Victoire de la Civilisation

Jamais repu de rien, l’Homme tel un parasite se détruisit en détruisant son Environnement ; le Cosmos. Tout démarra réellement quand les américains génocidèrent les amérindiens. Deux visions s’affrontèrent : le matérialisme, l’utilitarisme, le pragmatisme, la croissance, la Civilisation face à une vision fondée dans et par la Nature, une sagesse de la Terre, une poétique du vivre, les Sauvages.

C’est après cette guerre que notre Civilisation sorti pour de bon de la Nature. Le dit supérieur avait gagné. Le résultat aujourd’hui est abasourdissant. Le dit supérieur ne sachant même plus ce que ses aliments contiennent, n’étant pas au fait de leurs provenances, ayant perdu sa capacité à l’autonomie alimentaire. Mode de vie détruit par le Capitalisme. Soumis aux entreprises agroalimentaires, accroc aux pilules, les chamans réussirent quand même à se venger ; modernes anesthésiés.

Deux mille dix-neuf, la nourriture comme premier poison.

 

Zemmour, Houellebecq, l’Occident et l’Avenir

Zemmour et Houellebecq représentent à merveille l’Occident d’aujourd’hui. Ils sont les symptômes de ses maux ; la transmutation du psychisme d’une grande partie du peuple et du Temps condensés dans deux personnages. Ceci : le Nihilisme, la perte de Vivacité, l’impossibilité de voir au-delà de soi, du marché, de la Nation, une vision pessimiste de l’Avenir.

Ils se basent sur des faits établis, sur ce que le monde moderne leur envoie. Et c’est en cela qu’ils sont de parfaits baromètres de notre Temps. L’inverse du pan de la gauche aux grands principes d’ouverture et de foi dans l’humain, ceux qui trouveront toujours des raisons, des excuses aux pires des salopards. Malgré les pistes brouillées, les valeurs portées sont quasiment identiques : Nihilisme, essoufflement.

C’est un esprit nouveau dont l’Occident a besoin. Entre Vitalisme et Naturalisme. Tant que le profit, le PIB, la consommation seront les valeurs suprêmes de notre Civilisation, rien de bon ne pourra plus advenir. L’épuisement psychique vient de là : destruction de l’Esprit et du Sacré (le sacré étant la Nature, socle de la Vie, celle que nous avons battue à mort. L’Esprit, notre faculté à penser de façon équilibrée. La raison n’a pas tout réglé. L’Anthropocène en est le fruit).

Sortir l’individu de l’horizon libéral-capitaliste par la nature, l’entraide, l’empathie par rapport aux autres et autres espèces. Réenrichir ce que l’humain porte de plus beau en lui. C’est un programme complet à mettre sur pied. L’Esprit au sens philosophique avec sa part de mystique. la Superbe. Le Sacré. Tout est là dans le Cosmos. En nous.

Quelle est le symbole de notre Temps ? Une pomme ? Gâtée ? La technologie ?

Quelqu’un me dit sur les réseaux sociaux que mon discours porte un germe totalitaire. Il ne sais certainement pas que l’injonction faite au bonheur, à la liberté, du libéralisme et du Capitalisme est elle plus totalitaire que ce que je porte : le Vitalisme et l’Esprit dans un monde de profit infini. Sa promesse. Jouissance sans effort.

Il ne comprend sans doutes pas non plus qu’une prise de position porte en soi un totalitarisme, prendre une décision, un chemin, faire une profession de foi en quelque chose, est en soi subjectif.

Exemple : le néolibéralisme qui veut que le marché ne soit pas régulé, ce qui est aussi un totalitarisme quand on voit les résultats, la pauvreté qui grandit. La « liberté » ne débouche pas toujours sur ce que l’on espère. Voyez la porosité entre le couple démocrature-démocratie.

Je ne décide de rien pour l’Humanité, j’expose ici, par impératif. Mais sachez que d’autres ont toujours décidé et décident toujours de ce qui est bon ou mauvais pour l’Homme, c’est ce qui fait la direction de la marche humaine…pour le meilleur et pour le pire.

