Zemmour, Houellebecq, l’Occident et l’Avenir

Zemmour et Houellebecq représentent à merveille l’Occident d’aujourd’hui. Ils sont les symptômes de ses maux ; la transmutation du psychisme d’une grande partie du peuple et du Temps condensés dans deux personnages. Ceci : le Nihilisme, la perte de Vivacité, l’impossibilité de voir au-delà de soi, du marché, de la Nation, une vision pessimiste de l’Avenir.

Ils se basent sur des faits établis, sur ce que le monde moderne leur envoie. Et c’est en cela qu’ils sont de parfaits baromètres de notre Temps. L’inverse du pan de la gauche aux grands principes d’ouverture et de foi dans l’humain, ceux qui trouveront toujours des raisons, des excuses aux pires des salopards. Malgré les pistes brouillées, les valeurs portées sont quasiment identiques : Nihilisme, essoufflement.

C’est un esprit nouveau dont l’Occident a besoin. Entre Vitalisme et Naturalisme. Tant que le profit, le PIB, la consommation seront les valeurs suprêmes de notre Civilisation, rien de bon ne pourra plus advenir. L’épuisement psychique vient de là : destruction de l’Esprit et du Sacré (le sacré étant la Nature, socle de la Vie, celle que nous avons battue à mort. L’Esprit, notre faculté à penser de façon équilibrée. La raison n’a pas tout réglé. L’Anthropocène en est le fruit).

Sortir l’individu de l’horizon libéral-capitaliste par la nature, l’entraide, l’empathie par rapport aux autres et autres espèces. Réenrichir ce que l’humain porte de plus beau en lui. C’est un programme complet à mettre sur pied. L’Esprit au sens philosophique avec sa part de mystique. la Superbe. Le Sacré. Tout est là dans le Cosmos. En nous.

Quelle est le symbole de notre Temps ? Une pomme ? Gâtée ? La technologie ?

Quelqu’un me dit sur les réseaux sociaux que mon discours porte un germe totalitaire. Il ne sais certainement pas que l’injonction faite au bonheur, à la liberté, du libéralisme et du Capitalisme est elle plus totalitaire que ce que je porte : le Vitalisme et l’Esprit dans un monde de profit infini. Sa promesse. Jouissance sans effort.

Il ne comprend sans doutes pas non plus qu’une prise de position porte en soi un totalitarisme, prendre une décision, un chemin, faire une profession de foi en quelque chose, est en soi subjectif.

Exemple : le néolibéralisme qui veut que le marché ne soit pas régulé, ce qui est aussi un totalitarisme quand on voit les résultats, la pauvreté qui grandit. La « liberté » ne débouche pas toujours sur ce que l’on espère. Voyez la porosité entre le couple démocrature-démocratie.

Je ne décide de rien pour l’Humanité, j’expose ici, par impératif. Mais sachez que d’autres ont toujours décidé et décident toujours de ce qui est bon ou mauvais pour l’Homme, c’est ce qui fait la direction de la marche humaine…pour le meilleur et pour le pire.

Je dis aussi que des valeurs universalistes, universelles, la Nature et l’Esprit sont à cultiver. Culture. Permaculture. C’est de là que le meilleur peut advenir. Pas dans la marche au profit et au Progrès pour le Progrès. Les valeurs de Connaissance, de création, de respect de la Nature doivent atteindre les cimes les plus hautes de l’Être. Le devoir de notre race est celui-là et pas ailleurs. C’est là que nous pourrons contrer l’Anthropocène. Ramener la philosophie dans la Cité.

Henri Ford ne voulait pas de penseurs mais des travailleurs. En 2019, on veut des consommateurs. En ce qui me concerne, j’avance qu’il nous faut l’inverse. Et mieux : des penseurs pratiques, des créateurs, c’est-à-dire des gens capables d’aller vers l’autonomie alimentaire, de pensée, de créer de l’Art Total, d’être Art, dont les connaissances les amènent à une sagesse pratique enrichissant le Cosmos (la néguentropie). Un savoir pratique holistique. C’est à partir de là que l’amour de la Vie, du savoir naît ; l’amour de la connaissance. La Vie Artistique.

Ce qui débouche à une autre manière d’être et de posséder. J’en fais moins même l’expérience. Il faut une certaine radicalité avec soi pour changer profondément. C’est le prix à payer de l’individuation.

Chercher dans La Vita Artistica.

