Lettre à la Jeunesse ; le monde qui vient

L’espèce humaine est avant tout une anomalie génétique. Ce qui explique son impossibilité à vivre en communion avec son environnement. Sa sélection n’est plus naturelle depuis longtemps mais elle le redeviendra petit à petit. Cette anomalie a débouché sur des vices de plus en plus grands sous couvert du « Progrès » et de sa superpuissance autoproclamée.

La Barbarie ne fût plus celle des peuples tribaux mais celle des machines. De la dette et des produits hypertransformés. Et le plus drôle, c’est que les pauvres diables croient encore pouvoir y faire quelque chose. Ils ne comprennent pas les forces qui les régissent. Elles sont outremers. Dématérialisées. Financiarisées. De la planche à billets aux graines F1 vides de nutriments dans leur assiette. Oui, ils ont tout mais presque plus rien n’a de goût ni de nutriments. Comment pourraient-ils le savoir ? Eux qui ne connaitront bientôt plus que cela.

Ce qu’ils font aujourd’hui, leur discussion pleine de bon sens revient à gigoter, du vent. Pour les plus actifs, cela revient à faire les choses pour le beau jeu, un baroud d’honneur, noblesse oblige. Mais la masse l’emporte toujours. La masse veut du pain et des jeux. Comme toujours : de la télévision et de la junkfood aujourd’hui.

Cette période est celle de l’âge des conséquences. Et ne croyez pas résoudre les problèmes avec ceux qui ont cautionné cela pendant plus de 40 ans. L’appauvrissement de la pensée. La précarité de la jeunesse, des travails les plus utiles, les plus pénibles. Le cynisme et la satisfaction des élites. La disqualification toujours plus grande des intellectuels du débat public, des vrais, n’a même choqué personne. C’est un état de faits. C’est comme ça. Pas d’existentialisme. Cela en ramènerait trop au Néant de leur condition.

Aussi ils prennent plaisir à se moquer d’une fillette à propos de son physique alors qu’elle ne fait que crier son désarroi du monde qui vient, toujours plus déshumanisé, toujours plus soumis au profit et au Capital. Elle n’a pas l’âge requis. Pas l’expérience. Le formatage n’a pas encore totalement eu lieu car l’adolescence est la période de l’utopie et des rêves et on lui en voudrait de vouloir un monde plus sain…sous prétexte de son âge…il aurait peut-être mieux valu qu’elle se rêve en star de la téléréalité…ah que le monde des adultes est terne, gris, sans passion. Désenchantés. Pourtant ils ont été jeunes aussi…

Si le peuple veut et particulièrement le jeunesse (car elle est la première concernée) veut changer quoi que ce soi, c’est dans la rue qu’il faut aller. Systémiquement il n’y a comme ça que ça que ça marche.

Les bons sentiments et l’optimisme béat n’ont jamais suffit. Aucune révolution. Aucun changement ne s’est jamais fait que dans le sang et la douleur. Mais la démocrature est si forte et les possibilités politiques sont tellement inexistantes que même cela est une utopie. Une révolution s’appuie toujours sur des concepts forts et des leaders révolutionnaires en termes de charisme et de vision. Même cela, notre époque ne sait plus en produire.

Dans vingt ans. Voltaire, Sénèque, Nietzsche, Aurèle, tous les grands philosophes, les grands sages, les grands écrivains seront totalement enterrés. Là sera le clap de fin du grand Nihilisme.

La première mission d’un être humain en 2020 est de sortir du rôle qu’on lui a donné ; celui de Consommateur-consommant.

 

