Faîtes vos jeux

Personne n’a le pouvoir de contrer le neolibéralisme, le capitalisme, et donc les multinationales.

Game Over.

Ce n’est pas Jean-Marc et son équipe de bras cassés qui vont aller dire à Elon Musk et Bill Gates quoi faire.

Game Over.

En ce sens, il vaut mieux ne plus penser à l’Anthropocène car peu importe le système adopté, nous y serions certainement arrivés. Un communisme ou un nazisme (Hitler était végétarien) généralisés seraient arrivés au même résultat.

Il est donc important pour chaque citoyen (qui le veut) de vivre dans une réelle communauté résiliente. Un travail titanesque car c’est à partir de la ruralité, de l’individualisme qu’il se faut travailler. Se réapproprier ce que l’idéologie dominante (américanisée) nous a désappris.

La fameuse économie de la Connaissance. (faire pousser ses légumes est semblable à imprimer sa propre monnaie, cela n’est que la base).
Darwin parlait de la valeur cruciale, décisive, de l’entraide de l’espèce, c’est au citoyen de la remettre à la place qu’elle mérite. Un court-circuitage.

Faites vos jeux.

Lettre à la Jeunesse ; le monde qui vient

L’espèce humaine est avant tout une anomalie génétique. Ce qui explique son impossibilité à vivre en communion avec son environnement. Sa sélection n’est plus naturelle depuis longtemps mais elle le redeviendra petit à petit. Cette anomalie a débouché sur des vices de plus en plus grands sous couvert du « Progrès » et de sa superpuissance autoproclamée.

La Barbarie ne fût plus celle des peuples tribaux mais celle des machines. De la dette et des produits hypertransformés. Et le plus drôle, c’est que les pauvres diables croient encore pouvoir y faire quelque chose. Ils ne comprennent pas les forces qui les régissent. Elles sont outremers. Dématérialisées. Financiarisées. De la planche à billets aux graines F1 vides de nutriments dans leur assiette. Oui, ils ont tout mais presque plus rien n’a de goût ni de nutriments. Comment pourraient-ils le savoir ? Eux qui ne connaitront bientôt plus que cela.

Ce qu’ils font aujourd’hui, leur discussion pleine de bon sens revient à gigoter, du vent. Pour les plus actifs, cela revient à faire les choses pour le beau jeu, un baroud d’honneur, noblesse oblige. Mais la masse l’emporte toujours. La masse veut du pain et des jeux. Comme toujours : de la télévision et de la junkfood aujourd’hui.

Cette période est celle de l’âge des conséquences. Et ne croyez pas résoudre les problèmes avec ceux qui ont cautionné cela pendant plus de 40 ans. L’appauvrissement de la pensée. La précarité de la jeunesse, des travails les plus utiles, les plus pénibles. Le cynisme et la satisfaction des élites. La disqualification toujours plus grande des intellectuels du débat public, des vrais, n’a même choqué personne. C’est un état de faits. C’est comme ça. Pas d’existentialisme. Cela en ramènerait trop au Néant de leur condition.

Aussi ils prennent plaisir à se moquer d’une fillette à propos de son physique alors qu’elle ne fait que crier son désarroi du monde qui vient, toujours plus déshumanisé, toujours plus soumis au profit et au Capital. Elle n’a pas l’âge requis. Pas l’expérience. Le formatage n’a pas encore totalement eu lieu car l’adolescence est la période de l’utopie et des rêves et on lui en voudrait de vouloir un monde plus sain…sous prétexte de son âge…il aurait peut-être mieux valu qu’elle se rêve en star de la téléréalité…ah que le monde des adultes est terne, gris, sans passion. Désenchantés. Pourtant ils ont été jeunes aussi…

Si le peuple veut et particulièrement le jeunesse (car elle est la première concernée) veut changer quoi que ce soi, c’est dans la rue qu’il faut aller. Systémiquement il n’y a comme ça que ça que ça marche.

Les bons sentiments et l’optimisme béat n’ont jamais suffit. Aucune révolution. Aucun changement ne s’est jamais fait que dans le sang et la douleur. Mais la démocrature est si forte et les possibilités politiques sont tellement inexistantes que même cela est une utopie. Une révolution s’appuie toujours sur des concepts forts et des leaders révolutionnaires en termes de charisme et de vision. Même cela, notre époque ne sait plus en produire.

