Le soubassement

Si j’avais empilé les moments de joie, ce que le commun appelle « le bonheur », ce mensonge marketisé, je n’aurais pas été digne de moi-même, de mon renouveau, de la Superbe. Maestria de l’âme.

Supprimer la souffrance ?

Non.

La tenir suffisamment éloignée et suffisamment proche que pour être métal en fusion.

Oui !

Furieusement.

Suspension et jetée

Je pense que le plus dur pour l’artiste est ceci : il ne suffit pas d’avoir l’âme d’un écrivain, d’un littérateur, d’un poète pour créer quelque chose d’intéressant. Là se jouera le sort du créatif. Il y a un terrible travail de pensée mais aussi de recul froid quant à son œuvre.

Il y a des jours où je me vois mauvais et d’autres extrêmement mauvais. J’ai le désert à traverser du matin au soir, et les quelques oasis de réconfort que je trouve s’assèche bien vite. Je me dois donc d’avancer, d’avancer, vers un hypothétique éden ; la satisfaction.

La solitude et l’éclair, mon territoire. Soit il me frappe, soit je frappe.

Jamais je ne suis épargné. Et lorsque la tension redescend, la grande question réapparait : « ai-je été un minimum bon ? ».

Considérations d’un peintre vitaliste

J’ai longtemps cherché de mon enfance à ma vie d’adulte ce qui donnait le sentiment d’une vie pleine et vécue. Tel un orphelin, je sentais un profond manque, j’ai longtemps tourné autour de cette raison de vivre. Un questionnement permanent. Sans fin. Mon milieu ne me permit pas de faire cette rencontre, de comprendre, je dus donc chercher par moi-même. Je suis passé par toutes les étapes mentales possibles. De la perdition à l’épiphanie jusqu’à la révélation journalière. Totale. Celle que je vis en ce moment.

Je naquis à 33 ans. J’avais énormément posé d’énergie pour arriver à cette naissance. De nombreuses recherches psychiques avaient été faites, j’avais déjà écrit assez bien, m’étais intéressé à de nombreuses formes d’art mais un jour, quelque chose en moi changea radicalement, quand je compris que l’aboutissement de ces recherches fut la création ; je devais créer. J’étais né pour créer. Penser. Créer. 

C’est en allant au Louvre que le doute ne fut plus permis. Je deviendrai peintre. J’avais déjà subi quelques chocs esthétiques et philosophiques en amont. De Bacon, Soutine à Benrath. De l’exposition combinée Basquiat-Schiele. Des lettres de Van Gogh à son frère Théo, de la philosophie de Nietzsche, de la littérature à la bande-dessinée etc. J’avais pour la première fois de ma vie l’impression de faire partie d’une confrérie. J’avais trouvé ; j’étais un créatif, un décadent exemplaire dans le sens où je compris que mes valeurs les plus hautes n’étaient pas celles de la société dans sa généralité. J’avais toujours été comme un étranger. 

Aussi, je peins pendant une année complète presque tous les jours, du mieux que je pus, dans une démarche assez féroce, totalement relachée. Très brute. J’avais acquis avec mes recherches et mon passé dans la Cutlure, une patte très personnelle. Un style néoexpressionniste est né. A ma grande surprise, beaucoup d’artistes me félicitèrent via les réseaux sociaux. J’eus un peu de succès et on me disait de continuer. J’en rencontrais “en vrai” aussi dans quelques expositions. Cette année-là, je peins une centaine de tableaux et ai réussi à vendre une petite dizaine de toiles à travers le monde. J’en fus très heureux et cela me confortait dans mon choix. 

L’année suivante en 2020, ma démarche fut plus contrôlée, je travaillais aussi bien dans l’abstraction que dans la peinture brute, celle-ci fut plus dépouillée et malgré tout plus sophistiquée. Je faisais énormément de portraits dits hallucinés. Pourtant, mon objectif initial était de faire une peinture dans l’esprit de Rotkho et de Benrath. Selon mon état d’esprit du moment, j’y arrivais. J’avais réussi à créer une très belle couverture pour plusieurs livres, et quelques toiles dans cette dynamique d’Ataraxie, ce que je recherchais initialement dans ma peinture. 

Aujourd’hui, je peux dire que je suis dans une démarche Vitaliste. Je travaille par la peinture au jaillissement, à la transmission d’états émotionnels, de la force vitale. Cette démarche est très spontanée, les toiles et les images sont pensées, et incubées en amont, par ce que je lis, je vois et je pense. Devant la toile, je ne sais ce que je vais faire. Je peux rester quelques heures dans une impasse pour y sortir d’un coup d’éclat. La toile changeant radicalement. J’aime beaucoup cette notion de risque et d’incertitude, d’accidents. A l’image de ma vie, c’est un combat avec obligation de victoire. 

Là est le Vitalisme, sublimer sa condition, son quotidien, par la création. Un plus grand soi. Toujours.

Lettre au résistant Eric Lenoir

Cher Éric,

Le combat que vous menez m’a beaucoup touché. Il me semble que le monde finira par se trouver en paix avec lui-même lorsqu’une masse d’hommes, de femmes, plus consciente d’elle-même, de ce qui la nourrit profondément, s’élèvera contre la marche glacée du Progrès. Mais qu’en est-il ? Qu’est-ce que cela pourrait être ? Pourquoi cette fameuse masse, pourtant si conséquente, si puissante, ne fait rien ? Elle est dans la critique réactionnaire quasiment systématique et si peu dans l’action.

Je pense que c’est bien là qu’il faut appuyer. Dire que les gens sont capables de fonder de belles et grandes choses plus en accord avec le « Cosmos », avec eux, car c’est bien de la forêt mère que nous venons. Quel est notre rôle sur cette terre ? Accumuler sans fin en détruisant le vivant ? Bien sûr que non, je ne vais pas vous l’apprendre. Aussi, je crois que nous devons continuer en ce sens, la révolution est là, d’abord en nous et c’est bien cette masse qu’il faut élever et extirper de ce monde marketisé. Une autre économie est possible. Loin de ce que j’appelle le consommateur-consommant. Le zombie contemporain. Ce que je combats fermement.

Je suis très heureux et très fier de vous faire parvenir mon livre, il est la synthèse à la fois effroyable et libératrice de ce que j’ai ressenti et compris de ce Temps. Je ne me suis pas amusé à l’écrire, il s’agit là comme d’une obligation, une mission, comme vous je le suppose avec votre grève de la faim. Je me suis rendu compte après l’avoir fait publier qu’il s’agissait d’un livre militant. Il est à croire que notre sort me touche beaucoup plus que je ne le pense.

Je vous remercie pour votre attention et vous souhaite énormément de force et de courage pour la suite de votre combat. Il nous faut de grandes et des idées fortes, de la pratique et de belles âmes. Que cela devienne la norme. Force et courage.

Chaleureusement,

Julien Montironi

Sortie de mon livre « Le Grand Nihilisme »

À la Une

Je suis très heureux de vous présenter mon premier livre. Vous pouvez le retrouver ici en précommande. N’hésitez pas à mettre une grande pièce. Il n’est pas évident pour les jeunes auteurs de faire leur trou. Je vous remercie d’avance.

« Un artiste ne peut pas se contenter d’une vie épuisée, ni d’une vie personnelle. On n’écrit pas avec son moi, sa mémoire et ses maladies. Dans l’acte d’écrire, il y a la tentative de faire de la vie quelque chose de plus que personnel, de libérer la vie de ce qui l’emprisonne. Il y a un lien profond entre les signes, l’événement, la vie, le vitalisme. C’est la puissance de la vie non organique, celle qu’il peut y avoir dans une ligne de dessin, d’écriture ou de musique. Ce sont les organismes qui meurent, pas la vie. Il n’y a pas d’œuvre qui n’indique une issue à la vie, qui ne trace un chemin entre les pavés. Tout ce que j’ai écrit était vitaliste, du moins je l’espère… »(Gilles Deleuze). 

Le Grand Nihilisme, opuscule affuté, bref (une quarantaine de pages) dans la longueur mais dense et lointain dans la vision s’empare de l’esprit de notre Temps pour en faire un nectar à haute valeur psychique. J’ai rallumé ce que cette Civilisation avait éteint : la Force Vitale, la Foi, la Puissance, tout ce qu’elle a liquidé de Noble pour remettre l’Humain au centre. En ce sens, il y a plusieurs étapes à ressentir pour arriver à devenir soi, ce cheminement passe de l’effroi à la joie la plus pure, la compréhension de soi et du système dans lequel nous sommes. 

Dans ce livre se trouve une synthèse de ce que j’ai compris et ressenti de cette époque. Cet ouvrage se veut être comme une mesure sismographique de la Postmodernité. Il oscille entre poésie, littérature, et philosophie. Dans le ton, et la vision, je pourrais dire qu’il est la prolongation de la société du spectacle de Debord, et de l’esprit révolutionnaire de Nietzsche. 

J’espère que mon ouvrage aidera le lecteur à dépasser le Nihilisme de ce Temps.

Je vous remercie pour vos partages et votre soutien.

Julien Montironi

Des truelles de Misandrie

Que le ciel et les ténèbres se déchaînent au maximum de leur puissance. Je n’ai, en essence, jamais obtempéré à toute cette parodie. J’ai été bon et serviable avec toutes et tous, et qu’ai-je vu ? Toujours plus de haine, toujours plus de crasse, toujours plus de porcs. Ils dégoulinent, ils giclent, tout ce qu’ils savent faire ; dégouliner, gicler de leur transpiration purulente et leur sperme puant. A bavasser tous satisfaits de leur supériorité.

Et l’Art. Au feu l’Art, désincarné. On en a fini avec la peinture dans la postmodernité, on en a fini avec le Beau, on en a fini avec le sacré. La Poésie. Au feu ! La consommation. Le Divertissement. Hanounaïsés.