La fin d’un Monde

Le gros problème quand tu es un citoyen lambda, c’est que presque personne ne t’écoute. Et puis ça arrive. Et plus vite que prévu. Au travail on te prend pour un mandaï sous prétexte que tu es plus jeune, peu d’expérience et blablabla, de plus tu ne fais pas partie de la classe supérieure alors pourquoi t’écouterait-on ? Exécute et ferme-la. Fais de l’oseille. Ailleurs on te prend pour un illuminé car tu ne penses pas dans les clous depuis ta prime jeunesse. On te dit c’est comme ça qu’il faut faire. Et pas autrement. Penser c’est un truc d’aristo à la con.
Il y a bien là un malheur ontologique pour celui qui n’a pas la chance de pouvoir faire l’ENA comme monsieur Attali ou de faire partie des cercles d’influences. L’intelligence est avant tout une malédiction pour celui qui n’est pas dans le bon système.
Tout jeune, on nous apprend à jouer petit, vivre petit, penser (si tu as cette chance) petit. Voir petit. Au pas ! Il faut bien de la chair à canon. Tout ce que l’on vous demande, c’est de consommer toujours plus, ce n’est pas bien compliqué. Tu exécutes. Tu consommes. Puis tu crèves avec ta petite pensée étriquée et ta vie d’occidental sous pilotage automatique jusqu’à ton cercueil.
Tourisme de masse. Produits de masse. Culture de masse. Et puis tout fier, l’occidental se croira exceptionnel, bouffi par la publicité. Il est spécial ! Oh oui, spécial !
La dernière croyance : le marché. Tombe. Dieu est tombé. Ce que l’on appelle la « Nature » tombe.
En prônant un hédonisme débilitant, l’Homme a érigé sa propre tombe. Où il demeura avec toutes ses chimères et toutes les civilisations qui l’ont précédé, c’était plus que prévisible puisqu’il est programmé pour cela : le parasitage.
Il dira bien que non, il est tellement anthropocentré que pour le comprendre, pourtant, c’est comme cela que ça se passe.
Conquérir. Détruire. Construire.
Mais son savoir et sa sagesse ne sont pas suffisants que pour arriver à faire quelque chose qui s’intègre dans le Cosmos. Il ne voit que la Nature que comme une ressource alors qu’elle est un système complexe que personne ne comprend vraiment.
Lui qui ne se comprend déjà pas lui-même et qui, pour les plus sages, se demande comment nous avons pu en arriver là…

Joker, celui qui devint ce qu’il ne voulait être alors que ce n’était qu’une question de Temps

Certains disent que le Joker est une ode à la violence.

Mon avis :

Ce n’est pas l’apologie du crime qu’il fait. C’est la démonstration de la vengeance. Aussi bon que l’on puisse être, nous avons tous une limite animale aux bafouements que nous pouvons subir.

Le respect amène respect. L’irrespect, la violence.

Ce n’est pas l’apologie du crime qu’il fait. C’est la démonstration de la vengeance. Aussi bon que l’on puisse être, nous avons tous une limite animale aux bafouements que nous pouvons subir.

Enlevé la dignité d’un homme, que lui reste-t’il ? Haine. Haine. Et haine.

Dans le joker nous voyons (et c’est Nietzschéen) que la meilleure vengeance est la puissance. Totale puissance. Celle qui ne se soucie pas de celui qui veut lui causer du tort, qui le balaie d’un revers de main. Comme-ci il n’existait pas. Un non-événement. Entre mépris, cataclysme et délivrance.

De plus, Joyeux, le Joker, luttait contre lui-même, pour ne pas devenir un monstre, il tentait d’atteindre la gaieté, de faire rire chaque jour, alors que sa vie, son être le poussait à l’inverse.

Lui qui avait tant souffert depuis sa petite enfance, était ontologiquement destiné à faire le mal. Comble de l’histoire, la société, l’autre, l’ont amené à devenir la bête qu’il cadenassait.

Pour les damnés de la terre, la rébellion, la révolte peut surgir à tout moment. a que l’on crée des monstres. Ce que cette société devient ; une monstruosité où les valeurs les plus nobles sont les plus menacées.

Tendez l’autre joue, vous aurez une deuxième claque.

De l’annihilation du consommateur-consommant

Quelque part entre ce que le monde nous promeut, entre ce que l’on se promet, entre les prétentions « psychiques » et matérielles ; celles du vouloir avoir, de la possession, du labeur passé à l’obtention de choses diverses dont souvent l’on finit par se lasser (voire même dont nous nous lassons de nous lasser) et du vouloir être. Entre la mécanique fuitée du désir et la mécanique de l’avoir, il y a un champ, un champ ontologique de vouloir vivre, de création, de fixation d’un grand soi, d’un plus grand soi, de vision, d’une vie harmonieuse, d’une vie en paix avec elle-même et le monde qui l’entoure. Un écart entre ce que le système nous amène à être ; le consommateur-consommant et l’être pleinement créatif, en pleine possession de son être, allant vers ses potentialités, conscient de ses actes, de ses émotions, dépouillé des turpitudes amenées par l’extérieur, celui qui a le contrôle de son émotivité, qui n’est plus dupe face à lui-même, à ce que l’on a amené à être.

