Petite machinerie de la joie

La grise vision chaotique,

du journalier médiatique

entache la lumière enfantine.

Poussés à penser cathodique,

les ondes bêta jaillissent.

 

Dans un grand bal d’opinions,

les psittacidés sévissent.

Le but est d’avoir raison,

sans avoir grande raison.

 

Du fond et de la réflexion,

ils ne s’enquièrent.

Emporter la mise,

mettre l’autre par terre.

 

Ô ami, sais-tu à quel point nous sommes loin de cette valse,

elle ne nous est que grotesque et futile.

 

Hors-du-temps,

nous faisons partie du champ de l’universel, du subtil.

 

Forteresse.

Immense forteresse.

D’aspiration mystique.

 

Notre religion ;

l’extase d’un moment banal,

capturé par photo mentale,

et poétisé.

 

Assemblage d’Elixirs mentaux,

faits d’émerveillement,

de non-jugements,

de slaloms hors-concepts.

 

Intrépides,

face au grand vide.

 

Stoïcien, épicurien,

notre destin.

 

Loin des média

se trouve

notre petite Machinerie de la joie.

 

 

 

 

 

 

Remodelage

Pleinement se sentir en vie – comme le dit Nietzsche, il s’agit devenir soi-même ou comme Plotin ; se modeler soi-même. Se déconstruire soi-même, déconstruire le monde, démonter jusqu’à la chose la plus naturelle, la plus évidente. Jusqu’à se rendre compte que comme Socrate « tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien ». Emprunter la voie de la modestie devant le grand monde. Arriver aux largeurs des structures, les toucher, sentir les limites de son système, les dépasser ! Par petites touches, sans grande attente immédiate. La sagesse, l’Ataraxie s’atteint sur une certaine longueur.  En pensant non pour soi-même mais contre, se mettre dans des situations inédites.  Se remodeler ! Car avant de nous prendre totalement en charge, les parents le firent.

La Voie de l’Être

La Voie de l’Être – qu’elle est-elle ? Un abyme pour qui n’a, dès son plus jeune âge, reçu quelques grands conseils de sagesse, et surtout su les saisir. La courbe de l’être sera ici plus difficile à redresser. Et encore plus pour qui veut devenir droit et non redressé comme Aurèle le dit. Cependant, cette voie de l’Être prise par les désœuvrés sera ô combien explosive de gaieté ; un spectre de suavité extraordinaire arrivera par petites touches. Une très grande délivrance. L’emprunter revient à penser contre soi-même. Un effort démesuré dans une société contemporaine prônant un certain confort, et une fausse originalité (unique comme tout le monde).

Pas de feuille de routes, c’est un champ de bataille qui est promis. Il ne faut rien ou au moins s’armer d’un marteau pour avancer. Encaisser les coups, fuir la populace, se cloisonner, considérer l’ennemi comme essentiellement médiatique (publicités, émissions débilitantes), chérir l’extase, se fondre en soi. Exploser sa télé ! Regarder le ciel, bouche ouverte, béatement. Inspirer. Expirer. Du souffle. Du calme. Quelques grands philosophes et quelques breuvages magnifiant le quotidien. Se recentrer. Il y a là quelques clefs très intéressantes à mettre à son trousseau.

Pour les autres, c’est pareil. L’impermanence est leur meilleure alliée. Boussole de la sagesse qui vient.