Dans vingt ans. Voltaire, Sénèque, Nietzsche, Aurèle, tous les grands philosophes, les grands sages, les grands écrivains seront totalement enterrés. Là sera le clap de fin du grand Nihilisme.

La première mission d’un être humain en 2020 est de sortir du rôle qu’on lui a donné ; celui de Consommateur-consommant.

 

Homme Postmoderne

Ce qui a marqué le début de la faillite à venir de notre Civilisation est : l’industrialisation de l’Animal.
Lorsque il est devenu un simple produit d’usine, c’est l’humanité qui fut définitivement liquidée au bénéfice du profit toujours plus étendu. Les camps de concentration jusque dans leurs assiettes.
A mastiquer détresse et tumeurs.
Homme Postmoderne.

Petites considérations existentielles : neuf

On s’enfonce parfois dans le vide de l’existence, sans doute ce que Sartre appelle le Néant. Il est d’ailleurs un moment où le néant prend plus de place que le sentiment d’exister. Il amenuit notre souffle vital à tel point que l’on s’épuise rien qu’à vouloir se bouger. Cet état de tétanie douce pompe toute énergie ; la volonté étouffée.

J’étais depuis très longtemps dans cette configuration, un humain au centre d’un jeu, d’une société avec ses avantages et ses inconvénient, ses pièges, ses bienfaits.

Mon propre mécanisme, ma propre chimie m’échappait, je ne pus jamais saisir comment je fonctionnais profondément, de ce qui fortifiait mon souffle vital.

Ballotté. Sans père, ni mère, ni Dieu. Dans un liquide chloroformique.

Un jour vint l’effondrement, je fus déclaré inapte à continuer ma vie comme telle. Cette grande brisure faîtes de fêlures datant de tellement de temps me mettait sur le côté. Puis vint encore, d’autres blessures, physiques celles-là. Blessures sur blessures. L’âme blessée, le corps lâchant.

Au plus profond de l’hiver de mon âme, je me trouvais.

Ce que qui me mis le coup de grâce est l’Anthropocène. J’étais habitué depuis très longtemps à la folie humaine, à la destruction qu’elle engendrait mais l’extinction des espèces me mettait dans une insondable torpeur, dans un désarroi terrible. Que nous disparaissions était pour moi logico logique. Que nous détruisions la Création était tout aussi logique mais inacceptable ; que pouvais-je y faire ?

Je peinais à faire ce qui au fond de moi demeurait le plus naturel ; écrire, peindre et dessiner. N’y trouvant aucune utilité sociétale. Ce qui pourtant devait avant tout me concerner.

La course et la marche me permettait de tenir bon physiquement et mentalement. Bravant la pluie, le froid, mes blessures qui se situaient au-dessus des hanches, je pouvais courir. Courir, encore courir. Une fuite peut-être. Le sentiment d’une fuite. De grandir dans la fuite. Se fuir soi-même ? Sa destinée ? Ce dont j’étais fait, construit, assemblé et que j’avais jamais su assumer et ce depuis ma plus tendre enfance. Un imbroglio soudé à une armure impossible à transpercer.

Et Hier vint un évènement mystique extraordinaire :

j’avais posté un poème à connotation liturgique, ce qui me prend assez souvent (un quasi automatisme) exprimant le sentiment que j’avais à avoir posté ce texte « Se préparer au monde qui vient (vivre au dernier stade de l’Anthropocène) » :

 

N’en voulez pas à l’oiseau de mauvais augure.
Il n’est que le messager,
celui qui rapporte les choses déjà faites en amont.

Au contraire, remerciez-le, il est probablement le détonateur,
d’une déviation des actes à venir,
d’un évitement face à la catastrophe programmée.

Comme ces grands rapaces
que je peux observer assez souvent sur les pilonnes électriques.

Il n’y sont pas toujours et quand ils s’y trouvent, c’est leur superbe que l’on observe. Ils transforment l’atmosphère. Le cours des choses prend une dimension mystique.

On admire leur fierté.

 

Je m’étais mis à courir dans mon biotope, ma campagne. Il pleuvait tant, le vent était fort, j’avais un entrainement très compliqué. Epuisant, usant, j’étais sur le retour, la tête basse, entrain de sprinter les cinq minutes restantes, j’avais plusieurs fois déjà pensé à abandonner tant les conditions étaient compliquées, que mon cœur et mon corps étaient à plein régime, que je respirais difficilement. Je tenais avec grande difficulté, énormément. J’avais en point de mire le sol. J’étais dans un couloir, les arbres bordaient les deux côtés.

