Lettre au résistant Eric Lenoir

Cher Éric,

Le combat que vous menez m’a beaucoup touché. Il me semble que le monde finira par se trouver en paix avec lui-même lorsqu’une masse d’hommes, de femmes, plus consciente d’elle-même, de ce qui la nourrit profondément, s’élèvera contre la marche glacée du Progrès. Mais qu’en est-il ? Qu’est-ce que cela pourrait être ? Pourquoi cette fameuse masse, pourtant si conséquente, si puissante, ne fait rien ? Elle est dans la critique réactionnaire quasiment systématique et si peu dans l’action.

Je pense que c’est bien là qu’il faut appuyer. Dire que les gens sont capables de fonder de belles et grandes choses plus en accord avec le « Cosmos », avec eux, car c’est bien de la forêt mère que nous venons. Quel est notre rôle sur cette terre ? Accumuler sans fin en détruisant le vivant ? Bien sûr que non, je ne vais pas vous l’apprendre. Aussi, je crois que nous devons continuer en ce sens, la révolution est là, d’abord en nous et c’est bien cette masse qu’il faut élever et extirper de ce monde marketisé. Une autre économie est possible. Loin de ce que j’appelle le consommateur-consommant. Le zombie contemporain. Ce que je combats fermement.

Je suis très heureux et très fier de vous faire parvenir mon livre, il est la synthèse à la fois effroyable et libératrice de ce que j’ai ressenti et compris de ce Temps. Je ne me suis pas amusé à l’écrire, il s’agit là comme d’une obligation, une mission, comme vous je le suppose avec votre grève de la faim. Je me suis rendu compte après l’avoir fait publier qu’il s’agissait d’un livre militant. Il est à croire que notre sort me touche beaucoup plus que je ne le pense.

Je vous remercie pour votre attention et vous souhaite énormément de force et de courage pour la suite de votre combat. Il nous faut de grandes et des idées fortes, de la pratique et de belles âmes. Que cela devienne la norme. Force et courage.

Chaleureusement,

Julien Montironi

Sortie de mon livre « Le Grand Nihilisme »

À la Une

Je suis très heureux de vous présenter mon premier livre. Vous pouvez le retrouver ici en précommande. N’hésitez pas à mettre une grande pièce. Il n’est pas évident pour les jeunes auteurs de faire leur trou. Je vous remercie d’avance.

« Un artiste ne peut pas se contenter d’une vie épuisée, ni d’une vie personnelle. On n’écrit pas avec son moi, sa mémoire et ses maladies. Dans l’acte d’écrire, il y a la tentative de faire de la vie quelque chose de plus que personnel, de libérer la vie de ce qui l’emprisonne. Il y a un lien profond entre les signes, l’événement, la vie, le vitalisme. C’est la puissance de la vie non organique, celle qu’il peut y avoir dans une ligne de dessin, d’écriture ou de musique. Ce sont les organismes qui meurent, pas la vie. Il n’y a pas d’œuvre qui n’indique une issue à la vie, qui ne trace un chemin entre les pavés. Tout ce que j’ai écrit était vitaliste, du moins je l’espère… »(Gilles Deleuze). 

Le Grand Nihilisme, opuscule affuté, bref (une quarantaine de pages) dans la longueur mais dense et lointain dans la vision s’empare de l’esprit de notre Temps pour en faire un nectar à haute valeur psychique. J’ai rallumé ce que cette Civilisation avait éteint : la Force Vitale, la Foi, la Puissance, tout ce qu’elle a liquidé de Noble pour remettre l’Humain au centre. En ce sens, il y a plusieurs étapes à ressentir pour arriver à devenir soi, ce cheminement passe de l’effroi à la joie la plus pure, la compréhension de soi et du système dans lequel nous sommes. 

Dans ce livre se trouve une synthèse de ce que j’ai compris et ressenti de cette époque. Cet ouvrage se veut être comme une mesure sismographique de la Postmodernité. Il oscille entre poésie, littérature, et philosophie. Dans le ton, et la vision, je pourrais dire qu’il est la prolongation de la société du spectacle de Debord, et de l’esprit révolutionnaire de Nietzsche. 

