Des grandes rencontres psychiques

Il m’est toujours étonnant de voir comment une existence peut dévier, se rendre vers l’impromptu, l’inimaginable, pour amener le personnage vers un destin intéressant en terme existentiel. Les gens me connaissant connaissent mon affection pour la peinture et j’avais envie ici de mentionner quelques parallèles intéressants sur la naissance d’une vocation, d’un amour passionnel pour une discipline. J’étais entrain d’écouter une biographie de Matisse et lorsque fut illustrer sa venue à la peinture, quelque chose me frappa. Je fis le rapprochement avec Pollock, Van Gogh, Basquiat, Zao Wou-Ki, Kandinsky… et les paroles de Soulages ou Benrath, je ne sais plus vraiment, raisonnèrent en moi : « C’est la peinture qui m’a choisi ».

Les destins de ses peintres le démontrent, presque tous autodidactes dans leur pratique, ayant eu une révélation devant l’une ou l’autre œuvre. Il s’est fait, alors, un échange psychisque de l’œuvre à eux-mêmes, cette énergie mentale les poussèrent à pratiquer la peinture d’une manière personnelle. La sensibilité, la vision d’autres les poussèrent à mettre la leur sur la toile. Fantastique. Absolument fantastique. Il y a dans toute l’histoire Humaine une chaine de transmission. Et je vois ici à quel point le dévouement de certaines personnes se transmet à d’autres, sans besoin de mille discours. Une seule image peut suffire.

Le naissance artistique est plus touchante que la naissance de l’artiste.

 

PS : la peinture illustrée ci-dessus est celle de l’artiste marocain M’Hamed Issiakhem dont l’incroyable histoire correspond en partie à celles des peintres cités. https://babzman.com/cela-sest-passe-un-17-juin-1928-naissance-de-lartiste-peintre-mhamed-issiakhem/

Éternel

Il n’y avait là aucune élégie à faire.

Ma pensée torve, déraisonnée explosait,

faisant petit sens dans un tout incompréhensible.

 

Elle était bien là à l’image du monde.

 

Un marteau frappé sur une enclume,

bientôt remplacée

par un autre marteau.

 

Ersatz éternel.

Enfer

L’occidental devint même dégoutté d’habiter l’Europe. Les affamés savent le prix de la vie, la souffrance qu’elle implique. Les conformistes aux pieds de la sacro-sainte consommation, les voulant être originaux, les marketisés, bien qu’ils s’en défendent, sont bel et bien dans la troupe.

Le nouveau Dieu est une Déesse; surconsommation.

Enfer aux consommateurs-consommant.

Aillez faim de poétique, d’art, de musique et de philosophie.

Aillez faim!

Enfer aux consommateurs-consommant.

Patûre de vent

Toutes ces méprises, ces mauvaises interprétations, ces jugements, ces insanités, toute cette fosse jetée sur nos têtes. Toute cette bassesse qui nous expulse hors de nous-mêmes dans des valses flétries par le désespoir ; sont le commun de notre petite race humaine.

Malignité de l’être.

J’avais pourtant rêvé, il y a fort longtemps d’un paradis pour les âmes, d’une bonne entente, de congruence humaine.

De gens de bien sur toute la surface terrestre.

Ingénuité de l’enfance.

Encore une fois ce fut une chimère.

Faibles, forts, noyez toutes vos illusions, jusqu’au sentiment profond d’avoir l’illusion de n’en avoir plus aucune et vous verrez que tout n’est plus que vanité et pâture de vent.

Une vie emportée bientôt dans le plus lointain des lointains alors que le soleil lui demeura.

Que cette vie serait plus belle si tous avait été de bonne volonté.

Au fond rien ne changera jamais.

Il y avait, a, et aura toujours bons et mauvais.

surplombés par toutes nos infinies vanités.

Grandeur

De l’espoir anéanti naît la sublime grandeur – Alors que la victimisation, la quête de bonheur, du bien-être sont plus que jamais à la mode, que la tension travail vie privée pousse au burnout. Certains s’envolent loin. Ils créent leur propre ciel, sont leurs propres étoiles. Ils illuminent nos noires contrées. Par delà l’occidental biberonné au matérialisme et harcelé par les publicités de toutes parts, ils se trouvent. Après avoir dépassé Dieu, ils ont dépassé le nihilisme, le trou béant que celui-ci avait laissé. Ils sont assez forts pour croire en la vie et voir le sacré là où le consommateur ne voit rien d’autre que bêtise juvénile. Ils sont au-dessus de l’abattement général, au-dessus de ceux qui ne trouvent que le négatif (ils le cherchent avant tout, par peur de faire face à eux-mêmes). Ils savent que le confort les abêtiraient et que l’effort léger, que la gaieté amènera ce que l’espoir détruit. Ils vont vers le meilleur, ils n’attendent pas le meilleur.

Ils ne sont attentistes. Ils n’attendent rien des autres, du système. Ils se battent, le cœur empli d’envie, de passion, avec la soif de ne vaincre autre chose qu’eux-mêmes. Dans un monde qui laisse peu de place à la lenteur, à ce que les utilitaristes et certains capitalistes appellent “l’inutilité”, eux gagnent sur tous les terrains, les terrains de la sagesse, de l’amitié, de l’amour, de la poésie, de la nature, du noble. Ils sont Femmes et Hommes complexes, complets. Ils sont le contre-poids face à ce désœuvrement, cette vision totalement dédiée à l’économie et au futur noir, des Femmes et des Hommes d’aspirations nouvelles. Ils n’espèrent pas, ils prennent leur avenir en main, en affrontant de grandes questions existentielles.

Avec vigueur et courage ils créent leur modèle de vie en s’écartant du modèle promis ou plutôt subrepticement imposé. Ils ont compris que ce n’était pas tenable, que vivre comme un consommateur revient à abandonner une partie de leur humanité, celle de l’Homme libre. Oh non, ils n’ont pas besoin d’espoir. Ils sont l’Espoir. Et j’invite toute personne désireuse de vivre grand à tendre vers cet espèce d’Hommes modernes. La peur ne vous guidera pas ! Amis. Emplissez-vous de confiance et dites à voix haute : la vie est grande, elle est partout, elle est en moi !