Puis vint un évènement mystique ; alors que je relevais la tête, un rapace se posa sur un arbre, grand, majestueux, une buse à une dizaine de mètres de moi. Je fus émerveillé, et d’un coup elle prit son envol, au milieu des arbres, sur le chemin, la Voie, elle m’invitait à la suivre.

A cet incroyable instant, je ne ressentais plus la douleur, je continuais avec force, la fatigue et les tensions avaient disparues. C’était un signe. Assurément. J’étais Poète, Philosophe, Peintre. Je devais faire ce que mon être me poussait à faire et ce même si je devais connaître la pauvreté ; ma destinée était là.

 

nietzsche01v_106072

 

Allons de l’avant,

allons plus haut !

L’ici-bas et l’existence

ne sont supportables

que si l’on emprunte

ce raide sentier

vers les hauteurs !

 

Friedrich Nietzsche 

 

 

 

 

 

 

Se préparer au Monde qui vient (Vivre au dernier stade de l’Anthropocène)

Il est injuste de dire que les gens, le peuple se carre de la planète. Alors que les décideurs se moquent depuis 40 ans des mises en garde des scientifiques. Les coupables sont les régisseurs du monde, certainement pas les personnes qui n’ont que pour revenu leur petit salaire.

Nous sommes définitivement entrés dans le dernier stade de L’Anthropocène et la seule voie possible est celle-ci : créer chez soi dès aujourd’hui un écosystème. Planter des fruitiers, de poules, cultiver efficacement son potager, se munir de citernes, de plantes médicinales…

Ce que l’on appelle les poches de lumière ; vivre en autosuffisance. Le plus grand défi personnel du citoyen est là. C’est vers le Survivalisme et la Permaculture qu’il faut voir.

C’est notre capacité personnelle à voir sur une vingtaine d’années qui sera décisive.

Cela peut paraître effrayant, glaçant, mais malheureusement les plus positives des analyses vont vers le pire pour l’Humanité. On y est. Pas de dénégation. De l’action.

Nous ferons sans doutes comme les espèces éteintes d’oiseaux…ils ne disparaissent pas parce qu’ils meurent mais parce qu’ils n’ont plus l’environnement, de force donc, pour se reproduire.

La difficulté aussi est de penser juste et bien malgré cette terrible réalité qui se ramifie mondialement, tout près de nous ; en sachant qu’elle est encore lointaine. C’est d’ailleurs pour cela que nous en sommes là aujourd’hui ; nous avons cru de par sa distance, qu’elle était impossible. Pour celui qui en a conscience, il faudra grande force de caractère pour encore prendre plaisir dans un monde en fin de vie.  De ne pas tomber dans le « Après moi les mouches » et de ne pas trouver le quotidien futile.

D’après Bernard Stiegler, les spécialistes, le non grand public donc, est dans une phase tonitruante, celle-ci : continuer à se battre en sachant que tout est quasiment perdu. Bon nombre a déjà pensé au suicide. Ce pan est caché au grand public. En même temps, imaginez-vous être un naturaliste, un scientifique criant depuis dix, vingt, trente, quarante ans que nous allons vers la destruction totale. Vous voyez les espèces disparaître une à une, les territoires toujours plus pollués, détruits, vous avez été au mieux ignoré, au pire moqué. Quel désarroi ; Et là, il reste deux ans avant le point de rupture définitif.  Avant l’irréversible. Deux putains d’années alors que vous avez criez et souffert de voir ça tant d’années. Et que même si par un impossible miracle, cela s’arrêtait, il y aurait quand même l’effet d’inertie…comment ne pas devenir fou ?

Je crois que beaucoup se disent que La destinée de l’humain était bien celle-là. Autodestruction. Logique car nous y sommes. Il faut faire preuve ici d’un stoïcisme guerrier. Savourer ce qu’il reste de temps, avec une certaine retenue. C’est cela vivre sous l’ère de L’Anthropocène. Ce qui a été, est et sera.

Et ce message ne sera pas audible tant que les catastrophes climatiques en chaînes ne toucheront pas l’Occident. Autant dire : quand il sera plus que trop tard. Vous imaginez bien que si les plus grands scientifiques ont échoué à le faire, ce n’est pas un simple citoyen qui y arrivera. On le taxera de fou furieux. C’est à chacun de travailler de son côté.