Je dis aussi que des valeurs universalistes, universelles, la Nature et l’Esprit sont à cultiver. Culture. Permaculture. C’est de là que le meilleur peut advenir. Pas dans la marche au profit et au Progrès pour le Progrès. Les valeurs de Connaissance, de création, de respect de la Nature doivent atteindre les cimes les plus hautes de l’Être. Le devoir de notre race est celui-là et pas ailleurs. C’est là que nous pourrons contrer l’Anthropocène. Ramener la philosophie dans la Cité.

Henri Ford ne voulait pas de penseurs mais des travailleurs. En 2019, on veut des consommateurs. En ce qui me concerne, j’avance qu’il nous faut l’inverse. Et mieux : des penseurs pratiques, des créateurs, c’est-à-dire des gens capables d’aller vers l’autonomie alimentaire, de pensée, de créer de l’Art Total, d’être Art, dont les connaissances les amènent à une sagesse pratique enrichissant le Cosmos (la néguentropie). Un savoir pratique holistique. C’est à partir de là que l’amour de la Vie, du savoir naît ; l’amour de la connaissance. La Vie Artistique.

Ce qui débouche à une autre manière d’être et de posséder. J’en fais moins même l’expérience. Il faut une certaine radicalité avec soi pour changer profondément. C’est le prix à payer de l’individuation.

Chercher dans La Vita Artistica.

 

Gilles Deleuze écrira dans Pourparlers :

« un artiste ne peut pas se contenter d’une vie épuisée, ni d’une vie personnelle. On n’écrit pas avec son moi, sa mémoire et ses maladies. Dans l’acte d’écrire, il y a la tentative de faire de la vie quelque chose de plus que personnel, de libérer la vie de ce qui l’emprisonne. […] Il y a un lien profond entre les signes, l’événement, la vie, le vitalisme. C’est la puissance de la vie non organique, celle qu’il peut y avoir dans une ligne de dessin, d’écriture ou de musique. Ce sont les organismes qui meurent, pas la vie. Il n’y a pas d’œuvre qui n’indique une issue à la vie, qui ne trace un chemin entre les pavés. Tout ce que j’ai écrit était vitaliste, du moins je l’espère… »

De l’annihilation du consommateur-consommant

Quelque part entre ce que le monde nous promeut, entre ce que l’on se promet, entre les prétentions « psychiques » et matérielles ; celles du vouloir avoir, de la possession, du labeur passé à l’obtention de choses diverses dont souvent l’on finit par se lasser (voire même dont nous nous lassons de nous lasser) et du vouloir être. Entre la mécanique fuitée du désir et la mécanique de l’avoir, il y a un champ, un champ ontologique de vouloir vivre, de création, de fixation d’un grand soi, d’un plus grand soi, de vision, d’une vie harmonieuse, d’une vie en paix avec elle-même et le monde qui l’entoure. Un écart entre ce que le système nous amène à être ; le consommateur-consommant et l’être pleinement créatif, en pleine possession de son être, allant vers ses potentialités, conscient de ses actes, de ses émotions, dépouillé des turpitudes amenées par l’extérieur, celui qui a le contrôle de son émotivité, qui n’est plus dupe face à lui-même, à ce que l’on a amené à être.

Il serait infantile de parler de liberté totale mais plutôt d’une sensation, d’un sentiment de liberté totale. Une liberté résignée. Venant d’un découpage, d’un tri, d’un auto-examen entre ce qu’il peut et ne peut pas, ce qu’il doit et ne doit pas. Une introspection face à soi et au système donné. Face à ses prétentions et ses propres possibilités. L’Homme du ressentiment nietzschéen vient de là ; de la frustration de n’être ce qu’il aurait voulu être et de n’avoir ce qu’il veut. Un monde qui n’est pas à son image. Un moi fuyant vers un néant destructeur.

Dans le système de la profusion et de l’immédiateté, il est possible de vivre heureux et serein, sans avidité face aux situations communes de la vie donnée par les structures, vie qui en occident est guidée par le consumérisme (J’achète donc je suis, je joui donc je suis) ; religion de l’Homme contemporain d’ici. Le confort tend à effacer le sens profond, ontologique, de la vie humaine. La dimension transcendantale de l’individu. L’amenant à devenir un être gris, béat, réactionnaire, plaintif. Il suffit de faire quelques tours dans les rues, dans les galeries marchandes pour le voir. La gaieté ne se lit ni dans les gestes, ni sur les visages. Il ne s’agit pas là de contenance mais plutôt d’une perte de la lueur sacrée, de la luminescence de gaieté et joie de vivre. L’inverse est plutôt visible ; posture grise, regard vide, blasé, uniformisation de l’attitude et des envies. Quelque chose de peu naturel. 