 

Gilles Deleuze écrira dans Pourparlers :

« un artiste ne peut pas se contenter d’une vie épuisée, ni d’une vie personnelle. On n’écrit pas avec son moi, sa mémoire et ses maladies. Dans l’acte d’écrire, il y a la tentative de faire de la vie quelque chose de plus que personnel, de libérer la vie de ce qui l’emprisonne. […] Il y a un lien profond entre les signes, l’événement, la vie, le vitalisme. C’est la puissance de la vie non organique, celle qu’il peut y avoir dans une ligne de dessin, d’écriture ou de musique. Ce sont les organismes qui meurent, pas la vie. Il n’y a pas d’œuvre qui n’indique une issue à la vie, qui ne trace un chemin entre les pavés. Tout ce que j’ai écrit était vitaliste, du moins je l’espère… »

5 commentaires sur “Zemmour, Houellebecq, l’Occident et l’Avenir

  1. J’ai à peu près toutes les réponses aux questions philosophiques de base. Le résultat ne me fait même pas sourire… ce n’était pas une bonne idée de les chercher. D’ailleurs personne ne les comprend car cela remet en cause les croyances de base que l’on apprend enfant à l’école. Je ne sais plus qui a dit que la science était celle du XXIème siècle et la façon de raisonner celle moyen âge. Il était optimiste.

    Le souci est qu’il n’y a pas de solution. L’homme ne peut qu’avancer, jamais reculer. Et toi, tu ne peux que suivre où être isolé… Je t’invite à lire ou relire « pourquoi j’ai mangé mon père ». Il y a Oncle Vania qui dit tout le temps « back to the trees »… et le père qui continue à inventer des trucs qui foutent la merde. Il est bien trop tard pour retourner vivre dans les arbres, bientôt il n’y aura plus d’arbre. Ce qui est rigolo c’est que Orwell avait vu juste, mais ce n’est pas Big Brother qui élimine les mots. Au fil du temps, nous gardons les comportements et nous oublions ce qu’ils signifient. Cela se fait tout seul, cela fait partie du progrès. Oui, oui… cela tourne autour de l’être et de l’avoir. Cela fait bien longtemps que nous avons oublié cela, en gardant les comportements de l’antiquité. Tu ne peux pas faire progresser la population de 2000 ans d’un coup.

    Je te souhaite bonne chance.

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  2. Merci Hervé. Commentaire juste. Disons que se débattre est ce que nous pouvons faire. Ne rien faire, ne rien penser, ne rien analyser serait être plus vaniteux encore que ce que l’on fait de nous. Pour le livre, je vais y jeter un œil. Que l’on soit en décadence ou pas m’importe peu, c’est la chute du Vivant qui est dramatique. Les civilisations précédentes avaient l’honnêteté de s’éteindre sur elles-mêmes, chose que nous ne réussirons sans doutes pas à faire. Quelle calamité…

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    1. L’être est une calamité… Pour vivre, il faut ignorer que tu es. Aujourd’hui, c’est presque impossible. Cela induit de ne rien faire, ne rien penser, ne rien analyser. L’avoir répare quelque peu les défauts de l’être mais le transforme ou donne la possibilité d’en faire un esclave. Alors, c’est l’avoir qui t’oblige à penser, analyser et à te battre, pour ne pas être esclave. Ce n’est même pas que l’esclave soit malheureux, mais que le maître ne sait pas ce que cela signifie d’être maître. Dans 1984, les esclaves ne sont pas la cible, ce contre quoi se bat Big Brother, ce sont les maîtres. Il ne s’agit pas d’avoir le pouvoir mais de le garder et ce ne sont pas les esclaves qui font les révolutions. Pour le dire autrement, il faudrait que les maîtres acceptent la calamité qu’est d’être. Mais ils veulent l’argent et l’argent du beurre. Ce n’est pas que notre civilisation ne va pas s’éteindre sur elle-même, c’est qu’elle a détruit les autres. A court terme, quand les maîtres commencent à s’en prendre aux esclaves, c’est que le bateau coule.

      Que faire de tout cela ? N’est-ce pas mieux de ne pas le savoir ?

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  3. Je ne sais le dire de façon tranchée. Qui peut savoir ce qu’il est réellement, étant donné que nous sommes l’agrégat d’idées d’autres sur nous-mêmes, ce que la société nous a poussé à être, à penser, à vouloir. Où est ce « Je » précisément ? J’aimerais avoir la certitude de le savoir. Mais mon âge avançant, j’ai l’impression que les contrées, la maison psychique, est de plus en plus vaste, toujours plus, incommensurable. Insondable.

