Ecriture de soi

Ce que la vie décide de nous.

Les évènements externes.

Ecrire un roman,

J’ai tenté de le faire.

Mais pourquoi ?

 

Ma vie est un roman.

 

Petites considérations d’un peintre Vitaliste : un

Je reste ébahi par le résultat que donne le laisser aller presque total à la pratique. Comme Breton l’avait tenté avec les surréalistes, la peinture automatique, l’écriture automatique. Il s’agit de faire ressortir des siècles d’humanité dans l’acte, ne plus vouloir le contrôle, chercher l’accident, sortir de la rationalité. L’oubli de soi sans doutes. Sans garantie de résultat. Mais à l’image du Cosmos, l’intelligence innée se met en route, les lignes de codage gravées dans l’individu lui permette d’aller toujours plus loin en lui. Quelle chance est-ce que de pouvoir s’étonner soi-même.

Finalement, ce n’est pas son histoire que le Vitaliste peint ou écrit, c’est celle de l’Humanité.

Une histoire de fantasmes et de mystique.

Un besoin d’irrationalité.

C’est bien des entreprises les plus folles que naissent les plus grandes découvertes.

Une fois cela posé, il y a la cap à garder.

Fata Morgana

Toute la différence est dans l’être et le faire. Faire le poète. Être poète. Ce n’est pas un passe-temps. Une gentille lubie. Chaque grade se mérite. Ce n’est pas une histoire de succès mais d’impératif, de pression, de vie ou de mort.

Tant de fois je suis mort pour arriver à écrire une phrase qui vaille la peine d’avoir été écrite. Car les grands écrivains, les grands poètes, les grands philosophes, sont des totems, qui de leur superbe nous toisent et se rient de nous.

Ecris mon petit.

Ecris ma petite.

Nouvelle peinture européenne

L’énorme place faite aux peintres de légende me rendait de plus en plus circonspect. J’étais sorti de le lecture « En finir avec la peinture ». Et avec le temps, j’avais vu à quel point les américains sont loin de ces débats mortuaires. Les européens continuent à glorifier les génies d’antan et ne portent presque aucun intérêt à leurs contemporains (c’était déjà le cas en 1870 avec les impressionnistes, vous me direz) tandis que les américains continuent à vivre la peinture de leur époque, sans pour autant oublier les artistes anciens. Cela se voit très fortement sur les réseaux sociaux, il y a chez eux énormément de mouvements dans la peinture, dans la promotion de celle-ci, des institutions la défendant jusqu’aux artistes eux-mêmes, énormément de fraicheur vient de chez eux. La passation dans les années 1940-1950 s’est faite là, dans leur fraiche vision de la création. Les guerres ont peut-être tué notre faculté à voir libre et grand. A vivre l’Utopie d’autre chose.

Je dois bien l’admettre, les américains nous dominent, et pas simplement là, malheureusement. Culturellement, la peinture européenne post-moderne, contemporaine donc, est balayée par celle-ci. Son image et sa présence sont quasiment nulles. Entre les galleries, les salles de ventes, qui font leur beurre sur les artistes morts, et les musées qui sont dans la même dynamique. La bataille moderne est gagnée par les américains, et de loin. Dans les faits, il n’y a plus de bataille. Basquiat a donné le coup final.

Etant certain que notre peinture vivait encore, connaissant quelques artistes de qualité, j’ai donc décidé de promouvoir celle-ci. Pour commencer, je regroupe les artistes qui ont une vision propre, assez puissante, et une démarche picturale frappante pour les ramener sous la bannière de la « Nouvelle peinture européenne ». L’objectif est de mettre en avant les artistes vivants pour montrer que chez nous, la peinture se fait toujours et avec beaucoup de panache. Qu’elle est loin d’être morte. Que c’est plutôt, notre politique culturelle qui l’est. Et la vision globale de l’Europe sur elle-même.

Cette idée m’est venue à la suite d’une vente de l’un de me tableaux à Détroit mais aussi grâce à la pensée d’une dame qui me dit que j’étais bien trop entouré d’artistes morts. Après réflexion, je ne pus qu’acquiescer. J’ai donc décidé de changer de logiciel. Pour marquer cela, j’ai lancé la page Facebook, Instagram, et Twitter de la « New european paintings » et j’espère développer d’autres ressources à mon mouvement.

En avant, les vivants.

 

(Peinture de J. Atarax Montironi, la Nouvelle Religion, média mixte sur toile, 115cmx75cm, 2019)

Instagram: https://www.instagram.com/neweuropeanpaintings/

 

 

Mélodie spectrale

Je ferme les yeux.

