Le soubassement

Si j’avais empilé les moments de joie, ce que le commun appelle « le bonheur », ce mensonge marketisé, je n’aurais pas été digne de moi-même, de mon renouveau, de la Superbe. Maestria de l’âme.

Supprimer la souffrance ?

Non.

La tenir suffisamment éloignée et suffisamment proche que pour être métal en fusion.

Oui !

Furieusement.

Considérations d’un peintre vitaliste

J’ai longtemps cherché de mon enfance à ma vie d’adulte ce qui donnait le sentiment d’une vie pleine et vécue. Tel un orphelin, je sentais un profond manque, j’ai longtemps tourné autour de cette raison de vivre. Un questionnement permanent. Sans fin. Mon milieu ne me permit pas de faire cette rencontre, de comprendre, je dus donc chercher par moi-même. Je suis passé par toutes les étapes mentales possibles. De la perdition à l’épiphanie jusqu’à la révélation journalière. Totale. Celle que je vis en ce moment.

Je naquis à 33 ans. J’avais énormément posé d’énergie pour arriver à cette naissance. De nombreuses recherches psychiques avaient été faites, j’avais déjà écrit assez bien, m’étais intéressé à de nombreuses formes d’art mais un jour, quelque chose en moi changea radicalement, quand je compris que l’aboutissement de ces recherches fut la création ; je devais créer. J’étais né pour créer. Penser. Créer. 

C’est en allant au Louvre que le doute ne fut plus permis. Je deviendrai peintre. J’avais déjà subi quelques chocs esthétiques et philosophiques en amont. De Bacon, Soutine à Benrath. De l’exposition combinée Basquiat-Schiele. Des lettres de Van Gogh à son frère Théo, de la philosophie de Nietzsche, de la littérature à la bande-dessinée etc. J’avais pour la première fois de ma vie l’impression de faire partie d’une confrérie. J’avais trouvé ; j’étais un créatif, un décadent exemplaire dans le sens où je compris que mes valeurs les plus hautes n’étaient pas celles de la société dans sa généralité. J’avais toujours été comme un étranger. 

Aussi, je peins pendant une année complète presque tous les jours, du mieux que je pus, dans une démarche assez féroce, totalement relachée. Très brute. J’avais acquis avec mes recherches et mon passé dans la Cutlure, une patte très personnelle. Un style néoexpressionniste est né. A ma grande surprise, beaucoup d’artistes me félicitèrent via les réseaux sociaux. J’eus un peu de succès et on me disait de continuer. J’en rencontrais “en vrai” aussi dans quelques expositions. Cette année-là, je peins une centaine de tableaux et ai réussi à vendre une petite dizaine de toiles à travers le monde. J’en fus très heureux et cela me confortait dans mon choix. 

L’année suivante en 2020, ma démarche fut plus contrôlée, je travaillais aussi bien dans l’abstraction que dans la peinture brute, celle-ci fut plus dépouillée et malgré tout plus sophistiquée. Je faisais énormément de portraits dits hallucinés. Pourtant, mon objectif initial était de faire une peinture dans l’esprit de Rotkho et de Benrath. Selon mon état d’esprit du moment, j’y arrivais. J’avais réussi à créer une très belle couverture pour plusieurs livres, et quelques toiles dans cette dynamique d’Ataraxie, ce que je recherchais initialement dans ma peinture. 

Aujourd’hui, je peux dire que je suis dans une démarche Vitaliste. Je travaille par la peinture au jaillissement, à la transmission d’états émotionnels, de la force vitale. Cette démarche est très spontanée, les toiles et les images sont pensées, et incubées en amont, par ce que je lis, je vois et je pense. Devant la toile, je ne sais ce que je vais faire. Je peux rester quelques heures dans une impasse pour y sortir d’un coup d’éclat. La toile changeant radicalement. J’aime beaucoup cette notion de risque et d’incertitude, d’accidents. A l’image de ma vie, c’est un combat avec obligation de victoire. 

