Grandeur

De l’espoir anéanti naît la sublime grandeur – Alors que la victimisation, la quête de bonheur, du bien-être sont plus que jamais à la mode, que la tension travail vie privée pousse au burnout. Certains s’envolent loin. Ils créent leur propre ciel, sont leurs propres étoiles. Ils illuminent nos noires contrées. Par delà l’occidental biberonné au matérialisme et harcelé par les publicités de toutes parts, ils se trouvent. Après avoir dépassé Dieu, ils ont dépassé le nihilisme, le trou béant que celui-ci avait laissé. Ils sont assez forts pour croire en la vie et voir le sacré là où le consommateur ne voit rien d’autre que bêtise juvénile. Ils sont au-dessus de l’abattement général, au-dessus de ceux qui ne trouvent que le négatif (ils le cherchent avant tout, par peur de faire face à eux-mêmes). Ils savent que le confort les abêtiraient et que l’effort léger, que la gaieté amènera ce que l’espoir détruit. Ils vont vers le meilleur, ils n’attendent pas le meilleur.

Ils ne sont attentistes. Ils n’attendent rien des autres, du système. Ils se battent, le cœur empli d’envie, de passion, avec la soif de ne vaincre autre chose qu’eux-mêmes. Dans un monde qui laisse peu de place à la lenteur, à ce que les utilitaristes et certains capitalistes appellent “l’inutilité”, eux gagnent sur tous les terrains, les terrains de la sagesse, de l’amitié, de l’amour, de la poésie, de la nature, du noble. Ils sont Femmes et Hommes complexes, complets. Ils sont le contre-poids face à ce désœuvrement, cette vision totalement dédiée à l’économie et au futur noir, des Femmes et des Hommes d’aspirations nouvelles. Ils n’espèrent pas, ils prennent leur avenir en main, en affrontant de grandes questions existentielles.

Avec vigueur et courage ils créent leur modèle de vie en s’écartant du modèle promis ou plutôt subrepticement imposé. Ils ont compris que ce n’était pas tenable, que vivre comme un consommateur revient à abandonner une partie de leur humanité, celle de l’Homme libre. Oh non, ils n’ont pas besoin d’espoir. Ils sont l’Espoir. Et j’invite toute personne désireuse de vivre grand à tendre vers cet espèce d’Hommes modernes. La peur ne vous guidera pas ! Amis. Emplissez-vous de confiance et dites à voix haute : la vie est grande, elle est partout, elle est en moi !

De la masculinité : être un homme

Être un homme, c’est être tout et rien. Comme l’utilité de la philosophie : tout et rien. Je ne pourrai donc dire ce que c’est d’être un homme. Mais je crois pouvoir dire qu’il s’agit d’une chose qui dépasse la masculinité, la virilité et les valeurs dites de force, de courage, de couilles et de ce que chaque personne pourrait en dire.

Être un homme est un concept. Il y a dans cette expression, les perceptions de ce que doit ou devrait être un homme, les valeurs de construction sociale, les perceptions de la masculinité, un tas d’autres choses que l’on pourrait mettre sur papier encore, encore, et encore. Bref un concept. Mais pas que.

La masculinité, tout comme la féminité, l’enfance, la vieillesse ne se réduisent pas à une charte de qualificatifs. La richesse de la vie, le fait de ne jamais pouvoir aller au bout du bout de l’absolu du monde, de ne pouvoir être partout en tout temps, rend le concept obsolète sur papier. Cependant l’homme existe bel et bien. Il est donc en réalité plus qu’un concept aussi complexe soit-il. On est ici comme souvent au-delà du champs des idées

Je ne peux écarter le fait que les hommes et les femmes sont différents au point de vue de la physiologie, des hormones, et encore une fois, de choses qui dépassent mon entendement.

Il y a pourtant des choses à clarifier : beaucoup trop d’hommes pensent que la sensibilité est affaire de femmes, la douceur, les sentiments, la préciosité…Souvent ils gardent cela enfuit en eux, ce qui les amène à des attitudes destructrices, à des frustrations, à une mésentente avec eux-mêmes. En produisant ce genre d’attitude, ils alimentent le concept, la construction sociale. Allant parfois jusqu’à étouffer cette merveilleuse qualité humaine qu’est l’empathie. Du mutilant pour tout le monde.

De ma petite expérience, je pense avoir vu que le spectre des émotions, des sentiments, des pensées est le même pour les deux sexes. Les sensibilités diffèrent d’un individu à un autre, ce qui est naturel mais le sexe est une partie jouant sur l’être, il n’est pas tout. Et là, je ne rentrerai pas dans une phénoménologie pour de multiples raisons. La plus grande étant ce que j’ai évoqué ci-dessus : aller au fond est impossible et la plus simple des manières est la meilleure – se concentrer sur l’attitude.

Et comme la vie, le monde sont complexes, que les choses sont imbriquées, que la plus constructive des visions est transversale, je crois qu’il est bon de retenir ceci :

Être un Homme, c’est s’améliorer et faire son auto-examen chaque jour, c’est être bienveillant, respectueux, communicatif, à l’écoute, aimant, ne pas être insistant, respecter le choix des autres. C’est comprendre qu’être bon avec le monde, avec les autres, c’est avant tout être bon avec soi. C’est éviter la haine, convier la fraternité à la table de sa vie. C’est avoir du courage d’assumer ce que l’on est et ce que l’on veut être, ce à chaque moment de sa vie. C’est embrasser la complexité du monde. Penser jute. Agir juste. Parler juste. C’est ne plus utiliser l’insulte « fils de pute » : attaquer la mère d’une personne par la parole est d’une bassesse qui n’est digne de personne. C’est lever les yeux au ciel en se disant que la vie est belle. C’est être guidé par l’amour de la vie, des autres, aller vers le grandissement de soi. Avec la rigueur, la fermeté et l’oisiveté comme grandes amies. C’est ne plus penser en terme simpliste, dans un tube, c’est penser en prisme. C’est rassembler. C’est être critique, c’est tenter, ne pas juger, ne pas tomber dans la haine, c’est raisonner, caresser la poésie et le cosmos. C’est n’avoir d’autre devoir que d’être bon avec les autres et avec soi. C’est s’aimer d’un amour juste, furtif, qui n’écrase pas.

Il y en a tant.

Peut-être que c’est simplement s’inventer soi-même. Déjouer le mutilant. Aller vers l’émancipation. Le devenir soi. Cette attitude asexuée qui célèbre la vie, qui pousse à dire que : oui finalement, nous sommes des gens biens, des gens bons, des gens justes.

Mais qu’est-ce que le juste ?

Ce qu’une femme et un homme peuvent faire avec amour, passion et désintéressement, s’ils le veulent.