Et Les femmes ? Qu’elles se révoltent, aujourd’hui plus personne ne se révolte, ils pensent se révolter mais que font-ils ? Du canapé. Des cris d’arriérés. Le retour de l’obscurantisme de tous côtés. Et ça veut être fort, ça veut être ci, ça veut être ça. Et ce n’est rien. Tout bonnement capable à ne faire rien d’autre que de gueuler et l’esprit s’en va, l’esprit est crevé au bord de la route tel un corps explosé, dégoulinant de tous côtés. Rien d’autre qu’un animal empilé sur l’infini charnier de l’Humanité.

Donnez-leur de la bienveillance et de l’amour, ils vous crèveront.

Ils ont laissé crever Van Gogh.

Ils ont crucifié le Christ.

Ils ont assassiné Modigliani.

Les femmes ne font pas la guerre, et si c’était finalement cela leur problème ?

Le surhomme est pourri

Pourquoi ne peut-on plus faire confiance à personne ? Car tout est gangrené, du système de santé, à l’agriculture, en passant par les agences de presse. Telle est la démocrature, rien n’y est plus fiable, le mensonge est devenu la norme, des politiciens aux « philanthropes ».

Nietzsche avait pressenti la fin de la force vitale occidentale ; son suicide, sa propre liquidation.Tout se réalise et plus encore. Le surhomme sur lequel il pariait tant, est devenu un réactionnaire consuméro-utilitariste, un psittacidé tout fier de sa vérité…un consommateur-consommant.

Il y a bien là quelques résistants, toujours moins nombreux car c’est un enfer dément qui est à entreprendre chaque jour, loin des petits recyclages de poubelles qui donnent bonne conscience…

Post 68

Cet attentant a été ce que l’on peut appeler : le choc des cultures. Derrière les caricatures Charlie il y a toute une culture underground de la BD, qui prend une partie de sa source dans le comics américain tel que Crumb le pratiqua, en ce sens c’était totalement révolutionnaire et allait totalement à l’encontre des pratiques rigoristes de certains religieux, de la vision des extrémistes. Mettez-les deux sur le même territoire…et voyez l’impossibilité.

Charlie était taillé pour des gens qui connaissaient bien Hara Kiri, le professeur Choron et qui savaient que derrière le bête et méchant, la provocation, il fallait être armé intellectuellement, avoir un minimum de culture graphique. Malheureusement la BD est souvent reléguée à des petits dessins pour enfants, c’est pourtant certainement l’un des derniers espaces révolutionnaires, celui qui n’est pas censuré en amont par une instance tel que le « Comics Code Authority » le fit milieu du siècle dernier. Les petites vignettes ont toujours eu cette faculté là. Des premiers dessins érotiques partagés sous le manteau les siècles derniers à Maus d’Art Spiegelman.

La couverture avec Stromae m’avait touché mais cela fait partie du jeu et jamais je n’aurais voulu leur mort car dans le fond ce ne sont que de bêtes dessins, comme ils le disent. Aussi en étant touché, cela marquait quelque chose que l’on possède en soi, la sensibilité sur certains sujets par rapport à d’autres, révélateur et amenant à questionnement.

D’ailleurs pour tout dire, je n’ai jamais réellement aimé Charlie, je l’ai toujours trouvé graphiquement vulgaire, grossier, peu fin, cruel aussi. Une question de goût. Pourtant, je l’acceptais car je savais d’où il venait, le prix civilisationnel qu’il a fallu pour avoir cette liberté, aussi c’était un joli pied-de-nez au rouleau compresseur qu’est la culture de masse, celle qui n’est là que pour divertir, conforter le consommateur dans ses propres croyances. De plus il fallait un extrême courage pour attaquer les sujets comme ils l’ont toujours fait, cela flirte avec l’Art Total, de très près.

Cet attentat fut encore un indicateur que nous sommes de moins en moins dans le pays des libertés.

Un jour quand, nous aurons perdu face aux tyrannies, vous vous rappellerez que des gens comme nous furent là, et on fait ce qu’ils ont pu, qu’ils étaient bien seuls, qu’ils ont été lâchement abandonné par la masse qui préféra se soumettre à la peur alors que nous avions largement le pouvoir pour construire quelque chose de plus beau.

On se souviendra que les dessinateurs de Charlie furent assassinés pour des libertés dont ne savions déjà plus jouir.

Mai 68 mort et enterré.

Cancer Culture

Certains sont faits pour enrichir la Culture, d’autres pour l’effacer. Tout comme la critique, il est toujours plus aisé de déconstruire que de construire. En ce sens, c’est le dépassement par l’effort que l’on met en avant, une certaine abnégation, ce qui est extrêmement compliqué quand on est dévoré par la haine, le ressentiment.

Quel projet proposent-ils ? Détruire des statues, changer les noms de livres, interdire la parole de ceux qui ne pensent pas comme eux ; ce qui est la grande spécialité des « ouverts d’esprit ». Est-ce donc cela la fameuse inclusion ? Symboliquement c’est assez raté. Le fondement de ces actions est très simple ; les dominés veulent devenir dominants, et comme le sentiment d’appartenance à une grande civilisation, à de grands lendemains, à un destin commun, est très effrité c’est le moment d’agir. Il faut donner le coup de grâce aux oppresseurs.

C’est comme cela que les civilisations meurent, de l’intérieure, par un remplacement des valeurs traditionnelles. Cet espace laisse place à de nouvelles croyances, de nouvelles façons de se comporter, ce qui débouche à de nouveaux modes de vie. Rien de bien extraordinaire. L’évolution tout simplement. Des forces en affrontant d’autres.

Le Capitalisme a pris quelques coups et si il tombe, c’est bien le chaos qui nous attend. Car ceux qui veulent prendre la place des maîtres n’en n’ont pas l’étoffe ; voyez déjà où nous en sommes aujourd’hui par la liquidation de tout ce qui pouvait donner de l’esprit à la vie humaine, ceci écrasé par la société du spectacle.

Ce qu’ils appellent Culture est du divertissement. Ce qu’ils appellent enseignement est de l’uniformisation. Ce qu’ils appellent consommation est destruction de la planète. La Néguentropie de Stiegler est sans doutes une chimère à l’heure du Postmodernisme car on ne peut continuer à créer du PIB à notre vitesse dans un modèle respectueux de la « Nature ». Cela va totalement à l’encontre du logiciel économique créé de concert avec l’industrialisation.

Mais pourtant, Noblesse Oblige, les décadents exemplaires s’ emploient à construire d’autres fondations, non pas pour l’image écolo toute politicienne mais pour l’extrême beauté de ce qui nous a engendré ; le Cosmos.

Ne pas être dans de petits calculs mesquins. Créer un nouveau patrimoine tout en n’oubliant pas la laideur de certaines parties de notre histoire, de l’histoire humaine en général. Pour qu’un jour peut-être, de nouvelles statues, plus belles je l’espère, soient érigées aux côtés des anciennes.

Ce qui, dans le fond, est bien futile par rapport à l’enjeu du début de notre siècle : renverser l’Anthropocène. Éteindre le Pyrocène.

Petite interlude dantesque face à la démence généralisée

Vibrations, des vibrations, des grincements, cela couine, cela pue. L’époque. Ils désinfectent mais la crasse rutile, elle pourrit toujours plus l’atmosphère, elle est fière de sa bêtise, de son incurie face à ce qui est plus grand qu’elle. Elle est décomplexée. Satisfaite, elle est autosuffisante, et elle se pâme de toute sa laideur boursouflée d’opinions débilitantes, à pourrir le reste. Psittacidés. La masse ! Ils ont gagné. Le confort est là. Ils ont plus de temps pour eux que jamais ils n’en ont eu, et qu’ont-ils fait ? De l’abrutissement. Du divertissement. Ils mangent les cadavres. A manger les cadavres. Ils sont bons les cadavres. Broyés à la chaîne, produits par des miséreux aux dents longues en putréfaction de leur amour pour le Capital. Ils puent la mort. Ils en jouissent du tumulte de la douleur, des cris dans les cages, les fientes accumulées, des gorges coupées, des enfants dans les champs. Des dollars. Des dollars. Ils en jouissent à créer des besoins. Le progrès. Ils appellent cela le progrès.

Des porcs ! Mais les porcs sont plus fins que les vrais porcs. Ceux qui ont les cartes et qui ont toujours deux trois coups d’avance. Ils nourrissent la démocrature. De leur panse alourdie de bêtise et d’avidité, ils en rigolent.

Du plastique dans l’estomac, des pesticides dans la cervelle. Oh qu’ils sont biens les civilisés. Les civilisés. A bêler « Nous ne sommes pas des moutons, vous êtes les moutons. Et les autres bêlent la même chose ; nous ne sommes pas des moutons, vous êtes les moutons ». Et ils sont satisfaits de leurs produits griffés, qui leur dira à quel point ils sont dans le coup. A quel point ils sont au-dessus de la masse alors que des millions se disent la même chose avec même ou quasi-même produits. Ils ne sont pas des moutons ! Uniques, uniques, ils sont tous satisfaits d’être uniques.

Et les porcs, les vrais porcs en rigolent.

Crucifixion

C’est en comprenant le rôle de la culture du sol, du rôle des aliments sur notre physiologie, que l’on se comprend soi et la vision d’une société. La charpente psychique, le circuit nerveux, affaiblis par les aliments vides de nutriments.

Ceci est une boucle ; qui choisit d’être sain produira des choses saines et solides. Qui répand du poison est déjà poison pour lui-même.

Hors aujourd’hui, tout ce qui est pour les masses est abêtissement, de faible qualité. Telle est la vision du monde moderne. Pulvérisation chimique dans les corps et les cerveaux.

Ils misèrent sur la bêtise. Ils crurent en sortir gagnants. Ils se condamnèrent eux-mêmes ainsi que leur descendance. Mais le Capital dans le fond était bien leur religion. Ce qui ne leur laissa aucun gout amer puisqu’ils eurent leurs piscines et leurs voitures.

Leurs millions.

Leurs milliards.

 

Asservissement des masses.

Atomisation de la Nature.

 

Vulgaires pantins télévisés.