J’espère que mon ouvrage aidera le lecteur à dépasser le Nihilisme de ce Temps.

Je vous remercie pour vos partages et votre soutien.

Julien Montironi

Des truelles de Misandrie

Que le ciel et les ténèbres se déchaînent au maximum de leur puissance. Je n’ai, en essence, jamais obtempéré à toute cette parodie. J’ai été bon et serviable avec toutes et tous, et qu’ai-je vu ? Toujours plus de haine, toujours plus de crasse, toujours plus de porcs. Ils dégoulinent, ils giclent, tout ce qu’ils savent faire ; dégouliner, gicler de leur transpiration purulente et leur sperme puant. A bavasser tous satisfaits de leur supériorité.

Et l’Art. Au feu l’Art, désincarné. On en a fini avec la peinture dans la postmodernité, on en a fini avec le Beau, on en a fini avec le sacré. La Poésie. Au feu ! La consommation. Le Divertissement. Hanounaïsés.

Et Les femmes ? Qu’elles se révoltent, aujourd’hui plus personne ne se révolte, ils pensent se révolter mais que font-ils ? Du canapé. Des cris d’arriérés. Le retour de l’obscurantisme de tous côtés. Et ça veut être fort, ça veut être ci, ça veut être ça. Et ce n’est rien. Tout bonnement capable à ne faire rien d’autre que de gueuler et l’esprit s’en va, l’esprit est crevé au bord de la route tel un corps explosé, dégoulinant de tous côtés. Rien d’autre qu’un animal empilé sur l’infini charnier de l’Humanité.

Donnez-leur de la bienveillance et de l’amour, ils vous crèveront.

Ils ont laissé crever Van Gogh.

Ils ont crucifié le Christ.

Ils ont assassiné Modigliani.

Les femmes ne font pas la guerre, et si c’était finalement cela leur problème ?

Le surhomme est pourri

Pourquoi ne peut-on plus faire confiance à personne ? Car tout est gangrené, du système de santé, à l’agriculture, en passant par les agences de presse. Telle est la démocrature, rien n’y est plus fiable, le mensonge est devenu la norme, des politiciens aux « philanthropes ».

Nietzsche avait pressenti la fin de la force vitale occidentale ; son suicide, sa propre liquidation.Tout se réalise et plus encore. Le surhomme sur lequel il pariait tant, est devenu un réactionnaire consuméro-utilitariste, un psittacidé tout fier de sa vérité…un consommateur-consommant.

Il y a bien là quelques résistants, toujours moins nombreux car c’est un enfer dément qui est à entreprendre chaque jour, loin des petits recyclages de poubelles qui donnent bonne conscience…

Post 68

Cet attentant a été ce que l’on peut appeler : le choc des cultures. Derrière les caricatures Charlie il y a toute une culture underground de la BD, qui prend une partie de sa source dans le comics américain tel que Crumb le pratiqua, en ce sens c’était totalement révolutionnaire et allait totalement à l’encontre des pratiques rigoristes de certains religieux, de la vision des extrémistes. Mettez-les deux sur le même territoire…et voyez l’impossibilité.

Charlie était taillé pour des gens qui connaissaient bien Hara Kiri, le professeur Choron et qui savaient que derrière le bête et méchant, la provocation, il fallait être armé intellectuellement, avoir un minimum de culture graphique. Malheureusement la BD est souvent reléguée à des petits dessins pour enfants, c’est pourtant certainement l’un des derniers espaces révolutionnaires, celui qui n’est pas censuré en amont par une instance tel que le « Comics Code Authority » le fit milieu du siècle dernier. Les petites vignettes ont toujours eu cette faculté là. Des premiers dessins érotiques partagés sous le manteau les siècles derniers à Maus d’Art Spiegelman.

