ataraxie.

Le ressentiment de la plupart ne serait-il pas du non-être ? Un être manqué ? Le fameux sentiment de passer-à-coté-de-sa-vie affirmé par 50% de la population française ? Mais dans le fond quel est-il ? Est-ce là une vision trop haute de ce que l’on peut et veut faire ? Ou une forme de manque de courage, de convention prise en amont de sa vie ? Un désœuvrement face à son moi profond ?

Tout est lui, tout comme la connaissance, l’état mental d’un individu est aménagé tel une toile d’araignée ; connectiques, réseaux nerveux, fluides, synergie, de l’état de ses articulations, du fonctionnement de son estomac (les fameux neurones dans le ventre dictant l’humeur au cerveau), une agrégation d’éléments agissant sur le moi et la perception du monde. C’est en cela que nous pouvons voir l’importance du tout dans la vie. La vitalité d’une personne peut dépendre d’une seule pilule, du climat, d’un aménagement de chambre. Cela ne peine par l’Homme ayant le sentiment d’être sur la Voie. La seule, l’unique, car il ne peut en être autrement. La joie surgit d’un balayement d’une nostalgie d’un passé conceptualisé, et d’une acception du monde et du soi tels qu’ils sont. L’éviction des prétentions. L’Ataraxie se mérite. Être loin du consommateur-consommant à un prix ; celui du dépouillement de toutes ces chimères. L’Homme qui n’est plus seulement guidé par ses envies, envies qui sont parfois affirmés comme besoins. L’Homme qui n’est plus le pantin du système, d’un bonheur promis par le Marketing, par les choses hors de lui.

Devenir l’Homme, la Femme, qui détient tout. Qui fait le serment du Moins Mais Mieux. Une attitude stoïcienne. Gaieté en lui-même. Comment cela se peut-il ?

Nous avons beaucoup à apprendre de nos pairs sur le sentiment d’une vie bonne, réussie ; c’est-à-dire l’évacuation des frustrations (en grosse partie créée par le système marchand). Il m’est idée qu’aujourd’hui les douleurs viennent en grande partie du psychisme et non pas par des douleurs corporelles dues à une vie austère. Le confort de vie ayant augmenté, la vie est bien moins pénible au niveau effort qu’avant. Pourtant, nous notons les divers burnout toujours en croissance et les douleurs qui y sont liées, douleurs de nature psychique qui se déversent sur le corps (mal de dos, alors que peu portent de lourdes charges).

Schopenhauer nous dit que le bonheur est aux mieux l’absence de douleur. Pour ma part, je crois aux douleurs fondatrices de l’être – celles qui amènent à un mini hapax existentiel, l’effort amène la souffrance qui amènent aussi aux belles et grandes conquêtes existentielles. Au dépassement. Ce qui est trop sous-estimé. Il y a bien plusieurs types de douleurs et plusieurs finalités à la douleur. 

Et si certains ont surreprésenté la grande santé dans leur philosophie, à cause essentiellement de leur piètre santé, ils n’ont eu là que bien raison de le faire !

Surjouons mais surtout, appliquons-nous à être en Grande Santé !

 

Connecter

Le champ s’ouvre à partir du moment où la volonté prend le dessus sur tout le reste. Les décisions prises ou la grande décision prise est faite d’un mélange de fébrilité, d’euphorie, de tension et de gaieté. Une imbrication de peur et d’envie mêlées. Ce qui est important de noter est ceci ; dépasser cela. L’inconnu est par essence fait de données impossible à prévoir, et ce, de façon absolue. Un professeur me disait « Votre rôle est de prévoir l’imprévisible », ce qui en soi est absurde mais nous invite pratiquement à penser plus loin que ce que nous pouvons penser ; à être alerte, dans la réactivité, à se tenir prêt à l’inimaginable. De de ce constat, il s’agit de dépasser le sentiment d’inconfort et de passer à l’action.

La pensée a elle aussi ses défauts. A tourner sur elle-même, elle perd sa dimension créatrice, se crispe à perdre sa vitalité. Si une idée demeure, le refoulement rendra le ressac plus fort. Ce qui montre son importance.

Si on ne servait que de sa raison, jamais on aurait fait de choses autres que primaires ; comme se connecter à soi-même.