Là est le Vitalisme, sublimer sa condition, son quotidien, par la création. Un plus grand soi. Toujours.

Des truelles de Misandrie

Que le ciel et les ténèbres se déchaînent au maximum de leur puissance. Je n’ai, en essence, jamais obtempéré à toute cette parodie. J’ai été bon et serviable avec toutes et tous, et qu’ai-je vu ? Toujours plus de haine, toujours plus de crasse, toujours plus de porcs. Ils dégoulinent, ils giclent, tout ce qu’ils savent faire ; dégouliner, gicler de leur transpiration purulente et leur sperme puant. A bavasser tous satisfaits de leur supériorité.

Et l’Art. Au feu l’Art, désincarné. On en a fini avec la peinture dans la postmodernité, on en a fini avec le Beau, on en a fini avec le sacré. La Poésie. Au feu ! La consommation. Le Divertissement. Hanounaïsés.

Et Les femmes ? Qu’elles se révoltent, aujourd’hui plus personne ne se révolte, ils pensent se révolter mais que font-ils ? Du canapé. Des cris d’arriérés. Le retour de l’obscurantisme de tous côtés. Et ça veut être fort, ça veut être ci, ça veut être ça. Et ce n’est rien. Tout bonnement capable à ne faire rien d’autre que de gueuler et l’esprit s’en va, l’esprit est crevé au bord de la route tel un corps explosé, dégoulinant de tous côtés. Rien d’autre qu’un animal empilé sur l’infini charnier de l’Humanité.

Donnez-leur de la bienveillance et de l’amour, ils vous crèveront.

Ils ont laissé crever Van Gogh.

Ils ont crucifié le Christ.

Ils ont assassiné Modigliani.

Les femmes ne font pas la guerre, et si c’était finalement cela leur problème ?

Petites considérations d’un peintre Vitaliste : un

Je reste ébahi par le résultat que donne le laisser aller presque total à la pratique. Comme Breton l’avait tenté avec les surréalistes, la peinture automatique, l’écriture automatique. Il s’agit de faire ressortir des siècles d’humanité dans l’acte, ne plus vouloir le contrôle, chercher l’accident, sortir de la rationalité. L’oubli de soi sans doutes. Sans garantie de résultat. Mais à l’image du Cosmos, l’intelligence innée se met en route, les lignes de codage gravées dans l’individu lui permette d’aller toujours plus loin en lui. Quelle chance est-ce que de pouvoir s’étonner soi-même.

Finalement, ce n’est pas son histoire que le Vitaliste peint ou écrit, c’est celle de l’Humanité.

Une histoire de fantasmes et de mystique.

Un besoin d’irrationalité.

C’est bien des entreprises les plus folles que naissent les plus grandes découvertes.

Une fois cela posé, il y a la cap à garder.

Fata Morgana

Toute la différence est dans l’être et le faire. Faire le poète. Être poète. Ce n’est pas un passe-temps. Une gentille lubie. Chaque grade se mérite. Ce n’est pas une histoire de succès mais d’impératif, de pression, de vie ou de mort.

Tant de fois je suis mort pour arriver à écrire une phrase qui vaille la peine d’avoir été écrite. Car les grands écrivains, les grands poètes, les grands philosophes, sont des totems, qui de leur superbe nous toisent et se rient de nous.

Ecris mon petit.

Ecris ma petite.