Haute culture

Il y a plusieurs dégénérescences. Celle qui amène à la raison toujours plus froide, celle qui amène à la création toujours plus folle, celle qui amène à la passivité toujours plus molle… Certains enfermements sont plus libérateurs que d’autres. En ce sens tout libère et tout enferme. C’est à chacun de comprendre sa charpente psychique. Se déchirer sans cesse pour devenir une meilleure version de soi.

Tout a toujours été pareil

Houellebecq comprend parfaitement le nihilisme de cette époque. Celle où la marchandise a tout engouffré. Celle où la seule possibilité, le seul avenir, le seul espoir est toujours plus de PIB. Il a compris que nous ne sommes plus considérés que comme des variables économiques.

Le nouveau monde venant est pire, il est celui de la technocrature. Le Covid-19 tombe à pic pour endiguer toute tentative de manifestation. Traçage et puce sous-cutané.

Tout sera encore plus faux. Plus froid. Plus marketisé. C’est notre monde. Un monde en kit où les rêves communs sont voitures de luxe, vacances en chaîne, grosse villa…

Celui des conteneurs entassés, des animaux piétinant à mort leurs enfants dans des espaces dignes de camps de concentration, du gadgdetisme, du jetable. Tout tout de suite.

L’Europe n’est plus qu’une succursale, un grand marché ouvert où les âmes sont liquidées par la publicité et la finance. Le monde qui vient sera encore plus superficiel.

Ils préparent déjà des publicités Coca-Cola dans le ciel.

Faîtes vos jeux

Personne n’a le pouvoir de contrer le neolibéralisme, le capitalisme, et donc les multinationales.

Game Over.

Ce n’est pas Jean-Marc et son équipe de bras cassés qui vont aller dire à Elon Musk et Bill Gates quoi faire.

Game Over.

En ce sens, il vaut mieux ne plus penser à l’Anthropocène car peu importe le système adopté, nous y serions certainement arrivés. Un communisme ou un nazisme (Hitler était végétarien) généralisés seraient arrivés au même résultat.

Il est donc important pour chaque citoyen (qui le veut) de vivre dans une réelle communauté résiliente. Un travail titanesque car c’est à partir de la ruralité, de l’individualisme qu’il se faut travailler. Se réapproprier ce que l’idéologie dominante (américanisée) nous a désappris.

La fameuse économie de la Connaissance. (faire pousser ses légumes est semblable à imprimer sa propre monnaie, cela n’est que la base).
Darwin parlait de la valeur cruciale, décisive, de l’entraide de l’espèce, c’est au citoyen de la remettre à la place qu’elle mérite. Un court-circuitage.

Faites vos jeux.

Lettre à la Jeunesse ; le monde qui vient

L’espèce humaine est avant tout une anomalie génétique. Ce qui explique son impossibilité à vivre en communion avec son environnement. Sa sélection n’est plus naturelle depuis longtemps mais elle le redeviendra petit à petit. Cette anomalie a débouché sur des vices de plus en plus grands sous couvert du « Progrès » et de sa superpuissance autoproclamée.

La Barbarie ne fût plus celle des peuples tribaux mais celle des machines. De la dette et des produits hypertransformés. Et le plus drôle, c’est que les pauvres diables croient encore pouvoir y faire quelque chose. Ils ne comprennent pas les forces qui les régissent. Elles sont outremers. Dématérialisées. Financiarisées. De la planche à billets aux graines F1 vides de nutriments dans leur assiette. Oui, ils ont tout mais presque plus rien n’a de goût ni de nutriments. Comment pourraient-ils le savoir ? Eux qui ne connaitront bientôt plus que cela.

Ce qu’ils font aujourd’hui, leur discussion pleine de bon sens revient à gigoter, du vent. Pour les plus actifs, cela revient à faire les choses pour le beau jeu, un baroud d’honneur, noblesse oblige. Mais la masse l’emporte toujours. La masse veut du pain et des jeux. Comme toujours : de la télévision et de la junkfood aujourd’hui.

Cette période est celle de l’âge des conséquences. Et ne croyez pas résoudre les problèmes avec ceux qui ont cautionné cela pendant plus de 40 ans. L’appauvrissement de la pensée. La précarité de la jeunesse, des travails les plus utiles, les plus pénibles. Le cynisme et la satisfaction des élites. La disqualification toujours plus grande des intellectuels du débat public, des vrais, n’a même choqué personne. C’est un état de faits. C’est comme ça. Pas d’existentialisme. Cela en ramènerait trop au Néant de leur condition.

Aussi ils prennent plaisir à se moquer d’une fillette à propos de son physique alors qu’elle ne fait que crier son désarroi du monde qui vient, toujours plus déshumanisé, toujours plus soumis au profit et au Capital. Elle n’a pas l’âge requis. Pas l’expérience. Le formatage n’a pas encore totalement eu lieu car l’adolescence est la période de l’utopie et des rêves et on lui en voudrait de vouloir un monde plus sain…sous prétexte de son âge…il aurait peut-être mieux valu qu’elle se rêve en star de la téléréalité…ah que le monde des adultes est terne, gris, sans passion. Désenchantés. Pourtant ils ont été jeunes aussi…

Si le peuple veut et particulièrement le jeunesse (car elle est la première concernée) veut changer quoi que ce soi, c’est dans la rue qu’il faut aller. Systémiquement il n’y a comme ça que ça que ça marche.

Les bons sentiments et l’optimisme béat n’ont jamais suffit. Aucune révolution. Aucun changement ne s’est jamais fait que dans le sang et la douleur. Mais la démocrature est si forte et les possibilités politiques sont tellement inexistantes que même cela est une utopie. Une révolution s’appuie toujours sur des concepts forts et des leaders révolutionnaires en termes de charisme et de vision. Même cela, notre époque ne sait plus en produire.

Dans vingt ans. Voltaire, Sénèque, Nietzsche, Aurèle, tous les grands philosophes, les grands sages, les grands écrivains seront totalement enterrés. Là sera le clap de fin du grand Nihilisme.

La première mission d’un être humain en 2020 est de sortir du rôle qu’on lui a donné ; celui de Consommateur-consommant.

 

La fin d’un Monde

Le gros problème quand tu es un citoyen lambda, c’est que presque personne ne t’écoute. Et puis ça arrive. Et plus vite que prévu. Au travail on te prend pour un mandaï sous prétexte que tu es plus jeune, peu d’expérience et blablabla, de plus tu ne fais pas partie de la classe supérieure alors pourquoi t’écouterait-on ? Exécute et ferme-la. Fais de l’oseille. Ailleurs on te prend pour un illuminé car tu ne penses pas dans les clous depuis ta prime jeunesse. On te dit c’est comme ça qu’il faut faire. Et pas autrement. Penser c’est un truc d’aristo à la con.
Il y a bien là un malheur ontologique pour celui qui n’a pas la chance de pouvoir faire l’ENA comme monsieur Attali ou de faire partie des cercles d’influences. L’intelligence est avant tout une malédiction pour celui qui n’est pas dans le bon système.
Tout jeune, on nous apprend à jouer petit, vivre petit, penser (si tu as cette chance) petit. Voir petit. Au pas ! Il faut bien de la chair à canon. Tout ce que l’on vous demande, c’est de consommer toujours plus, ce n’est pas bien compliqué. Tu exécutes. Tu consommes. Puis tu crèves avec ta petite pensée étriquée et ta vie d’occidental sous pilotage automatique jusqu’à ton cercueil.
Tourisme de masse. Produits de masse. Culture de masse. Et puis tout fier, l’occidental se croira exceptionnel, bouffi par la publicité. Il est spécial ! Oh oui, spécial !
La dernière croyance : le marché. Tombe. Dieu est tombé. Ce que l’on appelle la « Nature » tombe.
En prônant un hédonisme débilitant, l’Homme a érigé sa propre tombe. Où il demeura avec toutes ses chimères et toutes les civilisations qui l’ont précédé, c’était plus que prévisible puisqu’il est programmé pour cela : le parasitage.
Il dira bien que non, il est tellement anthropocentré que pour le comprendre, pourtant, c’est comme cela que ça se passe.
Conquérir. Détruire. Construire.
Mais son savoir et sa sagesse ne sont pas suffisants que pour arriver à faire quelque chose qui s’intègre dans le Cosmos. Il ne voit que la Nature que comme une ressource alors qu’elle est un système complexe que personne ne comprend vraiment.
Lui qui ne se comprend déjà pas lui-même et qui, pour les plus sages, se demande comment nous avons pu en arriver là…

Petites considérations d’un peintre Vitaliste : un

Je reste ébahi par le résultat que donne le laisser aller presque total à la pratique. Comme Breton l’avait tenté avec les surréalistes, la peinture automatique, l’écriture automatique. Il s’agit de faire ressortir des siècles d’humanité dans l’acte, ne plus vouloir le contrôle, chercher l’accident, sortir de la rationalité. L’oubli de soi sans doutes. Sans garantie de résultat. Mais à l’image du Cosmos, l’intelligence innée se met en route, les lignes de codage gravées dans l’individu lui permette d’aller toujours plus loin en lui. Quelle chance est-ce que de pouvoir s’étonner soi-même.

Finalement, ce n’est pas son histoire que le Vitaliste peint ou écrit, c’est celle de l’Humanité.

Une histoire de fantasmes et de mystique.

Un besoin d’irrationalité.

C’est bien des entreprises les plus folles que naissent les plus grandes découvertes.

Une fois cela posé, il y a la cap à garder.

Fata Morgana

Toute la différence est dans l’être et le faire. Faire le poète. Être poète. Ce n’est pas un passe-temps. Une gentille lubie. Chaque grade se mérite. Ce n’est pas une histoire de succès mais d’impératif, de pression, de vie ou de mort.

Tant de fois je suis mort pour arriver à écrire une phrase qui vaille la peine d’avoir été écrite. Car les grands écrivains, les grands poètes, les grands philosophes, sont des totems, qui de leur superbe nous toisent et se rient de nous.

Ecris mon petit.

Ecris ma petite.