La couverture avec Stromae m’avait touché mais cela fait partie du jeu et jamais je n’aurais voulu leur mort car dans le fond ce ne sont que de bêtes dessins, comme ils le disent. Aussi en étant touché, cela marquait quelque chose que l’on possède en soi, la sensibilité sur certains sujets par rapport à d’autres, révélateur et amenant à questionnement.

D’ailleurs pour tout dire, je n’ai jamais réellement aimé Charlie, je l’ai toujours trouvé graphiquement vulgaire, grossier, peu fin, cruel aussi. Une question de goût. Pourtant, je l’acceptais car je savais d’où il venait, le prix civilisationnel qu’il a fallu pour avoir cette liberté, aussi c’était un joli pied-de-nez au rouleau compresseur qu’est la culture de masse, celle qui n’est là que pour divertir, conforter le consommateur dans ses propres croyances. De plus il fallait un extrême courage pour attaquer les sujets comme ils l’ont toujours fait, cela flirte avec l’Art Total, de très près.

Cet attentat fut encore un indicateur que nous sommes de moins en moins dans le pays des libertés.

Un jour quand, nous aurons perdu face aux tyrannies, vous vous rappellerez que des gens comme nous furent là, et on fait ce qu’ils ont pu, qu’ils étaient bien seuls, qu’ils ont été lâchement abandonné par la masse qui préféra se soumettre à la peur alors que nous avions largement le pouvoir pour construire quelque chose de plus beau.

On se souviendra que les dessinateurs de Charlie furent assassinés pour des libertés dont ne savions déjà plus jouir.

Mai 68 mort et enterré.

Cancer Culture

Certains sont faits pour enrichir la Culture, d’autres pour l’effacer. Tout comme la critique, il est toujours plus aisé de déconstruire que de construire. En ce sens, c’est le dépassement par l’effort que l’on met en avant, une certaine abnégation, ce qui est extrêmement compliqué quand on est dévoré par la haine, le ressentiment.

Quel projet proposent-ils ? Détruire des statues, changer les noms de livres, interdire la parole de ceux qui ne pensent pas comme eux ; ce qui est la grande spécialité des « ouverts d’esprit ». Est-ce donc cela la fameuse inclusion ? Symboliquement c’est assez raté. Le fondement de ces actions est très simple ; les dominés veulent devenir dominants, et comme le sentiment d’appartenance à une grande civilisation, à de grands lendemains, à un destin commun, est très effrité c’est le moment d’agir. Il faut donner le coup de grâce aux oppresseurs.

C’est comme cela que les civilisations meurent, de l’intérieure, par un remplacement des valeurs traditionnelles. Cet espace laisse place à de nouvelles croyances, de nouvelles façons de se comporter, ce qui débouche à de nouveaux modes de vie. Rien de bien extraordinaire. L’évolution tout simplement. Des forces en affrontant d’autres.

Le Capitalisme a pris quelques coups et si il tombe, c’est bien le chaos qui nous attend. Car ceux qui veulent prendre la place des maîtres n’en n’ont pas l’étoffe ; voyez déjà où nous en sommes aujourd’hui par la liquidation de tout ce qui pouvait donner de l’esprit à la vie humaine, ceci écrasé par la société du spectacle.

Ce qu’ils appellent Culture est du divertissement. Ce qu’ils appellent enseignement est de l’uniformisation. Ce qu’ils appellent consommation est destruction de la planète. La Néguentropie de Stiegler est sans doutes une chimère à l’heure du Postmodernisme car on ne peut continuer à créer du PIB à notre vitesse dans un modèle respectueux de la « Nature ». Cela va totalement à l’encontre du logiciel économique créé de concert avec l’industrialisation.

Mais pourtant, Noblesse Oblige, les décadents exemplaires s’ emploient à construire d’autres fondations, non pas pour l’image écolo toute politicienne mais pour l’extrême beauté de ce qui nous a engendré ; le Cosmos.

Ne pas être dans de petits calculs mesquins. Créer un nouveau patrimoine tout en n’oubliant pas la laideur de certaines parties de notre histoire, de l’histoire humaine en général. Pour qu’un jour peut-être, de nouvelles statues, plus belles je l’espère, soient érigées aux côtés des anciennes.

