Michel Onfray, illuminé éteint

Je sors de ma petite poésie pour parler d’un Monsieur que j’aime beaucoup : Michel Onfray. Je suis le philosophe depuis quelques années maintenant. Assez admirateur de la densité de sa pensée et de son érudition, de sa façon à mettre les faits historiques en concordance avec les pulsations de notre civilisation, de sa pugnacité et de son refus d’être soumis à un système médiatique (qui l’a servi quoi qu’il en dise) en créant sa propre Web TV.

Nietzschéen dans sa façon de déconstruire (à coups de marteaux) le Christianisme et autres idoles, le philosophe ne se veut pas décliniste mais plutôt médecin qui aurait posé diagnostic sur un monde malade. Un Occident en phase terminale. Il ne manque pas de citer Oswald Spengler d’ailleurs (Déclin de l’Occident). Ce qui se défend. Des valeurs meurent pour être remplacées par d’autres, la vie telle qu’elle est. Rien de neuf. L’impermanence du monde. Le tout en perpétuel mouvement. La mort à nos trousses.

Le troisième livre de la trilogie Cosmos s’appellera Sagesse. Il nous dira comment mourir avec grandeur. On verra, j’ai déjà mon idée quant à la substance du contenu. Onfray prônera une vie plus reculée, plus centrée sur soi, hors d’un monde mourant. Mais trêve de spéculations. On ne parle d’un livre qu’une fois lu.

Démocratiquement, nous sommes dans un système qui doit et devrait laisser libre parole à tous propos sauf aux plus extrémistes (à noter que l’extrémisme a divers degrés, mais c’est un autre sujet). Toute parole a ses vertus. Elle produit et contre-produit des effets. Et c’est là que j’expose les effets de la parole onfraisienne sur moi.

Ce qui me chagrine, et m’embête dans le fond, c’est qu’Onfray ne donne plus l’image de l’hédoniste et par prolongation, ne représente plus/pas la pensée gaie nietzschéenne. Il a beau mener de beaux combats comme sa Web TV, ses livres, son Université Populaire de Caen, je ne sens plus dans sa parole, dans sa vision, dans sa pensée, sur son visage, l’illumination de gaieté, la sagesse bienveillante d’un hédoniste, d’un homme en paix. Je ne sens plus d’entrain, je vois désolation et amertume d’un homme bousculé par un système, par un monde qui n’est pas en phase avec sa vision, avec lui. Un idéaliste brisé. Un homme aux forces déclinantes.

Et c’est là que je ne le suis plus. Nous, jeunes hommes, jeunes femmes, devrions ne plus faire d’enfants comme il le préconise, pleurer sur le monde, adopter une attitude de résignation, de lourdeur. Parce que le paradoxe est là avec Onfray, l’anti-nihiliste nous pousse en plein dedans, il nous y jette. Qu’il ne propose aucune solution est une chose, et est aussi chose compréhensible. Il est impossible de changer le monde par soi-même mais dans le fond, ne devrions-nous pas aller ensemble, gais, et sereins face au destin qui est le nôtre, à tenter et défendre ce que l’être humain est et a fait de plus beau, avec vaillance, courage et fierté.

Car oui, même si notre monde est condamné, que nous le sommes tous, nous, les plus jeunes, les plus anciens – jouer le jeu d’un fatalisme réaliste dans l’attitude ne donne que plus de lourdeur à notre situation. C’est perdre le pouvoir d’exaltation, de transcendance que chacun a en soi. C’est tuer la poétique d’un monde, qui a encore quelques beaux restes. C’est détruire la voie d’une vie meilleure. Plus juste. Plus bonne.

Et c’est ici qu’il est intéressant de couper avec Michel Onfray. Lui tellement fan de Virgile devrait, pour rendre cohérente sa vision nietzschéenne, nous proposer grande attitude de joie, de rires, une vision d’un autre monde positif. Un nouvel humain, un hybride d’Homme à nouveau enchanté par un destin lié à la poésie, à la terre, au Cosmos, loin du consommateur-consommant calibré par la culture de masse.

Une grande attitude gaie et pleine d’entrain. Emplie de poésie.

Michel, toi qui brille par tant de savoir.

Illumine-nous jusqu’aux astres.

Il est question là d’attitude.

A nous dire que nous sommes morts, comment pourrions braver la vie programmée par un système avaloir ?

Je sais que l’on a que les devoirs que l’on se donne mais Virgile m’a soufflé ceci : « Ils peuvent parce qu’ils pensent qu’ils peuvent ».

Alors, pensons plus loin que le déclin !

Pensons richesse de l’âme et grande construction d’avenir Humaniste et Libertaire.

Soyons Gais !

 

 

 

 

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