Alors oui, le prolongement du conformisme et du système marchand est visible, est palpable. Le tout tout-de-suite. D’aucuns verront dans mon message une forme réactionnaire. Je leur dirais que face aux flux du monde, il est d’importance que quelques personnes stoppent, prennent son pouls et respirent, qu’une action amène la réaction. Une vision des plus holistiques possibles. L’économie n’est pas le seul moteur de l’Humanité. 

Si le postmodernisme ; l’évacuation de la religion chrétienne/catholique de la sphère publique nous amène à un nihilisme profond, qu’aurions-nous gagné de grand en termes d’être ?

Nous allons tous vers la mort, et ne vaut-pas mieux y aller lentement ?

Dans le toujours plus vite de notre société, le temps laissé à rien nous dépossède de nous-même. Il nous prive de notre faculté à la contemplation et à l’oisiveté, qui amènent à la réappropriation de soi, de son rythme, à l’élan vers le cosmos, vers l’Ataraxie.

Le ressentiment de la plupart ne serait-il pas du non-être ? Un être manqué ? Le fameux sentiment de passer-à-coté-de-sa-vie affirmé par 50% de la population française ? Mais dans le fond quel est-il ? Est-ce là une vision trop haute de ce que l’on peut et veut faire ? Ou une forme de manque de courage, de convention prise en amont de sa vie ? Un désœuvrement face à son moi profond ?

Tout est lui, tout comme la connaissance, l’état mental d’un individu est aménagé tel une toile d’araignée ; connectiques, réseaux nerveux, fluides, synergie, de l’état de ses articulations, du fonctionnement de son estomac (les fameux neurones dans le ventre dictant l’humeur au cerveau), une agrégation d’éléments agissant sur le moi et la perception du monde. C’est en cela que nous pouvons voir l’importance du tout dans la vie. La vitalité d’une personne peut dépendre d’une seule pilule, du climat, d’un aménagement de chambre. Cela ne peine par l’Homme ayant le sentiment d’être sur la Voie. La seule, l’unique, car il ne peut en être autrement. La joie surgit d’un balayement d’une nostalgie d’un passé conceptualisé, et d’une acception du monde et du soi tels qu’ils sont. L’éviction des prétentions. L’Ataraxie se mérite. Être loin du consommateur-consommant à un prix ; celui du dépouillement de toutes ces chimères. L’Homme qui n’est plus seulement guidé par ses envies, envies qui sont parfois affirmés comme besoins. L’Homme qui n’est plus le pantin du système, d’un bonheur promis par le Marketing, par les choses hors de lui.

Devenir l’Homme, la Femme, qui détient tout. Qui fait le serment du Moins Mais Mieux. Une attitude stoïcienne. Gaieté en lui-même. Comment cela se peut-il ?

Nous avons beaucoup à apprendre de nos pairs sur le sentiment d’une vie bonne, réussie ; c’est-à-dire l’évacuation des frustrations (en grosse partie créée par le système marchand). Il m’est idée qu’aujourd’hui les douleurs viennent en grande partie du psychisme et non pas par des douleurs corporelles dues à une vie austère. Le confort de vie ayant augmenté, la vie est bien moins pénible au niveau effort qu’avant. Pourtant, nous notons les divers burnout toujours en croissance et les douleurs qui y sont liées, douleurs de nature psychique qui se déversent sur le corps (mal de dos, alors que peu portent de lourdes charges).

Schopenhauer nous dit que le bonheur est aux mieux l’absence de douleur. Pour ma part, je crois aux douleurs fondatrices de l’être – celles qui amènent à un mini hapax existentiel, l’effort amène la souffrance qui amènent aussi aux belles et grandes conquêtes existentielles. Au dépassement. Ce qui est trop sous-estimé. Il y a bien plusieurs types de douleurs et plusieurs finalités à la douleur. 

Et si certains ont surreprésenté la grande santé dans leur philosophie, à cause essentiellement de leur piètre santé, ils n’ont eu là que bien raison de le faire !

Surjouons mais surtout, appliquons-nous à être en Grande Santé !