Ce qui, dans le fond, est bien futile par rapport à l’enjeu du début de notre siècle : renverser l’Anthropocène. Éteindre le Pyrocène.

Petite interlude dantesque face à la démence généralisée

Vibrations, des vibrations, des grincements, cela couine, cela pue. L’époque. Ils désinfectent mais la crasse rutile, elle pourrit toujours plus l’atmosphère, elle est fière de sa bêtise, de son incurie face à ce qui est plus grand qu’elle. Elle est décomplexée. Satisfaite, elle est autosuffisante, et elle se pâme de toute sa laideur boursouflée d’opinions débilitantes, à pourrir le reste. Psittacidés. La masse ! Ils ont gagné. Le confort est là. Ils ont plus de temps pour eux que jamais ils n’en ont eu, et qu’ont-ils fait ? De l’abrutissement. Du divertissement. Ils mangent les cadavres. A manger les cadavres. Ils sont bons les cadavres. Broyés à la chaîne, produits par des miséreux aux dents longues en putréfaction de leur amour pour le Capital. Ils puent la mort. Ils en jouissent du tumulte de la douleur, des cris dans les cages, les fientes accumulées, des gorges coupées, des enfants dans les champs. Des dollars. Des dollars. Ils en jouissent à créer des besoins. Le progrès. Ils appellent cela le progrès.

Des porcs ! Mais les porcs sont plus fins que les vrais porcs. Ceux qui ont les cartes et qui ont toujours deux trois coups d’avance. Ils nourrissent la démocrature. De leur panse alourdie de bêtise et d’avidité, ils en rigolent.

Du plastique dans l’estomac, des pesticides dans la cervelle. Oh qu’ils sont biens les civilisés. Les civilisés. A bêler « Nous ne sommes pas des moutons, vous êtes les moutons. Et les autres bêlent la même chose ; nous ne sommes pas des moutons, vous êtes les moutons ». Et ils sont satisfaits de leurs produits griffés, qui leur dira à quel point ils sont dans le coup. A quel point ils sont au-dessus de la masse alors que des millions se disent la même chose avec même ou quasi-même produits. Ils ne sont pas des moutons ! Uniques, uniques, ils sont tous satisfaits d’être uniques.

Et les porcs, les vrais porcs en rigolent.

Les tripes et le style

Je suis exténué de devoir composer avec ce monde. Il me transperce. Je n’ai plus rien grand chose à y faire, ni même à dire. La peinture est tout ce qu’il me retient encore. Mais pour combien de temps ? Etant donné que je ne suis jamais aussi bon que je ne le voudrais, que je me dégoute de moi-même, du peu que j’ai écrit, de tout ce que j’ai fait, des relations humaines, de ce qu’elles impliquent. Je suis usé. Combien de temps vais-je encore tenir ? Cette douleur de vivre est souvent insupportable. Et je me bas. Pourquoi ? Si ce n’est pour l’espèce, ni même pour moi. Pourquoi. Cela doit être la peur d’en finir pour de bon, une bonne fois. Je suis fatigué du manque d’argent, de l’impossibilité de publier, de devoir me réinsérer dans une société qui ne me dit plus rien de bon. Que chaque jour, je ne puisse faire ce que j’aime le plus.

Je n’ai jamais eu assez de génie en moi que pour être grand.

Je n’aurais été que moyen. En tout. Moyen.

Vision de terreur.

Je fais partie des perdants.

Prolégomènes d’un nouveau mouvement de peinture

Admirateur des mouvements anciens de peintres révolutionnaires par leur vision et leur capacité à expérimenter, je suis un peu nostalgique de leur fin, je l’avoue. Je regrette même de n’avoir pu goûter à cette époque. Fauvistes, Expressionnistes, Impressionnistes, Nuagistes…sont éteints. Bien éteints. Malheureusement.