Nouvelle peinture européenne

L’énorme place faite aux peintres de légende me rendait de plus en plus circonspect. J’étais sorti de le lecture « En finir avec la peinture ». Et avec le temps, j’avais vu à quel point les américains sont loin de ces débats mortuaires. Les européens continuent à glorifier les génies d’antan et ne portent presque aucun intérêt à leurs contemporains (c’était déjà le cas en 1870 avec les impressionnistes, vous me direz) tandis que les américains continuent à vivre la peinture de leur époque, sans pour autant oublier les artistes anciens. Cela se voit très fortement sur les réseaux sociaux, il y a chez eux énormément de mouvements dans la peinture, dans la promotion de celle-ci, des institutions la défendant jusqu’aux artistes eux-mêmes, énormément de fraicheur vient de chez eux. La passation dans les années 1940-1950 s’est faite là, dans leur fraiche vision de la création. Les guerres ont peut-être tué notre faculté à voir libre et grand. A vivre l’Utopie d’autre chose.

Je dois bien l’admettre, les américains nous dominent, et pas simplement là, malheureusement. Culturellement, la peinture européenne post-moderne, contemporaine donc, est balayée par celle-ci. Son image et sa présence sont quasiment nulles. Entre les galleries, les salles de ventes, qui font leur beurre sur les artistes morts, et les musées qui sont dans la même dynamique. La bataille moderne est gagnée par les américains, et de loin. Dans les faits, il n’y a plus de bataille. Basquiat a donné le coup final.

Etant certain que notre peinture vivait encore, connaissant quelques artistes de qualité, j’ai donc décidé de promouvoir celle-ci. Pour commencer, je regroupe les artistes qui ont une vision propre, assez puissante, et une démarche picturale frappante pour les ramener sous la bannière de la « Nouvelle peinture européenne ». L’objectif est de mettre en avant les artistes vivants pour montrer que chez nous, la peinture se fait toujours et avec beaucoup de panache. Qu’elle est loin d’être morte. Que c’est plutôt, notre politique culturelle qui l’est. Et la vision globale de l’Europe sur elle-même.

Cette idée m’est venue à la suite d’une vente de l’un de me tableaux à Détroit mais aussi grâce à la pensée d’une dame qui me dit que j’étais bien trop entouré d’artistes morts. Après réflexion, je ne pus qu’acquiescer. J’ai donc décidé de changer de logiciel. Pour marquer cela, j’ai lancé la page Facebook, Instagram, et Twitter de la « New european paintings » et j’espère développer d’autres ressources à mon mouvement.

En avant, les vivants.

 

(Peinture de J. Atarax Montironi, la Nouvelle Religion, média mixte sur toile, 115cmx75cm, 2019)

Instagram: https://www.instagram.com/neweuropeanpaintings/

 

 

Mélodie spectrale

Je ferme les yeux.

La réalité me file entre les doigts.

J’ouvre les yeux.

 

On me dit que j’ai l’air bien.

Je vois des spectres.

Je tremble.

 

L’anxiété me mange, elle n’est jamais repue.

Elle me veut moi.

Quoi que je fasse, elle est là.

Elle me torture. M’électrise. Me tabasse.

 

Pourquoi ?

Je n’ai rien fait de mal.

Est-ce moi ?

Est-ce moi le spectre ?

 

Je tremble.

J’encaisse ses coups.

 

Je tiendrai debout,

acouphènes ou pas.

 

Furie du damné

En ce début d’année, aucune mièvrerie ne me vient à l’esprit. Avec le temps passant, j’ai pu faire l’amer constat que les bons sentiments ne suffisent pas. Les bonnes paroles, les résolutions…

Il y a bien de nombreuses forces qui jouent avec et contre un Homme. En cela, avoir un vœu le plus cher, donner le maximum pour l’atteindre n’est pas suffisant. Il y a un espace entre l’énergie donnée par la personne et la réception de celle-ci.

Le plus grand traquenard est là. Que tout ce que vous donniez ne soit qu’un cri dans le désert ou pire que vous vous réjouissiez de vos actes avec des inconséquents. Combien se donnent l’apparence de grands écrivains, de grands artistes, d’être formidables, à surjouer devant une foule de crédules, bassinée à la culture de masse. Qui ne savent même imaginer ce qu’est l’impératif de la pensée, de la création, de ce qu’elle implique comme souffrances et pressions mentales, et ce journalièrement.

Puis lorsque la logique médiatique, marketisée, et plus profondément la logique vaniteuse est démasquée. Il ne reste rien de l’anima artistica. Ce n’était là que du divertissement. Comme la plupart des fruits de notre époque; vide de nutriments.

Beaucoup de grands artistes sont morts jeunes.

Ils avaient bien trop à dire pour ce monde-ci.

On préfère l’image du vrai au vrai, elle est bien plus confortable.

Le vrai artiste est avant tout un damné.

Sa propre damnation démultipliée par son environnement, de ce qu’il lui donne ou ne lui donne pas.

Un cri puissant dans le Néant.

Le livre du monde et de mon être

Cette belle expression ici apposée en titre est tirée du livre « Siddhârta » d’Herman Hesse.

Elle m’a frappée ; tout ce que j’ai fait depuis ma naissance peut se résumer à cela. Et c’est simplement la suite, les effets, ce que l’on appelle le sens utilitaire qui n’a pas répondu totalement à mon labeur, à mes attentes, qui m’ont déçues. Il fallait s’en détacher de ses attentes, et je le sais depuis longtemps.

Comme Nietzsche le disait si bien, il faut éviter de penser après un travail exténuant car à ce moment, quand la chape de plomb de la fatigue vous tombe dessus, on peut très vite penser très durement, très froidement, mortellement, tomber dans des affres sans fin de tristesse, quelque chose de physiologique se joue dans le corps, je pense. Ce que Cioran vécut en étant privés de sommeil. Mais le doute demeure, si j’étais dans une situation économique confortable, qui me permettrait de créer infiniment. Aurais-je toujours cette envie, cette furieuse envie, dévorante envie ? Je ferais sans doutes des choses plus douces, certainement. Soit.

Cette année fut très laborieuse. J’ai énormément travaillé, j’ai peint énormément, près de 80 toiles. J’ai aussi continué à écrire, envoyer mes manuscrits ça et là, sans succès. J’ai aussi très peu d’appui, donc je me trouve dans une extrême solitude, c’est-à-dire que je n’ai personne, pas de réseau, personne avec qui partagé réellement l’effervescence de la création, et cela joue sans doutes aussi. Soit.

Cela ne m’empêchera pas de continuer non plus. J’accepter d’être ce que j’ai toujours été ; un wagon fou dans des montagnes russes qui cliquotent de toutes parts.

Il ne suffit que d’un geste.

Que d’une rencontre.

Que d’une seconde,

pour que les ténèbres ou le sublime adviennent.

Mais il me souvient que cette vieille force, celle qui fait la vie décidera du moment, ne dépend pas entièrement de moi. Non. Autre chose. Il y a autre chose. Oui.

Souffle vital, ne me quitte pas.

Fais juste en sorte que je puisse encore brandir ta grandeur quelque temp encore.

Que fièrement au moment de ma mort, je puisse me dire le sourire aux lèvres.

« J’ai été autre chose qu’un surnuméraire ».

 

Autoréalité : le spectacle est terminé.

Tout cela ne paraitra être qu’un divertissement, un divertissement parmi tant d’autres. Au mieux une série B de série B. Quelque chose qui servira à alourdir ou alléger l’âme du lecteur, ou du voyeur. C’est au final la même mécanique que les drames à la télévision, la satisfaction de ne pas en faire partie et la tristesse pour ceux qui en sont. Comme une nappe électronique douce et grave à la fois, avec ce fond de basse qui tient le sujet dans la langueur et la stridence du clavier qui l’électrise. C’est un peu ça. Un spectacle de plus. Celui d’un homme qui perd pied. D’une âme de poète brisée par la finance. Par l’impossibilité de publier son ouvrage chez un éditeur sérieux et dans la même dynamique, de trouver une galerie assez professionnelle que pour espérer vendre régulièrement. Une histoire tellement banale. Toole nous a déjà montré l’exemple.

La liberté, la recherche de cette liberté. Est-elle une chimère ? Souvent je me dis que je devrais écrire un vrai roman, avec une histoire qui se tient, quelque chose de vendable…mais je ne le peux non plus. Je le voudrais mais je ne le peux. Je suis condamné à la misère, mon âme.

Et puis tous ces artistes que j’affectionne sont morts depuis longtemps, je vis entouré de cadavres, de suicidés, d’overdosés. J’aurais dû réussir mes deux tentatives avant ma trentaine. Je me dégoutais tellement de ne rien avoir produit, de ne rien avoir fait, que je n’ai pu aller au bout. Sans doutes, me donnais-je une chance. Une façon de vérifier ma médiocrité sans-doutes ou de la pure couardise. Est-ce cela que de Staël ressentit ? Une fois sa lourde charge de travail accompli, ses génales visions venues et vécues, il se dit que rien ne put être plus grand. Il aimait l’Art plus que lui-même. Il avait réussi assez jeune à couper cette laisse. Génial insoumis. Comme tant d’autres artistes encore. Je pense que là est le moteur, l’anima de l’artiste, du vrai ; cette impératif qui fait exploser toutes les autres considérations. C’est fondamental. Le génie vient de là. De son impétuosité. De sa vision.

Et moi, je ne peux plus me regarder. Ni même me tuer. J’espère juste les rejoindre le plus vite. J’ai osé croire qu’enchainer les tableaux allait suffire. Qu’écrire allait aussi suffire. Qu’être productif était la solution. J’avais oublié le génie. Je n’en avais pas suffisamment.

Que ce piètre spectacle, ce mauvais jeu d’acteur se termine une bonne fois pour toute.

Il y aura bien d’autres choses pour vous divertir.

La détresse, implacable détresse, a bel et bien gagné.

Au diable la poésie.

Au diable la philosophie.

Au diable la peinture.