Il serait infantile de parler de liberté totale mais plutôt d’une sensation, d’un sentiment de liberté totale. Une liberté résignée. Venant d’un découpage, d’un tri, d’un auto-examen entre ce qu’il peut et ne peut pas, ce qu’il doit et ne doit pas. Une introspection face à soi et au système donné. Face à ses prétentions et ses propres possibilités. L’Homme du ressentiment nietzschéen vient de là ; de la frustration de n’être ce qu’il aurait voulu être et de n’avoir ce qu’il veut. Un monde qui n’est pas à son image. Un moi fuyant vers un néant destructeur.

Dans le système de la profusion et de l’immédiateté, il est possible de vivre heureux et serein, sans avidité face aux situations communes de la vie donnée par les structures, vie qui en occident est guidée par le consumérisme (J’achète donc je suis, je joui donc je suis) ; religion de l’Homme contemporain d’ici. Le confort tend à effacer le sens profond, ontologique, de la vie humaine. La dimension transcendantale de l’individu. L’amenant à devenir un être gris, béat, réactionnaire, plaintif. Il suffit de faire quelques tours dans les rues, dans les galeries marchandes pour le voir. La gaieté ne se lit ni dans les gestes, ni sur les visages. Il ne s’agit pas là de contenance mais plutôt d’une perte de la lueur sacrée, de la luminescence de gaieté et joie de vivre. L’inverse est plutôt visible ; posture grise, regard vide, blasé, uniformisation de l’attitude et des envies. Quelque chose de peu naturel. 

Alors oui, le prolongement du conformisme et du système marchand est visible, est palpable. Le tout tout-de-suite. D’aucuns verront dans mon message une forme réactionnaire. Je leur dirais que face aux flux du monde, il est d’importance que quelques personnes stoppent, prennent son pouls et respirent, qu’une action amène la réaction. Une vision des plus holistiques possibles. L’économie n’est pas le seul moteur de l’Humanité. 

Si le postmodernisme ; l’évacuation de la religion chrétienne/catholique de la sphère publique nous amène à un nihilisme profond, qu’aurions-nous gagné de grand en termes d’être ?

Nous allons tous vers la mort, et ne vaut-pas mieux y aller lentement ?

Dans le toujours plus vite de notre société, le temps laissé à rien nous dépossède de nous-même. Il nous prive de notre faculté à la contemplation et à l’oisiveté, qui amènent à la réappropriation de soi, de son rythme, à l’élan vers le cosmos, vers l’Ataraxie.

Le ressentiment de la plupart ne serait-il pas du non-être ? Un être manqué ? Le fameux sentiment de passer-à-coté-de-sa-vie affirmé par 50% de la population française ? Mais dans le fond quel est-il ? Est-ce là une vision trop haute de ce que l’on peut et veut faire ? Ou une forme de manque de courage, de convention prise en amont de sa vie ? Un désœuvrement face à son moi profond ?

Tout est lui, tout comme la connaissance, l’état mental d’un individu est aménagé tel une toile d’araignée ; connectiques, réseaux nerveux, fluides, synergie, de l’état de ses articulations, du fonctionnement de son estomac (les fameux neurones dans le ventre dictant l’humeur au cerveau), une agrégation d’éléments agissant sur le moi et la perception du monde. C’est en cela que nous pouvons voir l’importance du tout dans la vie. La vitalité d’une personne peut dépendre d’une seule pilule, du climat, d’un aménagement de chambre. Cela ne peine par l’Homme ayant le sentiment d’être sur la Voie. La seule, l’unique, car il ne peut en être autrement. La joie surgit d’un balayement d’une nostalgie d’un passé conceptualisé, et d’une acception du monde et du soi tels qu’ils sont. L’éviction des prétentions. L’Ataraxie se mérite. Être loin du consommateur-consommant à un prix ; celui du dépouillement de toutes ces chimères. L’Homme qui n’est plus seulement guidé par ses envies, envies qui sont parfois affirmés comme besoins. L’Homme qui n’est plus le pantin du système, d’un bonheur promis par le Marketing, par les choses hors de lui.

