La nébuleuse du désespoir

Les oiseaux me parlaient,

j’étais nonchalamment accoudé à cette vieille table

buvant et lisant un texte de Julien Offray de La Mettrie nommé « L’homme machine ».

Les oiseaux me parlaient,

ils me soufflèrent ce que je savais déjà ;

la dernière étape.

Je me mis à pleurer, de longues poussées de larmes brûlèrent mon visage.

Me sentant responsable de la courbe mourante, je ne puis m’empêcher de dire.

« Mes amis, je suis comme vous, né à un moment, à un endroit. Je suis le fruit de la ligne du temps, de la biologie. Je vous ai aimé depuis le début, comme j’ai aimé le soleil et le vent sur mon être. Je vous ai aimé de tout mon cœur. Vos cages m’ont toujours parues insupportables. Pour cela, dès que j’ai pu, je vous ai offert graines dans de nombreuses mangeoires. Que vous vous sentiez au mieux chez vous, un éden vous étant dédié. Que puis-je y faire mes amis ? Moi aussi, je m’éteins ».

Un rouge gorge me fixa puis s’envola.

Mes larmes chantèrent aussi.

J’étais seul face à la dernière étape.

 

 

 

Aventure

Au milieu de la nuit tombante,

mille vies en soi,

dansent,

loin du cimetière des désespérances.

 

Le spleen décomposé,

fracassé,

par la gaieté,

se tient à l’écart.

 

Laissant le chemin libre,

à la douceur.

Celle qui fit de l’enfance,

la plus Belle Aventure.

 

Un émerveillement plus grand,

que toutes les douleurs.

 

Non retour

Cela fait tellement de temps,

que l’on cherche la vérité,

en face d’un miroir.

Aspiré par les ondes, vers les points de fuite,

une entité pensive,

animée par le grand rien, se meut.

Elle cherche justificatifs à l’existant,

foi,

explications,

sans fin.

Et tandis que les hordes de miroirs se massent,

tout autour,

elle a déjà atteint le point de non retour.