    Pour l’avoir, comme je le pense, il est un socle matériel, une plateforme pour permettre au corps de vivre. Chaque esclave est différent. Qui peut prétendre ne pas être l’esclave de lui-même ? C’est-à-dire d’avoir la faculté de se connaitre assez que pour le dire ? De maitriser ses obsessions, ses vanités, ses faiblesses, ses forces aussi.

    Les maitres ne peuvent qu’accepter, c’est un état de faits, comme nous acceptons notre sort, disons qu’ils ont toujours plus de facilité pour se décaler de la société grâce à leur capital. Leur situation est bien moins austère que la notre. La nécessité domine moins.

    En ce qui concerne notre civilisation elle s’éteindra pour avoir détruit la Vie, les autres donc, oui. Il n’y a rien à faire de cela. Pratiquement rien à faire. On ne peut aller contre la logique de l’espèce, ce pourquoi elle est programmée. Ne pas le savoir peut être salvateur mais avons-nous choisi de le savoir ? Oui. Pourquoi ? Car nous sommes aussi programmés pour ça. Notre noyau existentiel. L’imbécile heureux est aussi programmé mais avec un autre logiciel. Mais dans le fond, il n’est peut être pas si léger qu’on le croit car lui a encore moins la possibilité de prendre de réelles décisions, celles qui font partie des hautes sphères de l’existence, celles que tous ne peuvent même pas entre-apercevoir.

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  4. Dieu est l’Être éternel. Jules est un mammifère, comme ce chat qui ne fait que réagir à ce qui l’entoure. La mère de Jules lui a donné la vie. Dieu a donné l’existence aux choses, c’est-à-dire l’éternité. Vivre et exister ce n’est pas la même chose. Nous pouvons symboliser l’être. Jules (le mammifère) peut avec ses mains (ce que n’a pas un chat) empiler des pierres et des pierres… jusqu’à élever une pyramide de 300 mètres de haut. Il peut alors se faire prendre en photo près de la pyramide. Que dit la photo? Elle dit « Jules est éternel »… Tu as dit « je suis ».

    Quand tu te demandes qui tu es, tu te demandes ce qui est éternel en toi. Jules est roi. Il meurt et son fils prend sa place. La population dit: « le roi est mort vive le roi ! ». Ce qui est éternel, c’est le roi, la chose, pas Jules ou son fils qui ne font que vivre. Quand tu te demandes qui tu es, tu te demandes ce que tu es que sont les autres. Tu es grand, d’autres peuvent être grands, tu es roi, d’autres peuvent l’être, tu manges des hamburgers, d’autres peuvent en manger… et d’autres seront ainsi ce qu’est « je ».

    Ce qui devrait te préoccuper, c’est Jules, pas « je », car si toutes ces choses cessent d’exister, Jules pourrait retourner vivre dans les arbres, comme ce chat à qui l’on ne donnerait plus de croquettes. Jules n’existe pas, il n’en a pas besoin pour vivre. De quoi a-t’il besoin pour vivre? De quoi un chat a besoin pour vivre? De ce qui est présent dans son environnement et de rien d’autre. C’est pareil pour Jules qui a une maison, un lit, des supermarchés où il va faire ses courses, une bibliothèque, une télévision… Le problème de Jules est que pour vivre, il a besoin de choses qui existent qui constituent l’esprit de Jules, il sait en parler, les manipuler, etc.

    Ces choses, d’autres le font « chanter » pour qu’ils puissent les avoir: si tu ne fais pas cela, tu n’auras pas telle chose. Ce sont les maîtres de Jules qui est leur esclave. Ce n’est pas lui qui se rend esclave de ces choses, puisqu’elles étaient là et qu’il a été autorisé à les prendre. C’est l’avoir qui l’a rendu esclave, pas parce qu’ils ne devraient pas avoir ces choses, mais parce que ses maîtres « le font chanter » pour qu’ils puissent les avoir. Quand Jules est malheureux, c’est parce que ses maîtres le privent de ces choses. Il doit alors chercher qui il est pour savoir contre qui il doit se battre. De nos jours, les esclaves se battent pour n’importe quoi, pas pour eux.

    Supposons alors que Jules comprenne qui il est. Il ne pourra pas devenir maître, tout au moins, ce n’est pas forcément la solution, ce n’est pas d’être esclave qui rend Jules malheureux. Il ne pourra que se battre pour d’autres maîtres qui seraient peut-être plus gentils. Cela ne changera rien tant que les maîtres ne comprennent pas qu’ils « sont » maîtres, de la même façon qu’un roi « est » roi. Comme le montre Orwell, leurs ennemis, ce ne sont pas les esclaves, ce ne sont les esclaves qui font la révolution, mais eux-mêmes.

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