E.

De ma propre tombe, je recherche les forces telluriques.

Ce monde m’est invivable.

Quand viendront les grands espaces frénétiques ?

Quand viendra la grande liberté ?

Je ne vois plus que des écraseurs d’âmes.

M.

Nous naquîmes d’un Monstre.

Il n’en n’avait jamais assez.

Il fit en sorte que nous n’en ayons jamais assez.

Faisant de nous des consommateurs-consommant.

Des monstres.

Egocentrés.

Anthropocentrés.

Jusqu’à l’Anthropocène.

Monstres de Monstres.

G.

Dans les labyrinthes du monde, nous nous obstinons.

Les kilomètres sans fin franchis,

esclavagistes.

 

Que de belles chimères,

j’ai vu là en haut,

dans ma tête.

 

Que de belles promesses

me furent faites,

dans l’Arène.

 

Lumière hypnotisante.

Flash percutant.

Panneaux obnubilant.

 

Quelques grattements rendirent compte,

de la macabre danse.

 

Mesdames et Messieurs,

vivre c’est consommer,

consommer c’est vivre.

 

Je vous prie.

 

Dansons !

 

Ailes

Notre cerveau post-industrialisé,

à la méthode Taylor

parcellise notre vision.

 

Donnant une patine conforme à ce que nous pensons.

 

Qu’est-ce que le moi ?

Qu’est-ce que le nous ?

 

Conscience de.

Souffle vital.

 

Il n’y a bien aujourd’hui que la pensée océanique qui me plaise.

Aux ailes azurées sans fin.

Retournant les abysses sans fond.

 

Disparition des chaînes.

 

 

 

 

 

 

Éternel

Il n’y avait là aucune élégie à faire.

Ma pensée torve, déraisonnée explosait,

faisant petit sens dans un tout incompréhensible.

 

Elle était bien là à l’image du monde.

 

Un marteau frappé sur une enclume,

bientôt remplacée

par un autre marteau.

 

Ersatz éternel.