In aeternum

De ce surgissement éclair naquit une pensée adamantine, les petits jeux du quotidien, du moi-je-veux-avoir-raison devinrent petits spectacles risibles, s’apparentant à des bals de fourmis rouges au labeur infini . Le théâtre a toujours été le même, tragique comédie humaine.

19 commentaires sur “In aeternum

      1. Vous pourrez toujours dire que ce n’est que la forme qui a changé, mais je pense nous sommes passés d’un stade où le groupe voulait avoir raison, lorsque nécessaire (et cela devait alors être assez brutal), à un stade où l’individu voulait avoir raison systématiquement… Le début de l’individualisation pourrait être le début des civilisations, bien que cela se soit accéléré au XXème siècle.

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      2. Dans tous les cas, on veut assurer un certain confort, une certaine assise quant à sa manière de penser, de sentir les choses, ne pas s’effondrer par rapport à soi et ses convictions, son système de valeurs. Ce qui revient à ne pas tellement bien penser, car pour moi, et moi seul (je n’ai pas la prétention, ni l’envie, ni le besoin de convaincre qui que ce soi): penser juste, c’est penser contre soi-même; ne pas avoir raison.

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      3. 1) Je dis « 2 est beau », vous ne verrez que des choses…
        2) Je dis la « cause de 2 est 1 + 1″… Au lieu de voir des choses, vous en verrez une puis deux. C’est magique.
        Est-ce que 1) est une pensée juste ?

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      4. Oui et non car la justesse est un sentiment, si je pars du principe que ma pensée est partiale, partielle et parcellaire car codifiées par un temps, une civilisation, un système, un sexe, une éducation, un moi fait de sensibilité propre et d’expériences; ma perception du monde, de la dialectique, les biais et percées de cognition… ce qui est loin d’une vérité absolue, je suis alors dans le faux et dans le vrai.

        Deux a une signification numérique que je connais, une esthétique que je peux voir, je sais qu’il est aussi porteur de sens numérologique (que je ne connais pas plus que cela)….si j’étais né en Chine, tout serait différent.

        Faisant ce bilan non exhaustif, sachant que je porte le faux, je sais aussi que je porte la justesse car mon attitude, le chemin que j’emprunte est le chemin de la connaissance, le vouloir me pousse a quelque chose de plus grand. Le tendre vers….

        La pensée complexe de Morin en quelque sorte.

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      5. Ah ! C’est intéressant… car 1+1 est toujours vrai, alors que une carotte + une carotte = 2 carottes est un sentiment. Ou alors, le nuage anticipe la pluie est toujours vrai, alors qu’il y a des nuages donc il va pleuvoir est un sentiment. En ne séparant pas la vérité de l’opinion, il n’y a pas de connaissance. La connaissance ne décrit pas le monde, c’est le monde. L’opinion ne sert qu’à se battre pour qu’il soit « meilleur », ce qui est absurde.

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      6. Vrai et faux, pour un enfant en bas âge 1+1 ne veut rien dire (il ne sait compter). D’où la valeur conception et perception des choses dans ce que l’on est. Souvent la vérité part de l’opinion, elle la nourrit, une façon de conforte ce qu’on « sait » au fond de soi. Dès le moment où l’on ne choisit de naître et où l’on tombe dans tel corps, de tel sexe, de tel milieux social, on peut noter de l’absurdité même de la situation. Nous nageons dans l’absurde et la connaissance peut servir à nous dépatouiller de cela, une sorte de palliatif. Qui ne connait pas des gens qui savent tout…finalement, ils n’en n’ont que le sentiment. Et ici, nous pouvons faire marcher la raison pour le dire.

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      7. La connaissance « ne veut rien dire » quand on ne la connaît pas :-). La vérité ne part JAMAIS de l’opinion, une vérité est une anticipation, une opinion n’anticipe rien, on ne peut pas anticiper à partir de rien. La cause de la vérité est l’opinion. Elle sert à distinguer les deux, « anticiper » si ce qui est dit est vrai, faux ou une opinion. En le faisant, nous apprenons que les vérités ne servent à rien (peu importe donc que nous soyons de tel corps, tel sexe, tel milieux social) et que l’opinion sert à se battre pour elles. Ce qui importe c’est de ne pas perdre de plumes dans la bataille et ce n’est pas toujours facile.

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  1. Dans ce cas, le « on » n’est ni « je », ni « nous », c’est « eux ». Tous les problèmes humains se résument à cela, « on » veut que j’adhère à sa raison, et cela ne peut faire que mon malheur.

    “ Demain, demain, demain, se glisse ainsi à petits pas d’un jour à l’autre, jusqu’à la dernière syllabe du temps inscrit ; et tous nos hier n’ont travaillé, les imbéciles, qu’à nous éclairer le chemin de la mort poudreuse. Éteins-toi, éteins-toi, court flambeau : la vie n’est qu’une ombre qui marche ; elle ressemble à un comédien qui se pavane et s’agite sur le théâtre une heure ; après quoi il n’en est plus question ; c’est un conte raconté par un idiot avec beaucoup de bruit et de chaleur, et qui ne signifie rien. ”
    [MACBETH, 1605 ; William Shakespeare]

    « on » m’a raconté un conte imaginé pas un idiot…

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      1. Pas toujours :-). Nous sommes deux et nous ne sommes pas d’accord (dans ce cas ce sont des opinions ne serait-ce que par manque de précision). Il y a un « on » qui est « je » et un « on » qui est « vous ». Ce dont je parle n’est pas le « on » dont nous faisons partie, qui fait que nous parlons français tous les deux, c’est celui qui vient nous dire, demain ce sera l’anglais, nous n’en faisons pas ou plus partie. Le « on » n’est pas intemporel.

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