Exortum est in tenebris

Je me fonds dans les ténèbres.

Traînant le cadavre de Dieu.

Et le Diable me traque.

 

Je me fonds dans les ténèbres,

et ma foi morte se moque de moi.

 

Je me fonds dans les ténèbres,

et Dieu n’est pas à mes côtés.

 

Le Diable se fiche pas mal de moi.

Et Dieu m’en veut.

 

Morts, morts, morts.

Tous ils sont.

 

Apostat.

Apostat.

Apostat.

 

Nihilisme.

 

Seul. Seul. Seul.

 

Du début à la fin,

je danse gaiement face au désespoir.

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Versus Virtù

Je ne bois plus que du sang et des larmes.
Moments d’affliction,
amenés par l’amertume d’un monde fait de gâchis.
Les hédonistes font paravents du réel,
aller vers les plaisirs pour cacher le malheur de ce siècle ;
Dénégation et Anthropocène

Lettera Amorosa

On se bat toute sa vie à ne pas être les objets du destin. Mon amour, j’ai vu les rouages de près, j’étais moi aussi un rouage. Mon corps me montre ses faiblesses déjà, moi qui me vis comme une machine ; une humaine machine.

Que je me suis trompé mon amour. J’étais en dehors, mon esprit était déjà loin.

Tu me diras que ce n’est pas grave, que c’est comme ça. Le temps passe et le petit enfant s’éloigne de moi, et je pleurs, je pleurs. Je suis dans un état loin du prospère, je sais que mes forces m’abandonnent et que la société rode, qu’elle m’épuise. Que je devrais faire face aux communs encore, encore et encore, à l’infini. Mes plaies ne sont pas béantes, elles sont trous noirs, elles sont torsions, déchirures, ma propre chair ne me suit plus.

Ai-je seulement eu une seule fois le sentiment de savoir qui j’étais ? Non.

Et toi tu ne le sais non plus.

Je suis dans un espace sans temps. On me force à me synchroniser au temps. Je ne suis pas dans le temps. Et déjà je m’essouffle. Je suis essoufflé. Combien de temps encore ? A courir derrière des petits sous, à côté de gens qui se moquent de moi, à vivre dans une société où le lien humain vaut économiquement si peu. Oh, terrible moi-même. Mon amour, j’ai pansé mes plaies, serré les dents et je traîne ce qu’il reste de moi. Avec courage je ramasse mes tripes et mon sang, je me ré-insuffle vie.

Je sais mon Amour, que cela fait bien longtemps que tu ne me comprends plus.

Mon amour, tu sais, si tu n’étais pas là, je ne serais déjà plus là.

La nébuleuse du désespoir

Les oiseaux me parlaient,

j’étais nonchalamment accoudé à cette vieille table

buvant et lisant un texte de Julien Offray de La Mettrie nommé « L’homme machine ».

Les oiseaux me parlaient,

ils me soufflèrent ce que je savais déjà ;

la dernière étape.

Je me mis à pleurer, de longues poussées de larmes brûlèrent mon visage.

Me sentant responsable de la courbe mourante, je ne puis m’empêcher de dire.

« Mes amis, je suis comme vous, né à un moment, à un endroit. Je suis le fruit de la ligne du temps, de la biologie. Je vous ai aimé depuis le début, comme j’ai aimé le soleil et le vent sur mon être. Je vous ai aimé de tout mon cœur. Vos cages m’ont toujours parues insupportables. Pour cela, dès que j’ai pu, je vous ai offert graines dans de nombreuses mangeoires. Que vous vous sentiez au mieux chez vous, un éden vous étant dédié. Que puis-je y faire mes amis ? Moi aussi, je m’éteins ».

Un rouge gorge me fixa puis s’envola.

Mes larmes chantèrent aussi.

J’étais seul face à la dernière étape.