Autoréalité : le spectacle est terminé.

Tout cela ne paraitra être qu’un divertissement, un divertissement parmi tant d’autres. Au mieux une série B de série B. Quelque chose qui servira à alourdir ou alléger l’âme du lecteur, ou du voyeur. C’est au final la même mécanique que les drames à la télévision, la satisfaction de ne pas en faire partie et la tristesse pour ceux qui en sont. Comme une nappe électronique douce et grave à la fois, avec ce fond de basse qui tient le sujet dans la langueur et la stridence du clavier qui l’électrise. C’est un peu ça. Un spectacle de plus. Celui d’un homme qui perd pied. D’une âme de poète brisée par la finance. Par l’impossibilité de publier son ouvrage chez un éditeur sérieux et dans la même dynamique, de trouver une galerie assez professionnelle que pour espérer vendre régulièrement. Une histoire tellement banale. Toole nous a déjà montré l’exemple.

La liberté, la recherche de cette liberté. Est-elle une chimère ? Souvent je me dis que je devrais écrire un vrai roman, avec une histoire qui se tient, quelque chose de vendable…mais je ne le peux non plus. Je le voudrais mais je ne le peux. Je suis condamné à la misère, mon âme.

Et puis tous ces artistes que j’affectionne sont morts depuis longtemps, je vis entouré de cadavres, de suicidés, d’overdosés. J’aurais dû réussir mes deux tentatives avant ma trentaine. Je me dégoutais tellement de ne rien avoir produit, de ne rien avoir fait, que je n’ai pu aller au bout. Sans doutes, me donnais-je une chance. Une façon de vérifier ma médiocrité sans-doutes ou de la pure couardise. Est-ce cela que de Staël ressentit ? Une fois sa lourde charge de travail accompli, ses génales visions venues et vécues, il se dit que rien ne put être plus grand. Il aimait l’Art plus que lui-même. Il avait réussi assez jeune à couper cette laisse. Génial insoumis. Comme tant d’autres artistes encore. Je pense que là est le moteur, l’anima de l’artiste, du vrai ; cette impératif qui fait exploser toutes les autres considérations. C’est fondamental. Le génie vient de là. De son impétuosité. De sa vision.

Et moi, je ne peux plus me regarder. Ni même me tuer. J’espère juste les rejoindre le plus vite. J’ai osé croire qu’enchainer les tableaux allait suffire. Qu’écrire allait aussi suffire. Qu’être productif était la solution. J’avais oublié le génie. Je n’en avais pas suffisamment.

Que ce piètre spectacle, ce mauvais jeu d’acteur se termine une bonne fois pour toute.

Il y aura bien d’autres choses pour vous divertir.

La détresse, implacable détresse, a bel et bien gagné.

Au diable la poésie.

Au diable la philosophie.

Au diable la peinture.

Seule la mort tient ses promesses.

Pauvre pitre.

4 commentaires sur “Autoréalité : le spectacle est terminé.

      1. Tu peints artiste sur ta poitrine et sur ton dos. Tu te balades en hiver à poil en centre ville et tu demandes à quelqu’un de te filmer et de dire aux flics que c’est de l’art pour qu’ils te fichent la paix. Enfin, tu postes la vidéo sur youtube ou tu l’envoies à des chaînes de TV. C’est une suggestion pas ce qu’il faut faire.

        Mais ce que je voulais dire… L’art est d’abord de l’artisanat. Quelqu’un qui peint des pâtés peut se dire artiste et être reconnu comme tel, mais ce n’est pas de l’art. Cela devient de l’art lorsque cet artisan peut montrer ce que les autres ne voient pas. Donc, si tu fais cela, quel que soit ce que tu penses de ton travail, tu es un artiste. Praxiteles était un artisan, Dali était un artiste (et un homme d’affaires à la fin). La distinction est que l’un montrait la beauté, alors que l’autre montrait ce qui ne se voit pas. Il y a une multitude de choses qui ne se voient pas, ce n’est pas nécessairement technique. Tu ne vois pas qu’un pneu est une pollution.

        Après, tu ne le fais pas pour toi, mais pour les autres, puisque c’est ce que les autres ne voient pas. Si tu le fais pour toi, tu peux être un artiste, mais tout le monde s’en fout, sauf peut-être les autres artistes. Les autres, c’est ceux qui peuvent l’utiliser pour promouvoir leur pouvoir, c’est donc à destination de ceux qui ont du fric, sauf si tu décides de promouvoir ceux qui n’en ont pas (qui se battent contre le pouvoir). Dans ce cas, tu n’auras peut-être pas de mécène. Rien ne t’empêche de le faire par la suite. Ceux qui ont le pouvoir ont un seul objectif en avoir plus et pour cela ils doivent le prendre à ceux qui en ont. Il faut donc que tu choisisses tes thèmes en fonction de ceux qui peuvent prendre le pouvoir aux autres. L’écologie semble un bon thème, Ceux qui ont du pouvoir peuvent faire plein de frics avec ça et prendre la place de ceux qui en ont plus qu’eux.

        Dans une société digne de ce nom, il n’y aurait pas de distinction entre le faire pour soi et le faire pour les autres. Mais, nous sommes des « rats » dirigeaient par ceux qui ont le fric.

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      2. Oui disons que j’ai envie de faire de l’abstrait car cela se vend plus facilement, peut-être que cela serait le prix à payer. J’avais dans l’idée de travailler sous mon vrai nom en abstrait. Je dois encore creuser. Pour la télé, c’est pas bête, héhé, je vais y réfléchir.

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