Du Cavalier bleu à Cobra, le temps à la peinture révolutionnaire est bien mort. Il me vint alors à l’idée de réanimer son esprit par ma pratique dans mon atelier, ce que je fis avec plus ou moins de succès. L’expérimentation et l’improvisation comme valeurs centrales.

Cette expérience me poussa à aller plus loin dans mon raisonnement. Voulant partager et étendre cette vision des pionniers, l’idée m’est venue de monter un groupe de jeunes peintres. De repartir à zéro en quelque sorte. Toujours avec cette mécanique centrale de bâtir une pratique artistique basée sur l’improvisation, la faculté de réflexion et d’expérimentation. Esthétique et poésie. Art brut et lyrisme.

Ce projet est ambitieux. Je pense qu’il aura la vertu de faire vivre un petit groupe dans une dynamique presque mystique. Et pourquoi pas, à amener un nouveau souffle à la peinture postmoderne dont l’horizon colle à l’ère du Temps, celle qui est globalement aussi tombée dans le jeu du marché. Taillée comme un produit pour être vendue comme tel. Chacun de son côté. A vendre sur Internet. Sans réel esprit. A quelques exceptions près bien sûr.

J’aimerais donc arriver à atteindre avec ce mouvement ce que Kandinsky appela « Du spirituel dans l’Art ». Un endroit où la peinture se fait. Se vit. Se tente. S’écrit. Un endroit où les gens pourraient venir quand ils le souhaitent. Avec des expositions périodiques hors des structures classiques; les Indépendants de la peinture. Gratter la toile comme Benrath, Hartung, Cy Twombly et Basquiat purent le faire. Surfer et danser comme Shigara et Pollock. En discuter tels André breton, Duchamp, Magritte et Piccabia. Aimer les formes et couleurs comme De Staël et Kupka. Y amener de l’angoisse à la Munch et Soutine. De la puissance, de l’élégance et de la légèreté à la Zao Wou-ki et Fabienne Verdier. Et tant encore.

J’ai commencé à écrire le Manifeste. Je dois encore arriver à trouver un endroit et des artistes avec une vision la plus libre possible; c’est-à-dire, par delà le beau et le laid.

Ce projet est peut-être celui de ma vie.

Je l’espère du moins.

Homme Postmoderne

Ce qui a marqué le début de la faillite à venir de notre Civilisation est : l’industrialisation de l’Animal.
Lorsque il est devenu un simple produit d’usine, c’est l’humanité qui fut définitivement liquidée au bénéfice du profit toujours plus étendu. Les camps de concentration jusque dans leurs assiettes.
A mastiquer détresse et tumeurs.
Homme Postmoderne.

Zemmour, Houellebecq, l’Occident et l’Avenir

Zemmour et Houellebecq représentent à merveille l’Occident d’aujourd’hui. Ils sont les symptômes de ses maux ; la transmutation du psychisme d’une grande partie du peuple et du Temps condensés dans deux personnages. Ceci : le Nihilisme, la perte de Vivacité, l’impossibilité de voir au-delà de soi, du marché, de la Nation, une vision pessimiste de l’Avenir.

Ils se basent sur des faits établis, sur ce que le monde moderne leur envoie. Et c’est en cela qu’ils sont de parfaits baromètres de notre Temps. L’inverse du pan de la gauche aux grands principes d’ouverture et de foi dans l’humain, ceux qui trouveront toujours des raisons, des excuses aux pires des salopards. Malgré les pistes brouillées, les valeurs portées sont quasiment identiques : Nihilisme, essoufflement.

C’est un esprit nouveau dont l’Occident a besoin. Entre Vitalisme et Naturalisme. Tant que le profit, le PIB, la consommation seront les valeurs suprêmes de notre Civilisation, rien de bon ne pourra plus advenir. L’épuisement psychique vient de là : destruction de l’Esprit et du Sacré (le sacré étant la Nature, socle de la Vie, celle que nous avons battue à mort. L’Esprit, notre faculté à penser de façon équilibrée. La raison n’a pas tout réglé. L’Anthropocène en est le fruit).