Seule la mort tient ses promesses.

Pauvre pitre.

Damné

Je perds tout doucement la raison, ce que l’on appelle le sens du commun, de la vie pratique. S’il n’y avait pas ma compagne et ma fille, tout serait différent, je suis tiraillé entre mes responsabilités et mon impératif catégorique, la création, depuis tout ce temps, j’ai travaillé pour amasser un peu d’argent, pour que l’on puisse vivre. J’en suis psychiquement tombé malade. Cela a craqué. Et cela craque encore, et toujours plus. Je donne le meilleur de moi-même, mais pas entièrement où je devrais le donner ; je joue sur tous les tableaux, et je me détruis à vouloir garder l’équilibre pour la famille. Déjà tout jeune, je m’empêchais cela. Mon milieu ne permettait rien, et je n’ai su brisé mes chaines.

Sans doutes, me manque-t-il quelque chose de fondamental. Que cela soit dans mes écrits ou par mes peintures, rien ne vient réellement. De petites satisfactions mais globalement je reste où je suis, dans ce que les anglophones appellent « la rat race ». Je suis dans la course des rats ! Un rat. En bas de l’échelle. De la pyramide du monde. Je fais ce que je peux pour garder l’équilibre financier, donner un sentiment de sécurité à ma famille. Et cela me coute depuis 10 ans maintenant mon énergie créatrice. Je n’ai rien publié. Je ne trouve pas un professionnel qui s’intéresse à mon travail pictural. Je ne dédie pas ma vie à la création alors que c’est mon vœux le plus cher. J’espère encore arriver à quelque chose mais force est d’avouer que je vieillis irrémédiablement et que je ne peux produire autant que je le voudrais, ni vendre autant que je ne le voudrais. Vu que j’ai des obligations, et que j’ai choisi de les respecter. Il ne s’agit pourtant pas là de devenir riche mais simplement de pouvoir peindre et écrire sans cette guillotine, celle qui à chaque fois me tranche la tête, en la faisant rouler vers mes responsabilités. Me donner une impossibilité de me fondre entièrement de la création. De pouvoir y exceller, je sais que je le peux. J’ai déjà prouvé sur un court laps de temps que je le pouvais.

Qu’il est rude le tempérament d’artiste, et particulièrement celui qui n’a pas été assez égocentré que pour embrasser totalement cette voie, et ce, quoi qu’il en coûte. Monet tenta de se suicider deux fous, il finit par tuer sa femme d’épuisement, sa première. Il était prêt à cela. S’en est-il rendu compte ? Je ne le sais. Ce que je peux dire, c’est que je n’en suis pas capable. Peut-être est-ce pour cela que je resterais un écrivain médiocre, un peintre médiocre, bref, un homme médiocre. Je ne suis pas entièrement dédié à l’art. Un raté ! Même pas foutu de se foutre en l’air.

Tout cela pour de l’argent. Pour ne pas tomber dans plus de précarité encore.

Qu’elle est rude la vie de artiste des classes du bas.

J’avais sans donne trop de cœur et pas assez de tripes.

Ou alors simplement pas assez de chance.

J’espère qu’un jour, ils m’enfermeront, que tout cela ne soit qu’un mauvais rêve.

Et bien que le froid, les ténèbres m’enserrent plus chaque jour, j’ose encore y croire.

J’ose encore croire à cet évènement salvateur, à la providence, à cette sublime minute, cet instant qui de son envergure lumineuse me dira ; fils, toutes tes misères sont derrière, te voilà sorti de ta précarité, aujourd’hui tu peux enfin souffler.

Mais, je sais au fond que les âmes des damnés ne peuvent jamais se sauver.

Foutue philosophie.

Foutue peinture.

Foutue poésie.

Foutu moi.

J’aurais aimé être un vrai artiste.

J’aimerais mourir durant mon sommeil.

Les tripes et le style

Je suis exténué de devoir composer avec ce monde. Il me transperce. Je n’ai plus rien grand chose à y faire, ni même à dire. La peinture est tout ce qu’il me retient encore. Mais pour combien de temps ? Etant donné que je ne suis jamais aussi bon que je ne le voudrais, que je me dégoute de moi-même, du peu que j’ai écrit, de tout ce que j’ai fait, des relations humaines, de ce qu’elles impliquent. Je suis usé. Combien de temps vais-je encore tenir ? Cette douleur de vivre est souvent insupportable. Et je me bas. Pourquoi ? Si ce n’est pour l’espèce, ni même pour moi. Pourquoi. Cela doit être la peur d’en finir pour de bon, une bonne fois. Je suis fatigué du manque d’argent, de l’impossibilité de publier, de devoir me réinsérer dans une société qui ne me dit plus rien de bon. Que chaque jour, je ne puisse faire ce que j’aime le plus.

Je n’ai jamais eu assez de génie en moi que pour être grand.

Je n’aurais été que moyen. En tout. Moyen.

Vision de terreur.

Je fais partie des perdants.

Enfer et Paradis

Ce bris, cette fêlure, celle qui emporta loin l’enfant de ses belles contrées, qui révoqua à tout jamais ce qu’il peut attendre de beau de la vie. Mélancolie installée avec l’impossibilité de la légèreté. Tout devient grave. Tout est une bataille. Le lustre et la splendeur des objets, de soi, du monde, disparus. Enfoui dans le passé déjà.

Mais qu’en est-il de celui qui jamais ne connu le paradis de l’enfance, de son lieu, de sa famille, de lui-même ?

Il se bat toujours pour atteindre ce Paradis que jamais il ne connut, il a encore au moins la chimère de l’absolu. Là est la force de celui qui jamais ne vécu une enfance apaisée, douce, belle, aimante. Celui que l’anxiété et la laideur des adultes vint broyer dès le plus jeune âge. Ce curieux mélange qui, je le pense, doit exister chez certains, donne une force impétueuse. Mais elle est souvent contrebalancée par la mélancolie d’avoir connu l’enfer, de ne pas avoir été aimé.  Ce qui le tétanise aussi.

L’un pleure ce qu’il a perdu, l’autre ce que jamais il ne connut. Mais leur différence se situe, sur la possibilité. Chez l’un, impossibilité, ange déchu. Chez l’autre, possibilité, absolution.

L’un ne voudra effacer ce qu’il a connu, ce grand Paradis, ce qui l’empêchera d’en construire un nouveau, d’aller vers l’apaisement. L’autre voudra l’effacer, et s’il y arrive, tout lui sera permis.

La route est la même, seul le chemin diffère.

Révolte et poésie

Après une petite année de pratique intensive de la peinture. Il m’est apparu de façon certaine que dans chaque individu révolté, la poésie demeure. Que la pensée doit jaillir dans l’acte quotidien pour que le corps reste dans sa pleine santé. Pour ne pas sombrer plus encore. C’est-à-dire : s’étonner soi-même, sortir des considérations sans fin qui n’aboutissent en général sur rien. Celles qui furent de bons exercices mondains. Tourner en rond. Faire du surplace, à user son propre support. Je dis cela car ma pratique artistique me fait arriver tout doucement, comme vous pouvez le voir sur ce tableau, à des hauteurs picturales dont je me serais jamais cru capable. J’ai pu retransmettre avec mes mains ce que jamais je n’ai pu faire par l’esprit. La force d’une image, sa chaleur, est toujours plus forte qu’une suite de mots. Les neurones préfèrent la couleur aux lettres. Ravissement foudroyant, délectation de la pupille.

La haine n’est plus elle-même lorsqu’elle est créative. Elle finit par tendre vers la quiétude et l’extase.

J’y reviendrai un jour.

Désintégration solaire

Le soleil noir transperce mon être.

Il m’englue. M’étouffe. Electrifie mes nerfs.

L’azur, mes origines, l’azur, ils m’ont enlevé l’azur.

Usure et fulgurances,

tellement futiles aux yeux du monde.

Ce combat est désespéré.

Baroud d’honneur à chaque souffle.

A quoi bon ?

Et puis le calme, la sérénité, les grandes batailles, les lendemains d’héroïques victoires,

ne viennent jamais.

Tant d’efforts.

Tant de douleurs.

De dépassement pour si peu.

A quoi bon ?

J’ai fait ce que j’avais à faire; le maximum.

Je traine ma carcasse fatiguée sur les brillants pavés de l’automne.

Je frémis. Je titube. Les oiseaux aussi.

Je frémis. Je titube. L’horreur ne me lâche pas.

Je frémis. Je débloque, et l’époque me lynche.

Cette existence, cette charpente n’amène rien de bon.

Je suis ce spectre d’un autre temps.

Inadapté. Inactuel.

En peinture, en poésie, en écriture, en être, en vision.

Rien. Rien. Rien de concret.

La misère arrive tout doucement,

je peux la voir, la sentir, et personne ne m’aidera, je le sais.

Mon moi est d’ailleurs.

Damnation.

Je ne renonce à rien. Je prends tout.

Belge grisaille,

soleil mort,

humidité.

Broyant mes os.

Il m’ont éjecté de leur Monde.

Artiste raté.

Dénégation et Anthropocène

L’accès au vrai marché, ils n’ont pas l’accès au grand marché. Pas assez de milliards. Mais ils ont accès au petit marché. Celui de l’obsolescence; des produits manufacturés partout sur le globe, en kit, gonflés au glucose, nettoyés à l’acide, emplis d’huile de palme, dopé au phosphate. L’abondance. Tout est à portée de bourse. Il suffit là d’avoir un travail, un boulot, pas un savoir faire. Diplôme, savoir se vendre, savoir se soumettre, job abêtissant. Profit. Rentabilité. Consommation. Lever. Vide. Pas de but. Impossibilité d’échanges sans arrière-pensées. Utilité. Pas de foi. Consommation. Néant. Nouveau produit. Egocentrisme. Nouveaux besoins. Individualisme. Avidité. Rationalisation. Cycle sans fin.

Au mieux, sentir que quelque chose cloche et faire le grand saut. Au pire, rester dans la masse des esclaves suffisants, temps de cerveaux disponibles comme destin.

