Le dernier cimetière de notre jeunesse

Il y a dans chaque système,

oppresseurs et oppressés,

à différents niveaux.

Dans ton cas, c’était trop haut que pour être vivable.

Le moment est celui-ci,

je m’efface,

devant le maître on fait place ;

Les cris d’oiseaux de la machine qui s’assoupit
Le fer malade enfermé à double tour dans l’atelier
Les salaires planqués derrière les rideaux
Comme l’amour que les jeunes ouvriers enfouissent au plus profond de leurs cœurs
Pas le temps d’ouvrir la bouche, les sentiments sont pulvérisés.
Ils ont des estomacs cuirassés d’acier
Remplis d’acides épais, sulfurique ou nitrique
L’industrie s’empare de leurs larmes avant qu’elles ne coulent
Les heures défilent, les têtes se perdent dans le brouillard,
La production pèse sur leur âge, la souffrance fait des heures supplémentaires jour et nuit,
L’esprit encore vivant se cache
Les machines-outils arrachent la peau
Et pendant qu’on y est, un plaquage sur une couche d’alliage d’aluminium.
Certains supportent, la maladie emporte les autres
Je somnole au milieu d’eux, je monte la garde sur
Le dernier cimetière de notre jeunesse.
Xu Lizhi, poète et ouvrier chinois dans une des usines Foxconn fabriquant des téléphones portables, s’est suicidé en 2014. Il avait 24 ans…

 

 

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