Sortir l’individu de l’horizon libéral-capitaliste par la nature, l’entraide, l’empathie par rapport aux autres et autres espèces. Réenrichir ce que l’humain porte de plus beau en lui. C’est un programme complet à mettre sur pied. L’Esprit au sens philosophique avec sa part de mystique. la Superbe. Le Sacré. Tout est là dans le Cosmos. En nous.

Quelle est le symbole de notre Temps ? Une pomme ? Gâtée ? La technologie ?

Quelqu’un me dit sur les réseaux sociaux que mon discours porte un germe totalitaire. Il ne sais certainement pas que l’injonction faite au bonheur, à la liberté, du libéralisme et du Capitalisme est elle plus totalitaire que ce que je porte : le Vitalisme et l’Esprit dans un monde de profit infini. Sa promesse. Jouissance sans effort.

Il ne comprend sans doutes pas non plus qu’une prise de position porte en soi un totalitarisme, prendre une décision, un chemin, faire une profession de foi en quelque chose, est en soi subjectif.

Exemple : le néolibéralisme qui veut que le marché ne soit pas régulé, ce qui est aussi un totalitarisme quand on voit les résultats, la pauvreté qui grandit. La « liberté » ne débouche pas toujours sur ce que l’on espère. Voyez la porosité entre le couple démocrature-démocratie.

Je ne décide de rien pour l’Humanité, j’expose ici, par impératif. Mais sachez que d’autres ont toujours décidé et décident toujours de ce qui est bon ou mauvais pour l’Homme, c’est ce qui fait la direction de la marche humaine…pour le meilleur et pour le pire.

Je dis aussi que des valeurs universalistes, universelles, la Nature et l’Esprit sont à cultiver. Culture. Permaculture. C’est de là que le meilleur peut advenir. Pas dans la marche au profit et au Progrès pour le Progrès. Les valeurs de Connaissance, de création, de respect de la Nature doivent atteindre les cimes les plus hautes de l’Être. Le devoir de notre race est celui-là et pas ailleurs. C’est là que nous pourrons contrer l’Anthropocène. Ramener la philosophie dans la Cité.

Henri Ford ne voulait pas de penseurs mais des travailleurs. En 2019, on veut des consommateurs. En ce qui me concerne, j’avance qu’il nous faut l’inverse. Et mieux : des penseurs pratiques, des créateurs, c’est-à-dire des gens capables d’aller vers l’autonomie alimentaire, de pensée, de créer de l’Art Total, d’être Art, dont les connaissances les amènent à une sagesse pratique enrichissant le Cosmos (la néguentropie). Un savoir pratique holistique. C’est à partir de là que l’amour de la Vie, du savoir naît ; l’amour de la connaissance. La Vie Artistique.

Ce qui débouche à une autre manière d’être et de posséder. J’en fais moins même l’expérience. Il faut une certaine radicalité avec soi pour changer profondément. C’est le prix à payer de l’individuation.

Chercher dans La Vita Artistica.

 

Gilles Deleuze écrira dans Pourparlers :

« un artiste ne peut pas se contenter d’une vie épuisée, ni d’une vie personnelle. On n’écrit pas avec son moi, sa mémoire et ses maladies. Dans l’acte d’écrire, il y a la tentative de faire de la vie quelque chose de plus que personnel, de libérer la vie de ce qui l’emprisonne. […] Il y a un lien profond entre les signes, l’événement, la vie, le vitalisme. C’est la puissance de la vie non organique, celle qu’il peut y avoir dans une ligne de dessin, d’écriture ou de musique. Ce sont les organismes qui meurent, pas la vie. Il n’y a pas d’œuvre qui n’indique une issue à la vie, qui ne trace un chemin entre les pavés. Tout ce que j’ai écrit était vitaliste, du moins je l’espère… »

Dante

Je suis allé sur la tombe d’Alighieri. Il me dit. Rigoles-tu encore Atarax ? Vois-tu ton espèce ? Oui ? Non ? Regarde, toi aussi tu en fais partie. Les cercles sont là. Tu ne pourras rien y faire. Il t’a fait beau, grand et fort. Mais cela ne t’a pas empêché de tomber dans la plus profonde mélancolie. Jamais tu n’en sortiras. Sais-tu pourquoi ? Le Monde est en toi. Celui qui aurait dû encore plus !