La Nature ?

Disparue avec la leur.

Leur Cosmos ?

Consommateur-consommant.

Valeur suprême ?

Croissance.

Loin des cimes du désespoir

Une ancienne partie de toi.

Les effets des structures balayés.

Devenir nécessite courage et abnégation. Traquer les chimères, faire son autocritique, son auto-analyse, s’autoéduquer.

En partant de soi, en regardant les splendeurs; mordre la cendrée plusieurs fois. 

La plupart s’épargne eux-mêmes pour mieux broyer les autres.

Tandis que toi, en te broyant, tu obtins la quintessence de ce que jamais ils ne pourront avoir; la simple et totale splendeur d’exister.

Sur les cimes les plus célestes.

Loin des désillusionnés, des moralistes, des accusateurs, des prisonniers du Temps.

Ils redoutent de devenir ce qu’ils sont déjà; poussière de poussière. 

De l’étouffement, à l’explosion des espaces clos

Il aura fallu tant marcher, tant souffrir et se trainer, pour enfin arriver à marcher.

Entouré de nouvelles et fortes valeurs.

Création, poésie et philosophie.

Le Temps et ses effets étant devenus un vieil ami.

Douleurs, angoisses, et nouveau souffle vont de pair,

les grandes victoires ne viennent jamais sans grands déchirements.

Un jour, le moment venu, peines et douleurs te souffleront à l’oreille :

« Enfin, tu nous a vaincues ».

Summum bonum

Le véritable summum ?

Surfer sur le Néant.

En rire avec provocation.

Ils inventèrent des arrières-mondes, le poids du réel courbait leur échine.

Après cela, ils bombèrent le torse, ils se dirent grands et intelligents, spirituels.

La Vérité, leurs petits livres disaient la vérité, alors ils connurent la vérité.

Tous satisfaits d’être dans la Vérité.

Ne pouvant plus atteindre le sommet des sommets.

Doutes et vérités.

La Sauvagerie, la Noblesse et le Temps

Plus le temps passe, plus j’aime à poser le seul acte d’écrire. Pour lui-même, entièrement. Sans considération. Ceci ressemble à l’idée que je me suis fait de l’artiste total. N’agissant pas là pour le public mais pour lui-même. Hermétisme au marché. Aux potentiels avis. Au destin. Aux sorties et aux probables chiffres de vente. Le fondement et le résultat de la création ne se trouvant pas là.

Je ne me représente plus moi-même à vrai dire. Tout au plus, je mets en lumière une histoire de rapports de force, d’impératif catégorique, de transmutation. La qualité ne voulant même plus rien dire. Un humain parmi d’autres.

Âme liquéfiée et lévitante.

Loin déjà de ce que l’on appelle ; la Sauvagerie, la Noblesse et le Temps.

Décadent exemplaire

Les possibilités qu’offrent la vie moderne sont incommensurables. Outre la dévitalisation psychique, ce que la quête de sens amène par la consommation comme effet. J’ai et nous avons des possibilités d’élévation par la culture bien plus larges que jamais l’Humanité n’en eut, l’offre est conséquente et à une portée de clics. Là est la grande qualité de ce Temps, le confort matériel pris dans une logique constructive peut amener le sujet vers des grandeurs spirituelles. Pourtant, cette partie de la modernité est mise à mal et se trouve de côté par ce que les réseaux sociaux donnent à voir.

Que savons-nous réellement des personnes fonctionnant dans une autre dynamique de la réaction instantanée et continue ? Ils sont bien moins exposés car ils ne participent pas à la logique réactionnaire et puérile de ce Temps. L’argumentation et le travail de recherche comme fond dominent leurs manières. Ceci m’intéresse beaucoup. Je vois là dans de ce travail d’auto-éducation ce que le système ne peut nous montrer facilement. A l’image de la pensée, des savants, de la sagesse, l’humain se construisant avec noblesse et profondeur s’est toujours vu décalé par rapport à la masse. Ce qui n’est pas qu’une vue de l’esprit, il l’est réellement. Comment bien vivre dans ce magma belliqueux, dont le principal objectif est de gagner le débat et non pas de progresser en sa pensée ?

Je peux dire que ce genre de personnes fait partie, en ce sens, de la grande famille des décadents exemplaires. De ceux qui créent leur propres valeurs, celles qui fortifient l’âme et la vision, les rendant toujours visionnaires quant à eux-mêmes et leur environnement. Leur exposition est massivement impossible car leur pensée est trop complexe, alambiquée et nuancée que pour donner aux foules ce qu’elles veulent; de la polémique. Mais vous le savez comme moi, que ceci n’est pas une affaire de réseaux sociaux. Si l’on gratte un peu plus, on tombe presque systématiquement sur le même nœud gordien; nature humaine.

Ô décadent exemplaire, puisses-tu demeurer à juste mesure dans l’ère du Temps, suffisamment assez pour te rappeler que tu n’en fais pas partie.

Tu es finalement bien trop proche de ta Nature Humaine…

Des grandes rencontres psychiques

Il m’est toujours étonnant de voir comment une existence peut dévier, se rendre vers l’impromptu, l’inimaginable, pour amener le personnage vers un destin intéressant en terme existentiel. Les gens me connaissant connaissent mon affection pour la peinture et j’avais envie ici de mentionner quelques parallèles intéressants sur la naissance d’une vocation, d’un amour passionnel pour une discipline. J’étais entrain d’écouter une biographie de Matisse et lorsque fut illustrer sa venue à la peinture, quelque chose me frappa. Je fis le rapprochement avec Pollock, Van Gogh, Basquiat, Zao Wou-Ki, Kandinsky… et les paroles de Soulages ou Benrath, je ne sais plus vraiment, raisonnèrent en moi : « C’est la peinture qui m’a choisi ».

Les destins de ses peintres le démontrent, presque tous autodidactes dans leur pratique, ayant eu une révélation devant l’une ou l’autre œuvre. Il s’est fait, alors, un échange psychisque de l’œuvre à eux-mêmes, cette énergie mentale les poussèrent à pratiquer la peinture d’une manière personnelle. La sensibilité, la vision d’autres les poussèrent à mettre la leur sur la toile. Fantastique. Absolument fantastique. Il y a dans toute l’histoire Humaine une chaine de transmission. Et je vois ici à quel point le dévouement de certaines personnes se transmet à d’autres, sans besoin de mille discours. Une seule image peut suffire.

Le naissance artistique est plus touchante que la naissance de l’artiste.

 

PS : la peinture illustrée ci-dessus est celle de l’artiste marocain M’Hamed Issiakhem dont l’incroyable histoire correspond en partie à celles des peintres cités. https://babzman.com/cela-sest-passe-un-17-juin-1928-naissance-de-lartiste-peintre-mhamed-issiakhem/

Prolégomènes d’un nouveau mouvement de peinture

Admirateur des mouvements anciens de peintres révolutionnaires par leur vision et leur capacité à expérimenter, je suis un peu nostalgique de leur fin, je l’avoue. Je regrette même de n’avoir pu goûter à cette époque. Fauvistes, Expressionnistes, Impressionnistes, Nuagistes…sont éteints. Bien éteints. Malheureusement.

Du Cavalier bleu à Cobra, le temps à la peinture révolutionnaire est bien mort. Il me vint alors à l’idée de réanimer son esprit par ma pratique dans mon atelier, ce que je fis avec plus ou moins de succès. L’expérimentation et l’improvisation comme valeurs centrales.

Cette expérience me poussa à aller plus loin dans mon raisonnement. Voulant partager et étendre cette vision des pionniers, l’idée m’est venue de monter un groupe de jeunes peintres. De repartir à zéro en quelque sorte. Toujours avec cette mécanique centrale de bâtir une pratique artistique basée sur l’improvisation, la faculté de réflexion et d’expérimentation. Esthétique et poésie. Art brut et lyrisme.

Ce projet est ambitieux. Je pense qu’il aura la vertu de faire vivre un petit groupe dans une dynamique presque mystique. Et pourquoi pas, à amener un nouveau souffle à la peinture postmoderne dont l’horizon colle à l’ère du Temps, celle qui est globalement aussi tombée dans le jeu du marché. Taillée comme un produit pour être vendue comme tel. Chacun de son côté. A vendre sur Internet. Sans réel esprit. A quelques exceptions près bien sûr.

J’aimerais donc arriver à atteindre avec ce mouvement ce que Kandinsky appela « Du spirituel dans l’Art ». Un endroit où la peinture se fait. Se vit. Se tente. S’écrit. Un endroit où les gens pourraient venir quand ils le souhaitent. Avec des expositions périodiques hors des structures classiques; les Indépendants de la peinture. Gratter la toile comme Benrath, Hartung, Cy Twombly et Basquiat purent le faire. Surfer et danser comme Shigara et Pollock. En discuter tels André breton, Duchamp, Magritte et Piccabia. Aimer les formes et couleurs comme De Staël et Kupka. Y amener de l’angoisse à la Munch et Soutine. De la puissance, de l’élégance et de la légèreté à la Zao Wou-ki et Fabienne Verdier. Et tant encore.

J’ai commencé à écrire le Manifeste. Je dois encore arriver à trouver un endroit et des artistes avec une vision la plus libre possible; c’est-à-dire, par delà le beau et le laid.

Ce projet est peut-être celui de ma vie.

Je l’espère du moins.

Vitalisme

Je place mon vouloir dans un Vitalisme déraisonné.

Je jette, je jette et je lance mon âme comme Pollock le fit par sa peinture.

Je la griffe, la claque, la noie dans l’eau. Avec de l’éther. Furie et légèreté.

Elle coule, se répand, se mélange et se cristallise dans l’atmosphère.

Et je vois que c’est l’acte, sans cesse l’acte, qui la prend et la forge. La grandit.

La vie partout, en tout et je craque avec elle, de m’étendre.

Quelle incroyable sentiment de rester sur place et s’envoler par l’acte.

J’ai créé pour être ailleurs, sortir des plis, objectif caché.

