Dieu n’est pas mort, son cadavre bouge encore

Alors que les barrières étaient tombées, qu’il avait la libération en point de mire, il a échangé ses chaînes, contre d’autres, bien plus vaniteuses. Il est allé vers le rien, le néant.

Le céleste n’était plus, et une partie de lui-même non plus.

Il aurait pu transformer ce vide de pensées, de sens, en le contre-balançant avec un travail de réflexion sur le monde, en plaçant la culture au centre. Il avait tous les outils technologiques en mains pour cela. Il ne l’a pas fait. Il a préféré s’abêtir dans l’instantané, il a préféré utiliser le peu de temps dont il disposait à ingurgiter des informations abrutissantes jetées en masse ça et là dans le tourbillon médiatique. Dans le fond, ce ne serait pas vraiment grave, s’il appréciait sa vie, chose dont il n’est pas sûr.

Paradoxalement, il est son propre Dieu, et ne crée rien, il conspue, pleure sur son propre sort, alors que les voies lui sont ouvertes. Sans doutes, est-il devenu paresseux. On pourrait ne pas lui en vouloir d’ailleurs, très longtemps on lui a dicté ce qu’il devait faire, penser, et à cette époque il n’était sûr d’être heureux non plus.

Le divertissement est chose facile, c’est bien pour cela qu’il existe, pour alléger l’existence, pour reposer l’esprit se dit-il.

Mais, qu’il prenne garde, le repos du guerrier est une chose, le repos du paresseux en est une autre. Tandis qu’il s’affale dans son confort, que sa pensée devient de plus en plus molle, qu’elle perd en consistance, d’autres saisiront l’occasion pour lui dire avec véhémence et certitude que face au néant, eux ont la solution. Qu’il devrait leur laisser le plein commandement de la société, et que tout ira beaucoup mieux.

Si cette direction est prise, il ne pleura pas sa chance gâchée mais plutôt la situation dantesque. Il pleura pendant que les derniers bastions de son Humanité se retrouveront écrasés par des êtres pires que lui encore.

La liberté de penser est étouffée par la bassesse lyrique (défaut du langage amenant à un défaut de pensée) d’une grosse partie du peuple, et cela le restera tant que les pré-surhommes (l’homme en quête d’Humanité) resteront de gré ou de force dans l’ombre.

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