La réalité me file entre les doigts.

J’ouvre les yeux.

 

On me dit que j’ai l’air bien.

Je vois des spectres.

Je tremble.

 

L’anxiété me mange, elle n’est jamais repue.

Elle me veut moi.

Quoi que je fasse, elle est là.

Elle me torture. M’électrise. Me tabasse.

 

Pourquoi ?

Je n’ai rien fait de mal.

Est-ce moi ?

Est-ce moi le spectre ?

 

Je tremble.

J’encaisse ses coups.

 

Je tiendrai debout,

acouphènes ou pas.

 

Furie du damné

En ce début d’année, aucune mièvrerie ne me vient à l’esprit. Avec le temps passant, j’ai pu faire l’amer constat que les bons sentiments ne suffisent pas. Les bonnes paroles, les résolutions…

Il y a bien de nombreuses forces qui jouent avec et contre un Homme. En cela, avoir un vœu le plus cher, donner le maximum pour l’atteindre n’est pas suffisant. Il y a un espace entre l’énergie donnée par la personne et la réception de celle-ci.

Le plus grand traquenard est là. Que tout ce que vous donniez ne soit qu’un cri dans le désert ou pire que vous vous réjouissiez de vos actes avec des inconséquents. Combien se donnent l’apparence de grands écrivains, de grands artistes, d’être formidables, à surjouer devant une foule de crédules, bassinée à la culture de masse. Qui ne savent même imaginer ce qu’est l’impératif de la pensée, de la création, de ce qu’elle implique comme souffrances et pressions mentales, et ce journalièrement.

Puis lorsque la logique médiatique, marketisée, et plus profondément la logique vaniteuse est démasquée. Il ne reste rien de l’anima artistica. Ce n’était là que du divertissement. Comme la plupart des fruits de notre époque; vide de nutriments.

Beaucoup de grands artistes sont morts jeunes.

Ils avaient bien trop à dire pour ce monde-ci.

On préfère l’image du vrai au vrai, elle est bien plus confortable.

Le vrai artiste est avant tout un damné.

Sa propre damnation démultipliée par son environnement, de ce qu’il lui donne ou ne lui donne pas.

Un cri puissant dans le Néant.

Le livre du monde et de mon être

Cette belle expression ici apposée en titre est tirée du livre « Siddhârta » d’Herman Hesse.

Elle m’a frappée ; tout ce que j’ai fait depuis ma naissance peut se résumer à cela. Et c’est simplement la suite, les effets, ce que l’on appelle le sens utilitaire qui n’a pas répondu totalement à mon labeur, à mes attentes, qui m’ont déçues. Il fallait s’en détacher de ses attentes, et je le sais depuis longtemps.

Comme Nietzsche le disait si bien, il faut éviter de penser après un travail exténuant car à ce moment, quand la chape de plomb de la fatigue vous tombe dessus, on peut très vite penser très durement, très froidement, mortellement, tomber dans des affres sans fin de tristesse, quelque chose de physiologique se joue dans le corps, je pense. Ce que Cioran vécut en étant privés de sommeil. Mais le doute demeure, si j’étais dans une situation économique confortable, qui me permettrait de créer infiniment. Aurais-je toujours cette envie, cette furieuse envie, dévorante envie ? Je ferais sans doutes des choses plus douces, certainement. Soit.

Cette année fut très laborieuse. J’ai énormément travaillé, j’ai peint énormément, près de 80 toiles. J’ai aussi continué à écrire, envoyer mes manuscrits ça et là, sans succès. J’ai aussi très peu d’appui, donc je me trouve dans une extrême solitude, c’est-à-dire que je n’ai personne, pas de réseau, personne avec qui partagé réellement l’effervescence de la création, et cela joue sans doutes aussi. Soit.

Cela ne m’empêchera pas de continuer non plus. J’accepter d’être ce que j’ai toujours été ; un wagon fou dans des montagnes russes qui cliquotent de toutes parts.

Il ne suffit que d’un geste.

Que d’une rencontre.

Que d’une seconde,

pour que les ténèbres ou le sublime adviennent.

Mais il me souvient que cette vieille force, celle qui fait la vie décidera du moment, ne dépend pas entièrement de moi. Non. Autre chose. Il y a autre chose. Oui.

Souffle vital, ne me quitte pas.

Fais juste en sorte que je puisse encore brandir ta grandeur quelque temp encore.

Que fièrement au moment de ma mort, je puisse me dire le sourire aux lèvres.

« J’ai été autre chose qu’un surnuméraire ».