Devenir l’Homme, la Femme, qui détient tout. Qui fait le serment du Moins Mais Mieux. Une attitude stoïcienne. Gaieté en lui-même. Comment cela se peut-il ?

Nous avons beaucoup à apprendre de nos pairs sur le sentiment d’une vie bonne, réussie ; c’est-à-dire l’évacuation des frustrations (en grosse partie créée par le système marchand). Il m’est idée qu’aujourd’hui les douleurs viennent en grande partie du psychisme et non pas par des douleurs corporelles dues à une vie austère. Le confort de vie ayant augmenté, la vie est bien moins pénible au niveau effort qu’avant. Pourtant, nous notons les divers burnout toujours en croissance et les douleurs qui y sont liées, douleurs de nature psychique qui se déversent sur le corps (mal de dos, alors que peu portent de lourdes charges).

Schopenhauer nous dit que le bonheur est aux mieux l’absence de douleur. Pour ma part, je crois aux douleurs fondatrices de l’être – celles qui amènent à un mini hapax existentiel, l’effort amène la souffrance qui amènent aussi aux belles et grandes conquêtes existentielles. Au dépassement. Ce qui est trop sous-estimé. Il y a bien plusieurs types de douleurs et plusieurs finalités à la douleur. 

Et si certains ont surreprésenté la grande santé dans leur philosophie, à cause essentiellement de leur piètre santé, ils n’ont eu là que bien raison de le faire !

Surjouons mais surtout, appliquons-nous à être en Grande Santé !

 

Toi, poche de lumière.

Nous avons besoin de poches lumineuses, disponibles ça et là, à portée de main lorsque nous nous asphyxions. Je sais que tu me diras que rien ne changera, que l’ordre est ainsi fait, que les cartes sont distribuées, et tout un tas de choses, et puis, et puis, je sais, c’est vrai.

Mais tu serais bien sot de réfuter que rien n’est joué, que tout n’est pas calculable, que ce que l’on appelle le hasard peut surgir de son trou, qu’il peut bouleverser la donne. Alors même si tu n’y crois pas, tu sais intiment que le hasard n’a pas besoin que l’on croit en lui. Un peu comme toi, pourquoi voudrais-tu que l’on croie en toi. C’est un jeu. Et tu sais aussi que le hasard est rare. Que le hasard peut tout aussi bien être destructeur que constructeur. Tu sais aussi que tu es perdu, car le vrai est entrelacé, perforé, englobé d’autres vérités, parfois plus pures encore. Le faux n’est pas le faux, il peut lui aussi être vrai en fonction du moment, de ton état d’esprit, et des événements. Tu es perdu, car tu n’avais pas reçu une éducation dogmatique, faite de certitudes, tu étais vierge.

Toi qui penses que c’est ta plus grande malchance, tu t’es trompé, encore. Tu peux voir plus grand, encore, encore et encore. Et tu te tromperas, tu penseras même te tromper alors que tu ne te trompes pas, encore. C’est la complexité de la vie. Tu vis la complexité de la vie. Elle est en toi. Tu es la vie. Une apparente stabilité dans un chaos en ébullition, en toi.

Deviens une poche de lumière. Je t’en conjure. Deviens une poche de lumière. Nous aurons besoin de toi. Lorsque l’Humanité deviendra plus crade encore, nous tomberons sur toi. Cela nous ramènera à autre chose, quelque chose de grand. Nous ne te demanderons rien de plus que quelques paroles. Un peu d’éclairage. Tandis que nous serons en pleine perdition, nous ne te demanderons qu’un peu de lumière, qu’un peu de ta pensée le jour où nous ne serons statufiés.