Va, damné.

Le bal des parasites : introduction.

Qu’est-ce que tu veux que je te dise, petit ? On a mis sur pied un tas de systèmes. Un tas. Le communisme, le fascisme, le capitalisme, le nazisme, le libéralisme, le maoïsme, la démocratie et d’autres trucs que j’ignore, tellement d’autres. Beaucoup se sont effondrés, ce sont des cycles, chaque chose a sa durée de vie. Rien de grave. C’est comme la vie, ça naît, ça meurt, on en verra d’autres. Mais tu sais quoi petit ? Les oppresseurs et les oppressés demeureront toujours. C’est dans l’ordre des choses. Tout n’est pas sur le même plan.

Tu ne dois pas t’en faire. La plus grande liberté est de connaitre le système et ses limites, de composer avec, mais comment veux-tu appréhender tout cela si tu n’as déjà pas appris à te connaître ? La plus grande liberté est de savoir que l’on n’est pas libre, les systèmes sont des conneries. Supprime ce qui t’embête dans ta vie, entretiens ce que tu affectionnes, progresse, transcende-toi. Trouve ton truc. Tu tomberas certainement dans certains pièges, tant que tu t’en sors, c’est rien.
Mais ne sois pas dupe. Le système aurait pu être un autre système. Et toi, tu peux être ton propre système dans le système, aux côtés d’autres système qui sont des gens, des animaux, des structures.
Surfe sur toute cette crasse. Défie la poussière. Tu vaux bien plus que ce que le système te propose.
Moi, j’ai merdé du début à la fin. Je n’ai pas su faire ce que je te dis. Je sais pas, sans doutes ai-je manqué de courage, de force ou de substance. Mais que veux-tu, de là où je viens on n’apprend rien de grand, on vit mécaniquement, selon des schémas bien établis “tu feras des études mon fils et tu trouveras un travail”. Et tu t’exécutes. Et dix ans, quinze ans après, tu te demandes quel est le sens de tout ça ? Tu regardes ton petit salaire d’employé, tu allumes ta télé, tu t’endors après ta journée de boulot, tu t’amollis, t’abêtis, tu as la frousse de tenter quelque chose de plus grand parce que le confort ordinaire t’a mordu, que la sécurité t’emprisonne, que tu as peur de perdre le peu qui ne t’appartient pas encore.
Je suis prisonnier du système. Et pire encore, de mon propre système. Je suis ce que l’on a voulu de moi, ce que l’on a fait de moi. Et je ne saurai jamais être autre chose, cela a trop duré, c’est gravé dans la roche, je ne peux me déprogrammer. Mais toi ? Tu as encore tout le temps pour faire ta propre programmation. Pour cela, tu aurais besoin d’appuis, de mentors, de gens qui sèment de la lumière en toi. Je serai là pour toi.
Il partit, laissant la lumière allumée.

Dieu n’est pas mort, son cadavre bouge encore

Alors que les barrières étaient tombées, qu’il avait la libération en point de mire, il a échangé ses chaînes, contre d’autres, bien plus vaniteuses. Il est allé vers le rien, le néant.

Le céleste n’était plus, et une partie de lui-même non plus.

Il aurait pu transformer ce vide de pensées, de sens, en le contre-balançant avec un travail de réflexion sur le monde, en plaçant la culture au centre. Il avait tous les outils technologiques en mains pour cela. Il ne l’a pas fait. Il a préféré s’abêtir dans l’instantané, il a préféré utiliser le peu de temps dont il disposait à ingurgiter des informations abrutissantes jetées en masse ça et là dans le tourbillon médiatique. Dans le fond, ce ne serait pas vraiment grave, s’il appréciait sa vie, chose dont il n’est pas sûr.

