Enfer et Paradis

Ce bris, cette fêlure, celle qui emporta loin l’enfant de ses belles contrées, qui révoqua à tout jamais ce qu’il peut attendre de beau de la vie. Mélancolie installée avec l’impossibilité de la légèreté. Tout devient grave. Tout est une bataille. Le lustre et la splendeur des objets, de soi, du monde, disparus. Enfoui dans le passé déjà.

Mais qu’en est-il de celui qui jamais ne connu le paradis de l’enfance, de son lieu, de sa famille, de lui-même ?

Il se bat toujours pour atteindre ce Paradis que jamais il ne connut, il a encore au moins la chimère de l’absolu. Là est la force de celui qui jamais ne vécu une enfance apaisée, douce, belle, aimante. Celui que l’anxiété et la laideur des adultes vint broyer dès le plus jeune âge. Ce curieux mélange qui, je le pense, doit exister chez certains, donne une force impétueuse. Mais elle est souvent contrebalancée par la mélancolie d’avoir connu l’enfer, de ne pas avoir été aimé.  Ce qui le tétanise aussi.

L’un pleure ce qu’il a perdu, l’autre ce que jamais il ne connut. Mais leur différence se situe, sur la possibilité. Chez l’un, impossibilité, ange déchu. Chez l’autre, possibilité, absolution.

L’un ne voudra effacer ce qu’il a connu, ce grand Paradis, ce qui l’empêchera d’en construire un nouveau, d’aller vers l’apaisement. L’autre voudra l’effacer, et s’il y arrive, tout lui sera permis.

La route est la même, seul le chemin diffère.

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