De la masculinité : être un homme

Être un homme, c’est être tout et rien. Comme l’utilité de la philosophie : tout et rien. Je ne pourrai donc dire ce que c’est d’être un homme. Mais je crois pouvoir dire qu’il s’agit d’une chose qui dépasse la masculinité, la virilité et les valeurs dites de force, de courage, de couilles et de ce que chaque personne pourrait en dire.

Être un homme est un concept. Il y a dans cette expression, les perceptions de ce que doit ou devrait être un homme, les valeurs de construction sociale, les perceptions de la masculinité, un tas d’autres choses que l’on pourrait mettre sur papier encore, encore, et encore. Bref un concept. Mais pas que.

La masculinité, tout comme la féminité, l’enfance, la vieillesse ne se réduisent pas à une charte de qualificatifs. La richesse de la vie, le fait de ne jamais pouvoir aller au bout du bout de l’absolu du monde, de ne pouvoir être partout en tout temps, rend le concept obsolète sur papier. Cependant l’homme existe bel et bien. Il est donc en réalité plus qu’un concept aussi complexe soit-il. On est ici comme souvent au-delà du champs des idées

Je ne peux écarter le fait que les hommes et les femmes sont différents au point de vue de la physiologie, des hormones, et encore une fois, de choses qui dépassent mon entendement.

Il y a pourtant des choses à clarifier : beaucoup trop d’hommes pensent que la sensibilité est affaire de femmes, la douceur, les sentiments, la préciosité…Souvent ils gardent cela enfuit en eux, ce qui les amène à des attitudes destructrices, à des frustrations, à une mésentente avec eux-mêmes. En produisant ce genre d’attitude, ils alimentent le concept, la construction sociale. Allant parfois jusqu’à étouffer cette merveilleuse qualité humaine qu’est l’empathie. Du mutilant pour tout le monde.

De ma petite expérience, je pense avoir vu que le spectre des émotions, des sentiments, des pensées est le même pour les deux sexes. Les sensibilités diffèrent d’un individu à un autre, ce qui est naturel mais le sexe est une partie jouant sur l’être, il n’est pas tout. Et là, je ne rentrerai pas dans une phénoménologie pour de multiples raisons. La plus grande étant ce que j’ai évoqué ci-dessus : aller au fond est impossible et la plus simple des manières est la meilleure – se concentrer sur l’attitude.

Et comme la vie, le monde sont complexes, que les choses sont imbriquées, que la plus constructive des visions est transversale, je crois qu’il est bon de retenir ceci :

Être un Homme, c’est s’améliorer et faire son auto-examen chaque jour, c’est être bienveillant, respectueux, communicatif, à l’écoute, aimant, ne pas être insistant, respecter le choix des autres. C’est comprendre qu’être bon avec le monde, avec les autres, c’est avant tout être bon avec soi. C’est éviter la haine, convier la fraternité à la table de sa vie. C’est avoir du courage d’assumer ce que l’on est et ce que l’on veut être, ce à chaque moment de sa vie. C’est embrasser la complexité du monde. Penser jute. Agir juste. Parler juste. C’est ne plus utiliser l’insulte « fils de pute » : attaquer la mère d’une personne par la parole est d’une bassesse qui n’est digne de personne. C’est lever les yeux au ciel en se disant que la vie est belle. C’est être guidé par l’amour de la vie, des autres, aller vers le grandissement de soi. Avec la rigueur, la fermeté et l’oisiveté comme grandes amies. C’est ne plus penser en terme simpliste, dans un tube, c’est penser en prisme. C’est rassembler. C’est être critique, c’est tenter, ne pas juger, ne pas tomber dans la haine, c’est raisonner, caresser la poésie et le cosmos. C’est n’avoir d’autre devoir que d’être bon avec les autres et avec soi. C’est s’aimer d’un amour juste, furtif, qui n’écrase pas.

Il y en a tant.

Peut-être que c’est simplement s’inventer soi-même. Déjouer le mutilant. Aller vers l’émancipation. Le devenir soi. Cette attitude asexuée qui célèbre la vie, qui pousse à dire que : oui finalement, nous sommes des gens biens, des gens bons, des gens justes.

Mais qu’est-ce que le juste ?

Ce qu’une femme et un homme peuvent faire avec amour, passion et désintéressement, s’ils le veulent.