Paradoxalement, il est son propre Dieu, et ne crée rien, il conspue, pleure sur son propre sort, alors que les voies lui sont ouvertes. Sans doutes, est-il devenu paresseux. On pourrait ne pas lui en vouloir d’ailleurs, très longtemps on lui a dicté ce qu’il devait faire, penser, et à cette époque il n’était sûr d’être heureux non plus.

Le divertissement est chose facile, c’est bien pour cela qu’il existe, pour alléger l’existence, pour reposer l’esprit se dit-il.

Mais, qu’il prenne garde, le repos du guerrier est une chose, le repos du paresseux en est une autre. Tandis qu’il s’affale dans son confort, que sa pensée devient de plus en plus molle, qu’elle perd en consistance, d’autres saisiront l’occasion pour lui dire avec véhémence et certitude que face au néant, eux ont la solution. Qu’il devrait leur laisser le plein commandement de la société, et que tout ira beaucoup mieux.

Si cette direction est prise, il ne pleura pas sa chance gâchée mais plutôt la situation dantesque. Il pleura pendant que les derniers bastions de son Humanité se retrouveront écrasés par des êtres pires que lui encore.

La liberté de penser est étouffée par la bassesse lyrique (défaut du langage amenant à un défaut de pensée) d’une grosse partie du peuple, et cela le restera tant que les pré-surhommes (l’homme en quête d’Humanité) resteront de gré ou de force dans l’ombre.

Grandeur

De l’espoir anéanti naît la sublime grandeur – Alors que la victimisation, la quête de bonheur, du bien-être sont plus que jamais à la mode, que la tension travail vie privée pousse au burnout. Certains s’envolent loin. Ils créent leur propre ciel, sont leurs propres étoiles. Ils illuminent nos noires contrées. Par delà l’occidental biberonné au matérialisme et harcelé par les publicités de toutes parts, ils se trouvent. Après avoir dépassé Dieu, ils ont dépassé le nihilisme, le trou béant que celui-ci avait laissé. Ils sont assez forts pour croire en la vie et voir le sacré là où le consommateur ne voit rien d’autre que bêtise juvénile. Ils sont au-dessus de l’abattement général, au-dessus de ceux qui ne trouvent que le négatif (ils le cherchent avant tout, par peur de faire face à eux-mêmes). Ils savent que le confort les abêtiraient et que l’effort léger, que la gaieté amènera ce que l’espoir détruit. Ils vont vers le meilleur, ils n’attendent pas le meilleur.

Ils ne sont attentistes. Ils n’attendent rien des autres, du système. Ils se battent, le cœur empli d’envie, de passion, avec la soif de ne vaincre autre chose qu’eux-mêmes. Dans un monde qui laisse peu de place à la lenteur, à ce que les utilitaristes et certains capitalistes appellent “l’inutilité”, eux gagnent sur tous les terrains, les terrains de la sagesse, de l’amitié, de l’amour, de la poésie, de la nature, du noble. Ils sont Femmes et Hommes complexes, complets. Ils sont le contre-poids face à ce désœuvrement, cette vision totalement dédiée à l’économie et au futur noir, des Femmes et des Hommes d’aspirations nouvelles. Ils n’espèrent pas, ils prennent leur avenir en main, en affrontant de grandes questions existentielles.

Avec vigueur et courage ils créent leur modèle de vie en s’écartant du modèle promis ou plutôt subrepticement imposé. Ils ont compris que ce n’était pas tenable, que vivre comme un consommateur revient à abandonner une partie de leur humanité, celle de l’Homme libre. Oh non, ils n’ont pas besoin d’espoir. Ils sont l’Espoir. Et j’invite toute personne désireuse de vivre grand à tendre vers cet espèce d’Hommes modernes. La peur ne vous guidera pas ! Amis. Emplissez-vous de confiance et dites à voix haute : la vie est grande, elle est partout, elle est en moi !