Fuite

La terre Voluptueuse terre,

me donnait les quelques images,

que j’avais grande envie et encore force de voir.

 

Derrière le champ économique,

je voyais autre chose.

Un autre destin de vie.

Un Monde hors Marketing. Un grand Monde.

 

Hors divertissement machinisé,

et sans fin.

Une sortie du perpétuel bal des nouveautés et critiques en tous genres.

 

Ô quel grand bien me procure cette fuite hors du monde.

Aux orées du moi.

Je sens être autre.

Je me vois entouré de grandes pensées et de grands penseurs.

 

Dans le temps long,

non interrompus par la publicité.

Il m’est permis d’apprécier l’Art.

De faire de ma Vie un début d’Art.

 

De prendre livres, pinceaux et plumes.

De prendre le temps de faire des choses banales.

Pain, poules, potager, Cosmos.

Loin de l’instantanéïsme, je trône.

 

Il me sent être comme le voyageur contemplant – ma Vie,

avec du goût et de riches nutriments.

Avec parfois,

quelques amertumes de ne m’être réveillé avant,

je l’avoue,

Mais je sais que le réveil d’aujourd’hui,

est moins beau que les réveils à venir.

 

Ô Providence soit clémente. Donne moi les clefs pour demeurer,

hors du monde, un peu plus.

Je ne veux plus être de ces petits homo economicus,

ce petit homme, à la tête coupée, courant derrière quelques deniers.

Spectral

J’ai en l’espace, amené les restes de la compréhension de mon être.

Je les ai moulu jusqu’aux bosons.

Montée vers le néant.

Le Cosmos.

Remontée vers l’essence.

Le Chaos.

Désintégration des systèmes, des concepts, de la pensée.

Un état de plénitude.

Ataraxie en et hors soi.

Loin de toutes les prétentions humaines, des ajournements.

La bonne Vie.

J’y suis. J’y demeure.

Les impératifs catégoriques se décalent.

Je suis spectral.

Un moi sans attente,

prenant le tout et le rien.

Un pressentiment.

Une prescience.

Hors du rôle.

Humain magistral.

Petites considérations existentielles : six

N’est-il pas évident qu’il faille un minimum de prétention pour écrire et surtout montrer ses textes ? Celui qui dit ne rien attendre ne ment-il pas ? En ce sens que ; peu importe la façon dont les choses sont faites, il y a bien un effet sur l’âme à la suite de l’action. Pourquoi aborde-je cette question ? Elle m’est venue après la lecture de l’incroyable ouvrage d’Eric Baret « La joie de ne rien être » qui m’a beaucoup touché par sa profondeur, son simplisme puissant.

Il est là une lumineuse évidence, nous faisons les choses pour les résultats ou les effets que l’action procurent, même si le résultat importe peu. Si l’action est le plus important, nous faisons les choses pour l’effet découlant de l’action, qui est l’action en elle-même.

De cette dynamique, je peux conclure que nous ne faisons jamais rien gratuitement, par pur don. Il y a là toujours une répartie venant à l’égo. Et même si nous faisons ce que nous ne voulons pas, cela nous coutera quelque chose. Cette approche rationaliste est occidentale. Si aujourd’hui, je supprime la prétention (je fais les choses pour les faire) et le calcul d’un probable résultat . Que j’approche les choses de façon détachée. Que reste-t-il ? La vie pour la vie ? L’action de vivre pour vivre ? Abrogation du psychisme ? Le pur instant présent ? Approche tantrique, plutôt orientale, guidée par ses modalités :

Laisser la mentalisation, le psychisme, les concepts de côté. Ne pas vouloir tout comprendre, tout expliquer, tout interpréter. Ne pas vouloir être autre chose que ce qu’on est. Vivre l’impermanence du Monde, du petit soi. Quitter son rôle. Vivre le Cosmos d’un ébahissement extatique. Balayer la prétention, le passé. Révéler l’espace poétique du tout. Si tout est concept ; vision, ressenti, passé, souvenirs, société…Il y a une grande force chez celui qui, le sachant, pourra retourner la mentalisation de ses concepts ; devenir maître de jujitsu. S’amuser en les annihilant un à un, les faire crouler sous leur propre poids.

L’émotion devant un coucher de soleil. Le silence comme plus grand bien. Les pistes à creuser pour l’homme contemporain occidental sont là, elles sont dans l’abandon de la prétention à être autre chose que ce qu’il est, de facto, le temps passant il le sera automatiquement. Passer à côté de sa vie est une fable. Qui accepte les choses ira par delà les choses. Avec la souplesse et l’élasticité émanant du détachement, il libéra les énergies pures pour un déploiement inattendu. Un plus grand Soi. Un apparentement à l’Ataraxie ; simplement être en paix avec soi-même.

Et la meilleure façon de l’être est de commencer à laisser toutes les prétentions de côté, en vivant sa corporalité, ne pas penser, vivre les cinq sens (sixième : intuition). Se sentir petit face au vaste monde, qui n’a cure de l’être et du faire, et de ce que l’on pourrait ou voudrait bien faire.

Le monde n’est-il pas intrinsèquement fait pour le silence ? Enlevez l’Homme, vous l’entendrez.