Le cœur était là: une transe vitaliste.

Hors de contrôle.

 

 

De la pure fonction de l’écriture

Je viens de terminer mon deuxième livre. Je suis moi-même étonné de m’être libéré de cette envie de publication. Je l’ai terminé. Point. Cela s’arrête là. S’il sort, tant mieux. Si pas, je ne crierais pas à l’injustice, ni ne courrais après des solutions alternatives. Non, je l’empilerais simplement sur l’autre dans ma bibliothèque, mes trésors cachés,  mes enfants, mes beaux et fiers enfants, mes petits secrets gardés face au monde qui ne me comprit pas.

Voilà dix ans que j’écris avec plus ou moins de régularité. De ce temps passé, il me semble qu’un dixième de ce que j’ai pu écrire ça et là a été mis dans mes deux livres. Je n’ai pas écrit pour être reconnu, pour le style ou que l’on me prête l’une ou l’autre qualité littéraire. J’ai écrit car un besoin, un impératif me força à le faire. Un peu comme-ci une force supérieure me le dicta, m’y obligea, alors que je suis totalement conscient que mes chances de publication dans une maison sérieuse sont très minces vu le style, les thèmes et la courte longueur de ceux-ci. Pour moi, l’impact est bien le plus important. L’effet d’un texte n’a pas de de corrélation avec sa taille. Une seule phrase peut éclipser un livre entier. Ecrire c’est autre chose que d’aligner et aligner pour densifier une pensée. Pour la rendre visiblement plus dense. Un procédé d’enfouissement. Mais soit. Cela ne concerne que moi, finalement.

Ce qui est étrange pour moi c’est que bien que j’ai envie de liquider cette part créative de moi-même, qui chaque jour me mange, me dévore, me tue et qui finalement est un fardeau très lourd à porter par rapport à la rétribution qu’elle m’apporte, je continue. Ce faisceau est impossible à briser. J’en conclus donc que je me suis vu remettre quelque chose qui me dépasse, qui pourrait peut-être servir à quelqu’un d’autre. Peut-être sous peu, peut-être dans très longtemps, peut-être jamais.

Tout cela est bien énigmatique.

Je continuerai à chanter dans le désert, si je le dois.

Dans cinq ans, dix ans, vingt ans,

peut-être serais-je toujours là.

Au milieu du blizzard.

Sans effroi.

Mes enfants me questionnant.

 

Orgone

Transfusion de l’essence

Electrification du corps,

dans une position christique.

 

J’ai bien senti qu’elle venait d’ailleurs.

 

Avant moi,

après moi.

 

Que j’étais un ailleurs.

Part irréductible en moi.

En tout.

 

Du meilleur au plus mauvais.

 

Réceptacles de l’énergie primaire.

 

Cosmos

 

Orgone

 

Eternel éternel.

 

 

Victoire de la Civilisation

Jamais repu de rien, l’Homme tel un parasite se détruisit en détruisant son Environnement ; le Cosmos. Tout démarra réellement quand les américains génocidèrent les amérindiens. Deux visions s’affrontèrent : le matérialisme, l’utilitarisme, le pragmatisme, la croissance, la Civilisation face à une vision fondée dans et par la Nature, une sagesse de la Terre, une poétique du vivre, les Sauvages.

C’est après cette guerre que notre Civilisation sorti pour de bon de la Nature. Le dit supérieur avait gagné. Le résultat aujourd’hui est abasourdissant. Le dit supérieur ne sachant même plus ce que ses aliments contiennent, n’étant pas au fait de leurs provenances, ayant perdu sa capacité à l’autonomie alimentaire. Mode de vie détruit par le Capitalisme. Soumis aux entreprises agroalimentaires, accroc aux pilules, les chamans réussirent quand même à se venger ; modernes anesthésiés.

Deux mille dix-neuf, la nourriture comme premier poison.

 

Expressionisme

Le sourire, le sourire, quel étrange trait humain. S’il y a bien une expression énigmatique chez les âmes torves, les masqués, c’est bien le sourire. Il est de multiples formes, de multiples significations. Et moi, je souris par automatisme, tellement que cela en devient presque inhumain. C’est à la vie que je souris, par profonde douleur, par profond désespoir, comme un baroud d’honneur. Pour lui dire que même si je suis détruis intérieurement, je peux toujours au moins simuler la joie, que je peux au moins espérer la voir un jour, la sentir une seconde, espérer. Rester en contact avec un peu de chaleur.

Je sais aussi que doucement, il pourrait devenir démoniaque ou lumineux, son caractère dépendra de ce que la vie me donnera comme coups encore et de comment je saurai les recevoir ou les esquiver. Le sourire est une terrible déchirure pour les âmes torturées, avec un minimum d’observations on peut voir que celui-ci n’a rien de gai, par l’œil on le voit très facilement. Comme un mécanisme de défense.

Et devant ce spectacle qu’est la comédie humaine, je souris. Comme un fou. Comme celui qui sait que l’on choisit si peu de choses. Je souris aux froideurs passées, aux désillusions vécues, aux coups psychologiques reçus, aux douleurs physiques journalière, à la tétanie d’être dans un monde de damnés, je souris aux élites délirantes, aux morts sur lesquels nous crachons chaque jour, à la grande solitude qui me serre dans ses bras, à mon nouveau et mon ancien moi.

Je souris pour défier ce qui nous a créé.

Car oui, si tout cela n’était que le fruit du hasard, il valait mieux en rire.

Je souris à l’Incertain.

Brave et immonde incertain.

Chimère des chimères qui me hante chaque seconde.

Terrible et odieux incertain.

 

Forteresse

Les vertus de la lecture, des livres, sont mis en avant par les lecteurs les plus enjoués, assidus, qui se nourrissent de satisfaction à dire que les livres sont ce qu’il y a de mieux, de plus beau, d’enrichissant, d’incroyable. Quelque chose de supérieur par rapport aux plaisirs communs de la foule. Mais de quels livres parlent-ils ? Et quels effets sur leur pensée ? Ouverture ? Ouverture sur ouverture ? Le sentent-ils vraiment ? Extase ? Révélation sur révélation ?

Médium parmi d’autres média, le livre a un pouvoir d’alinéation très très grand. Sous-évalué. Celui de faire croire à des vérités, à un sublime ne venant pas de soi, celui de jeter des chimères à la face du lecteur ; vivre par procuration. C’est cela, toujours lire plus, pour toujours vivre plus par la pensée, par la procuration, une fuite par rapport au  réel. Vivre par la fiction. Dans elle.

Ne faut-il pas que la pensée, sa propre pensée puisse demeurer au repos, dans une maturation, une incubation pour que la puissance de l’être se réveille. Il me semble que trop lire revient à ne plus vivre, à étouffer sa pensée. Quelle est ta mission existentielle ?Le pourquoi de ton existence ? Si tu aimes tant les livres, alors écris. Tu pourras entrevoir à quoi ressemble la puissance du créateur. C’est de cet acte que la qualité de ta présence au monde, à toi, prendra plus de volume. Ce sera un élan vers une autre dimension, hors de la procuration, un semblant d’autre dimension ; celle de se découvrir par soi-même et non par le travail d’autres.

C’est de cela dont je parle. Se dévoiler par soi-même, par sa propre réflexion et non celle des autres. Il n’y a jamais rien de plus solide, de plus fort que les actes, les pensées venant de l’âme.

Le plus beau vient de toi.

Etincelante forteresse.

Toujours plus forte dans le réel.

 

Jung

Le geste, l’acte d’écrire s’apparente à un sismographe. Une manière de mesurer les forces de sa pensée, sa charpente psychique, de déployer les concepts que le mental couve. Se déployer soi par la pensée, pour mieux atterrir dans le réel. Une simple question de meilleur soi. C’est dans l’essence que le vision est la plus foudroyante. L’essence des choses, de soi. Tant d’abymes visités pour enfin devenir lumière.

Tant.

Le dévoilement de l’intuition, du pressentiment, demande un travail acharné.

Tant.

Homme Postmoderne

Ce qui a marqué le début de la faillite à venir de notre Civilisation est : l’industrialisation de l’Animal.
Lorsque il est devenu un simple produit d’usine, c’est l’humanité qui fut définitivement liquidée au bénéfice du profit toujours plus étendu. Les camps de concentration jusque dans leurs assiettes.
A mastiquer détresse et tumeurs.
Homme Postmoderne.

Nébuleuse

Le rempart, le dernier, le tout dernier.

D’une douleur constitutive, ontologique,

de ce que l’on n’a pas voulu.

 

Presque perdu d’avance.

 

Douleur, douleur, douleur.

Crispation et tension

 

Monstre infaillible,

ne laissant pas de repos.

 

Me détruisant chaque seconde durant.

 

Créer ou finir tué par l’Angoisse,

Aimer ses chimères avant que la dernière digue ne lâche.

 

Entre vie et mort, déjà.

 

La nébuleuse ne me lâchera pas.

Zemmour, Houellebecq, l’Occident et l’Avenir

Zemmour et Houellebecq représentent à merveille l’Occident d’aujourd’hui. Ils sont les symptômes de ses maux ; la transmutation du psychisme d’une grande partie du peuple et du Temps condensés dans deux personnages. Ceci : le Nihilisme, la perte de Vivacité, l’impossibilité de voir au-delà de soi, du marché, de la Nation, une vision pessimiste de l’Avenir.

Ils se basent sur des faits établis, sur ce que le monde moderne leur envoie. Et c’est en cela qu’ils sont de parfaits baromètres de notre Temps. L’inverse du pan de la gauche aux grands principes d’ouverture et de foi dans l’humain, ceux qui trouveront toujours des raisons, des excuses aux pires des salopards. Malgré les pistes brouillées, les valeurs portées sont quasiment identiques : Nihilisme, essoufflement.

