Furie du damné

En ce début d’année, aucune mièvrerie ne me vient à l’esprit. Avec le temps passant, j’ai pu faire l’amer constat que les bons sentiments ne suffisent pas. Les bonnes paroles, les résolutions…

Il y a bien de nombreuses forces qui jouent avec et contre un Homme. En cela, avoir un vœu le plus cher, donner le maximum pour l’atteindre n’est pas suffisant. Il y a un espace entre l’énergie donnée par la personne et la réception de celle-ci.

Le plus grand traquenard est là. Que tout ce que vous donniez ne soit qu’un cri dans le désert ou pire que vous vous réjouissiez de vos actes avec des inconséquents. Combien se donnent l’apparence de grands écrivains, de grands artistes, d’être formidables, à surjouer devant une foule de crédules, bassinée à la culture de masse. Qui ne savent même imaginer ce qu’est l’impératif de la pensée, de la création, de ce qu’elle implique comme souffrances et pressions mentales, et ce journalièrement.

Puis lorsque la logique médiatique, marketisée, et plus profondément la logique vaniteuse est démasquée. Il ne reste rien de l’anima artistica. Ce n’était là que du divertissement. Comme la plupart des fruits de notre époque; vide de nutriments.

Beaucoup de grands artistes sont morts jeunes.

Ils avaient bien trop à dire pour ce monde-ci.

On préfère l’image du vrai au vrai, elle est bien plus confortable.

Le vrai artiste est avant tout un damné.

Sa propre damnation démultipliée par son environnement, de ce qu’il lui donne ou ne lui donne pas.

Un cri puissant dans le Néant.

Dénégation et Anthropocène

L’accès au vrai marché, ils n’ont pas l’accès au grand marché. Pas assez de milliards. Mais ils ont accès au petit marché. Celui de l’obsolescence; des produits manufacturés partout sur le globe, en kit, gonflés au glucose, nettoyés à l’acide, emplis d’huile de palme, dopé au phosphate. L’abondance. Tout est à portée de bourse. Il suffit là d’avoir un travail, un boulot, pas un savoir faire. Diplôme, savoir se vendre, savoir se soumettre, job abêtissant. Profit. Rentabilité. Consommation. Lever. Vide. Pas de but. Impossibilité d’échanges sans arrière-pensées. Utilité. Pas de foi. Consommation. Néant. Nouveau produit. Egocentrisme. Nouveaux besoins. Individualisme. Avidité. Rationalisation. Cycle sans fin.

Au mieux, sentir que quelque chose cloche et faire le grand saut. Au pire, rester dans la masse des esclaves suffisants, temps de cerveaux disponibles comme destin.

La Nature ?

Disparue avec la leur.

Leur Cosmos ?

Consommateur-consommant.

Valeur suprême ?

Croissance.

Victoire de la Civilisation

Jamais repu de rien, l’Homme tel un parasite se détruisit en détruisant son Environnement ; le Cosmos. Tout démarra réellement quand les américains génocidèrent les amérindiens. Deux visions s’affrontèrent : le matérialisme, l’utilitarisme, le pragmatisme, la croissance, la Civilisation face à une vision fondée dans et par la Nature, une sagesse de la Terre, une poétique du vivre, les Sauvages.

C’est après cette guerre que notre Civilisation sorti pour de bon de la Nature. Le dit supérieur avait gagné. Le résultat aujourd’hui est abasourdissant. Le dit supérieur ne sachant même plus ce que ses aliments contiennent, n’étant pas au fait de leurs provenances, ayant perdu sa capacité à l’autonomie alimentaire. Mode de vie détruit par le Capitalisme. Soumis aux entreprises agroalimentaires, accroc aux pilules, les chamans réussirent quand même à se venger ; modernes anesthésiés.

Deux mille dix-neuf, la nourriture comme premier poison.

 

Homme Postmoderne

Ce qui a marqué le début de la faillite à venir de notre Civilisation est : l’industrialisation de l’Animal.
Lorsque il est devenu un simple produit d’usine, c’est l’humanité qui fut définitivement liquidée au bénéfice du profit toujours plus étendu. Les camps de concentration jusque dans leurs assiettes.
A mastiquer détresse et tumeurs.
Homme Postmoderne.

Profit infini

Il n’y a jamais eu de paix. Nous avons toujours été en guerre. La vie est rapports de force. Les dominants exercent leur pouvoir de manière plus intelligente, tout simplement. Les esclaves sont mieux soignés. La guerre est devenue essentiellement psychique en Occident.

Le capitalisme devenu essentiellement financier, le corps de l’Homme sert moins, c’est son esprit qui tourne à plein régime. Le Capitalisme industriel amenait plutôt à l’épuisement du corps. C’est en cela que la souffrance de l’Occident est psychique.

Balayez les grands projets pour consommer toujours plus et l’esprit n’est plus rien d’autre que du temps de cerveau disponible pour les publicitaires.

Les antidépresseurs et l’alcool sont les bonbons des adultes.

Le Vie est ailleurs.

Pas dans le profit infini.