L’Auto-suffisance mais aussi l’entraide seront les paradigmes des décennies à venir.

PS  : on pourrait croire à de la science-fiction pourtant tous les voyants sont au rouge foncé, et tous le disent ; nous entrons dans une ère totalement inconnue. Alors dans ce cas de figure, quoi de mieux que de prévoir jusqu’à l’imprévisible. D’au moins s’y préparer en tout cas.

PS 2 : le plus difficile sera de vivre sans café. Mais bon, on pourra peut-être en planter. Restons positifs.

La nébuleuse du désespoir

Les oiseaux me parlaient,

j’étais nonchalamment accoudé à cette vieille table

buvant et lisant un texte de Julien Offray de La Mettrie nommé « L’homme machine ».

Les oiseaux me parlaient,

ils me soufflèrent ce que je savais déjà ;

la dernière étape.

Je me mis à pleurer, de longues poussées de larmes brûlèrent mon visage.

Me sentant responsable de la courbe mourante, je ne puis m’empêcher de dire.

« Mes amis, je suis comme vous, né à un moment, à un endroit. Je suis le fruit de la ligne du temps, de la biologie. Je vous ai aimé depuis le début, comme j’ai aimé le soleil et le vent sur mon être. Je vous ai aimé de tout mon cœur. Vos cages m’ont toujours parues insupportables. Pour cela, dès que j’ai pu, je vous ai offert graines dans de nombreuses mangeoires. Que vous vous sentiez au mieux chez vous, un éden vous étant dédié. Que puis-je y faire mes amis ? Moi aussi, je m’éteins ».

Un rouge gorge me fixa puis s’envola.

Mes larmes chantèrent aussi.

J’étais seul face à la dernière étape.

 

 

 

Vivre au moment de l’Anthropocène

Il est comme un rideau de fer, tombé sur moi, m’écrasant le thorax, m’arrachant les tripes, pressant mon diaphragme, me vidant du peu de foi que j’avais ; vivre au moment de l’Anthropocène.

N’est-il pas là la plus grande guerre mondiale jamais vue ? Non, pour les humains que nous sommes. Nous ne voyons pas de corps déchiquetés devant nos pieds, nous ne tenons pas d’armes automatiques à la main, nous ne nous trouvons pas devant des édifices détruits par les bombes, n’avons pas d’ennemis à tuer de sang froid. Notre adversaire, nos adversaires, ne sont pas clairement définis. Ils sont partout et nul part. Tout cela est bien plus monstrueux. Un presque invisible, un lointain monstrueux, réellement mondial ; l’abolition de la nature, du vivant, sur quasiment tout le territoire, et notre propre fin par extension.

Dans notre quotidien, difficile de le sentir, tant c’est insidieux. Pourtant, il est prouvé par la quasi totalité des scientifiques que nous y sommes, et en plein dedans ; une troisième guerre mondiale. Nous ressentons bien quelques effets mais la dégradation de notre environnement ayant une force d’inertie, de réactions en chaîne, nous ne voyons que le début d’un processus lancé par la révolution industrielle. La plus grande difficulté demeure là ; retrouver la capacité à penser sur le moyen-long terme comme le firent les bâtisseurs de Cathédrales, en finir avec le jetable, réparer, chérir ce que nous possédons, sortir du rôle de consommateur-consommant. Inapplicable à court terme.

Avons-nous espoir, gens du peuple, plutôt des classes du moyen, du bas, à ce que cette destinée horrible soit évitée ? Quelles sont nos armes face aux architectes du monde ? Abandonner sa voiture ? Se libérer de son prêt maison ? Vivre dans une yourte ? Sortir du rôle de consommateur-consommant, sans doutes. Que nous y soyons encouragés, poussés par les structures surtout. Nous sommes dans un train fou lancé à toute vitesse vers les abîmes. Et que ce n’est pas avec les conducteurs, les concepteurs de ce train que nous sortirons de ce modèle.

J’ai rêvé d’un Luther King, d’un Gandhi, d’une voix bouleversante, qui pourrait nous sauver de ce système, de l’Anthropocène.

Et tandis que je tiens cette mésange morte dans la main, je me demande ; n’est-il pas logique, et ce pour les autres espèces surtout, que l’on s’éteigne ?

 

« Nous avons été fidèles à nous-mêmes.

Petite Tragédie Humaine. »