C’est un esprit nouveau dont l’Occident a besoin. Entre Vitalisme et Naturalisme. Tant que le profit, le PIB, la consommation seront les valeurs suprêmes de notre Civilisation, rien de bon ne pourra plus advenir. L’épuisement psychique vient de là : destruction de l’Esprit et du Sacré (le sacré étant la Nature, socle de la Vie, celle que nous avons battue à mort. L’Esprit, notre faculté à penser de façon équilibrée. La raison n’a pas tout réglé. L’Anthropocène en est le fruit).

Sortir l’individu de l’horizon libéral-capitaliste par la nature, l’entraide, l’empathie par rapport aux autres et autres espèces. Réenrichir ce que l’humain porte de plus beau en lui. C’est un programme complet à mettre sur pied. L’Esprit au sens philosophique avec sa part de mystique. la Superbe. Le Sacré. Tout est là dans le Cosmos. En nous.

Quelle est le symbole de notre Temps ? Une pomme ? Gâtée ? La technologie ?

Quelqu’un me dit sur les réseaux sociaux que mon discours porte un germe totalitaire. Il ne sais certainement pas que l’injonction faite au bonheur, à la liberté, du libéralisme et du Capitalisme est elle plus totalitaire que ce que je porte : le Vitalisme et l’Esprit dans un monde de profit infini. Sa promesse. Jouissance sans effort.

Il ne comprend sans doutes pas non plus qu’une prise de position porte en soi un totalitarisme, prendre une décision, un chemin, faire une profession de foi en quelque chose, est en soi subjectif.

Exemple : le néolibéralisme qui veut que le marché ne soit pas régulé, ce qui est aussi un totalitarisme quand on voit les résultats, la pauvreté qui grandit. La « liberté » ne débouche pas toujours sur ce que l’on espère. Voyez la porosité entre le couple démocrature-démocratie.

Je ne décide de rien pour l’Humanité, j’expose ici, par impératif. Mais sachez que d’autres ont toujours décidé et décident toujours de ce qui est bon ou mauvais pour l’Homme, c’est ce qui fait la direction de la marche humaine…pour le meilleur et pour le pire.

Je dis aussi que des valeurs universalistes, universelles, la Nature et l’Esprit sont à cultiver. Culture. Permaculture. C’est de là que le meilleur peut advenir. Pas dans la marche au profit et au Progrès pour le Progrès. Les valeurs de Connaissance, de création, de respect de la Nature doivent atteindre les cimes les plus hautes de l’Être. Le devoir de notre race est celui-là et pas ailleurs. C’est là que nous pourrons contrer l’Anthropocène. Ramener la philosophie dans la Cité.

Henri Ford ne voulait pas de penseurs mais des travailleurs. En 2019, on veut des consommateurs. En ce qui me concerne, j’avance qu’il nous faut l’inverse. Et mieux : des penseurs pratiques, des créateurs, c’est-à-dire des gens capables d’aller vers l’autonomie alimentaire, de pensée, de créer de l’Art Total, d’être Art, dont les connaissances les amènent à une sagesse pratique enrichissant le Cosmos (la néguentropie). Un savoir pratique holistique. C’est à partir de là que l’amour de la Vie, du savoir naît ; l’amour de la connaissance. La Vie Artistique.

Ce qui débouche à une autre manière d’être et de posséder. J’en fais moins même l’expérience. Il faut une certaine radicalité avec soi pour changer profondément. C’est le prix à payer de l’individuation.

Chercher dans La Vita Artistica.

 

Gilles Deleuze écrira dans Pourparlers :

« un artiste ne peut pas se contenter d’une vie épuisée, ni d’une vie personnelle. On n’écrit pas avec son moi, sa mémoire et ses maladies. Dans l’acte d’écrire, il y a la tentative de faire de la vie quelque chose de plus que personnel, de libérer la vie de ce qui l’emprisonne. […] Il y a un lien profond entre les signes, l’événement, la vie, le vitalisme. C’est la puissance de la vie non organique, celle qu’il peut y avoir dans une ligne de dessin, d’écriture ou de musique. Ce sont les organismes qui meurent, pas la vie. Il n’y a pas d’œuvre qui n’indique une issue à la vie, qui ne trace un chemin entre les pavés. Tout ce que j’ai écrit était vitaliste, du moins je l’espère… »

Profit infini

Il n’y a jamais eu de paix. Nous avons toujours été en guerre. La vie est rapports de force. Les dominants exercent leur pouvoir de manière plus intelligente, tout simplement. Les esclaves sont mieux soignés. La guerre est devenue essentiellement psychique en Occident.

Le capitalisme devenu essentiellement financier, le corps de l’Homme sert moins, c’est son esprit qui tourne à plein régime. Le Capitalisme industriel amenait plutôt à l’épuisement du corps. C’est en cela que la souffrance de l’Occident est psychique.

Balayez les grands projets pour consommer toujours plus et l’esprit n’est plus rien d’autre que du temps de cerveau disponible pour les publicitaires.

Les antidépresseurs et l’alcool sont les bonbons des adultes.

Le Vie est ailleurs.

Pas dans le profit infini.

Métapoésie

C’est un état de grâce. Adamantin, que cet état dans lequel la clairvoyance domine. Ce prisme qui amène à la pleine possession de la vision. Qui laisse libre-cours à la poésie ; la métapoésie. Source de la métaphysique. Regard perçant de l’Aigle. Qui toise les concepts.

La poésie se vivant, se faisant, qui n’a nulle besoin d’être écrite.

La plus sublime des sublimes. Nectar de nectars. Composition totale. Le méta en temps réel. La vie transfigurée par le génie des sens. Des sphères psychiques jusqu’aux bosons.

Poésie Totale.

Si peu sont Poètes.

Joker, celui qui devint ce qu’il ne voulait être alors que ce n’était qu’une question de Temps

Certains disent que le Joker est une ode à la violence.

Mon avis :

Ce n’est pas l’apologie du crime qu’il fait. C’est la démonstration de la vengeance. Aussi bon que l’on puisse être, nous avons tous une limite animale aux bafouements que nous pouvons subir.

Le respect amène respect. L’irrespect, la violence.

Ce n’est pas l’apologie du crime qu’il fait. C’est la démonstration de la vengeance. Aussi bon que l’on puisse être, nous avons tous une limite animale aux bafouements que nous pouvons subir.

Enlevé la dignité d’un homme, que lui reste-t’il ? Haine. Haine. Et haine.

Dans le joker nous voyons (et c’est Nietzschéen) que la meilleure vengeance est la puissance. Totale puissance. Celle qui ne se soucie pas de celui qui veut lui causer du tort, qui le balaie d’un revers de main. Comme-ci il n’existait pas. Un non-événement. Entre mépris, cataclysme et délivrance.

De plus, Joyeux, le Joker, luttait contre lui-même, pour ne pas devenir un monstre, il tentait d’atteindre la gaieté, de faire rire chaque jour, alors que sa vie, son être le poussait à l’inverse.

Lui qui avait tant souffert depuis sa petite enfance, était ontologiquement destiné à faire le mal. Comble de l’histoire, la société, l’autre, l’ont amené à devenir la bête qu’il cadenassait.

Pour les damnés de la terre, la rébellion, la révolte peut surgir à tout moment. a que l’on crée des monstres. Ce que cette société devient ; une monstruosité où les valeurs les plus nobles sont les plus menacées.

Tendez l’autre joue, vous aurez une deuxième claque.

Mensonge

De sa profonde jouissance, celle de l’avoir fait, le pessimiste, ce tragédien, regrette d’avoir brisé l’optimiste. Il se rend compte que son euphorie est enrobée de perversité, l’amenant plus encore vers une grande tristesse ; la négation du bon de la vie, la négation d’un pan de lui-même, sa légèreté.

L’optimiste et le pessimiste se mentent ; l’un pour aller vers la joie, l’autre pour aller vers le Néant.

Dante

Je suis allé sur la tombe d’Alighieri. Il me dit. Rigoles-tu encore Atarax ? Vois-tu ton espèce ? Oui ? Non ? Regarde, toi aussi tu en fais partie. Les cercles sont là. Tu ne pourras rien y faire. Il t’a fait beau, grand et fort. Mais cela ne t’a pas empêché de tomber dans la plus profonde mélancolie. Jamais tu n’en sortiras. Sais-tu pourquoi ? Le Monde est en toi. Celui qui aurait dû encore plus !

Va, damné.

Mon enfant, mon enfant

De ses yeux bleus, il se disait objectif.

De mes yeux de plus en plus noirs, je rigolais.

La Fureur régnait. Une catalyse des chocs d’antan. Le prix à payer pour chaque humain. La somme des coups reçu, engoncés au fond du cortex. Microprocesseur.
Le bilan avait été fait, la violence quelle qu’elle soit est de charge exponentielle. Nous sommes faits pour la donner, pas pour la recevoir. Équation insoluble. Porte de sortie ; aimer la douleur. Pas au point de la provoquer. Fondre dessus pour au moins avoir le sentiment de ne pas la subir. On se retire pour mieux exploser au vol.
Lèche la poussière mon enfant.
Étouffe-toi avec la poussière mon enfant.
L’Amour n’est que poussière mon enfant.

G.

Dans les labyrinthes du monde, nous nous obstinons.

Les kilomètres sans fin franchis,

esclavagistes.

 

Que de belles chimères,

j’ai vu là en haut,

dans ma tête.

 

Que de belles promesses

me furent faites,

dans l’Arène.

 

Lumière hypnotisante.

Flash percutant.

Panneaux obnubilant.

 

Quelques grattements rendirent compte,

de la macabre danse.

 

Mesdames et Messieurs,

vivre c’est consommer,

consommer c’est vivre.

 

Je vous prie.

 

Dansons !

 

Ailes

Notre cerveau post-industrialisé,

à la méthode Taylor

parcellise notre vision.

 

Donnant une patine conforme à ce que nous pensons.

 

Qu’est-ce que le moi ?

Qu’est-ce que le nous ?

 

Conscience de.

Souffle vital.

 

Il n’y a bien aujourd’hui que la pensée océanique qui me plaise.

Aux ailes azurées sans fin.

Retournant les abysses sans fond.

 

Disparition des chaînes.