Exortum est in tenebris

Je me fonds dans les ténèbres.

Traînant le cadavre de Dieu.

Et le Diable me traque.

 

Je me fonds dans les ténèbres,

et ma foi morte se moque de moi.

 

Je me fonds dans les ténèbres,

et Dieu n’est pas à mes côtés.

 

Le Diable se fiche pas mal de moi.

Et Dieu m’en veut.

 

Morts, morts, morts.

Tous ils sont.

 

Apostat.

Apostat.

Apostat.

 

Nihilisme.

 

Seul. Seul. Seul.

 

Du début à la fin,

je danse gaiement face au désespoir.

Enfant

Vous qui entrez dans ce monde, abandonnez tout espoir.

Fuyez les vanités les plus insidieuses, les plus perverses.

Désertez votre race, votre être, votre pensée, votre condition, votre sexe.

L’enfant est parti.

Le vôtre. Il n’est plus qu’un lointain souvenir décharné.

L’insouciance gît sous terre.

Toutes les sophistications et les choses simples que vous vous donnez ne sont rien.

La puissance de l’intuition enfantine est éteinte.

Le réel médiatique est posé devant vous, il a la tête d’une murène.

Humains, vous pensez, mentalisez, pesez le pour ou le contre, rationalisez, anticipez, modelez l’avenir.

Les années choient sur votre dos, sur vos épaules. Vous vous courbez de réalité.

L’émerveillement et le mystique ont fui,

ils ont laissé place à l’économie.

Et faîtes ou dîtes ce que vous voudrez, c’est comme cela,

l’enfant n’est plus là.

Il est mort bien trop vite.

 

 

Gaieté

Les cercles de l’enfer se meuvent,

dans un mouvement circulaire.

Et nous, qui nous sommes placés au-dessus de tout,

n’en sommes que les rouages.

Vous êtes-vous purgés de toutes vos peines ?

Non. Bien sûr que non.

Il y a celles venues et celles à venir,

encore.

 

Avez-vous accepté que toute la gaieté mise en avant n’est que paravent ?

un mauvais jeu d’acteur.

Peut-être, peut-être pas ?

Acteurs,

il ne s’agit pas là de jouer un rôle,

mais d’être le rôle.

D’effacer le rôle.

De n’être que gaieté.

 

Folie,

dans le purgatoire !

 

Vous n’êtes que vous-mêmes,

mortels !

Furie in situ

On recherche le déchirement du ciel.

Les fracassants coups de tonnerre.

Le passé mort et enterré, revenant des eaux troubles.

L’impermanence de l’état de vie.

Un état de grâce.

Une sortie de soi à pleine vitesse.

La chimère des chimères,

sublime, immense.

Grandiose déraison.

Un impact tonitruant.

L’amour de la terre et des bêtes.

Une éblouissement de l’âme.

Les grandes contrées jamais foulées.

La luminescence tueuse d’abysses.

Dans la barque d’Alighieri,

à siffloter d’aisance.

Que devant nous, les cercles de l’enfer palissent.

Une mystique de vie,

à fleurir la tombe des Dieux.

Le cosmos pour seul allié.

Nous, les Exaltés.