Nouvelle peinture européenne

L’énorme place faite aux peintres de légende me rendait de plus en plus circonspect. J’étais sorti de le lecture « En finir avec la peinture ». Et avec le temps, j’avais vu à quel point les américains sont loin de ces débats mortuaires. Les européens continuent à glorifier les génies d’antan et ne portent presque aucun intérêt à leurs contemporains (c’était déjà le cas en 1870 avec les impressionnistes, vous me direz) tandis que les américains continuent à vivre la peinture de leur époque, sans pour autant oublier les artistes anciens. Cela se voit très fortement sur les réseaux sociaux, il y a chez eux énormément de mouvements dans la peinture, dans la promotion de celle-ci, des institutions la défendant jusqu’aux artistes eux-mêmes, énormément de fraicheur vient de chez eux. La passation dans les années 1940-1950 s’est faite là, dans leur fraiche vision de la création. Les guerres ont peut-être tué notre faculté à voir libre et grand. A vivre l’Utopie d’autre chose.

Je dois bien l’admettre, les américains nous dominent, et pas simplement là, malheureusement. Culturellement, la peinture européenne post-moderne, contemporaine donc, est balayée par celle-ci. Son image et sa présence sont quasiment nulles. Entre les galleries, les salles de ventes, qui font leur beurre sur les artistes morts, et les musées qui sont dans la même dynamique. La bataille moderne est gagnée par les américains, et de loin. Dans les faits, il n’y a plus de bataille. Basquiat a donné le coup final.

Etant certain que notre peinture vivait encore, connaissant quelques artistes de qualité, j’ai donc décidé de promouvoir celle-ci. Pour commencer, je regroupe les artistes qui ont une vision propre, assez puissante, et une démarche picturale frappante pour les ramener sous la bannière de la « Nouvelle peinture européenne ». L’objectif est de mettre en avant les artistes vivants pour montrer que chez nous, la peinture se fait toujours et avec beaucoup de panache. Qu’elle est loin d’être morte. Que c’est plutôt, notre politique culturelle qui l’est. Et la vision globale de l’Europe sur elle-même.

Cette idée m’est venue à la suite d’une vente de l’un de me tableaux à Détroit mais aussi grâce à la pensée d’une dame qui me dit que j’étais bien trop entouré d’artistes morts. Après réflexion, je ne pus qu’acquiescer. J’ai donc décidé de changer de logiciel. Pour marquer cela, j’ai lancé la page Facebook, Instagram, et Twitter de la « New european paintings » et j’espère développer d’autres ressources à mon mouvement.

En avant, les vivants.

 

(Peinture de J. Atarax Montironi, la Nouvelle Religion, média mixte sur toile, 115cmx75cm, 2019)

Instagram: https://www.instagram.com/neweuropeanpaintings/

 

 

Le livre du monde et de mon être

Cette belle expression ici apposée en titre est tirée du livre « Siddhârta » d’Herman Hesse.

Elle m’a frappée ; tout ce que j’ai fait depuis ma naissance peut se résumer à cela. Et c’est simplement la suite, les effets, ce que l’on appelle le sens utilitaire qui n’a pas répondu totalement à mon labeur, à mes attentes, qui m’ont déçues. Il fallait s’en détacher de ses attentes, et je le sais depuis longtemps.

Comme Nietzsche le disait si bien, il faut éviter de penser après un travail exténuant car à ce moment, quand la chape de plomb de la fatigue vous tombe dessus, on peut très vite penser très durement, très froidement, mortellement, tomber dans des affres sans fin de tristesse, quelque chose de physiologique se joue dans le corps, je pense. Ce que Cioran vécut en étant privés de sommeil. Mais le doute demeure, si j’étais dans une situation économique confortable, qui me permettrait de créer infiniment. Aurais-je toujours cette envie, cette furieuse envie, dévorante envie ? Je ferais sans doutes des choses plus douces, certainement. Soit.

Cette année fut très laborieuse. J’ai énormément travaillé, j’ai peint énormément, près de 80 toiles. J’ai aussi continué à écrire, envoyer mes manuscrits ça et là, sans succès. J’ai aussi très peu d’appui, donc je me trouve dans une extrême solitude, c’est-à-dire que je n’ai personne, pas de réseau, personne avec qui partagé réellement l’effervescence de la création, et cela joue sans doutes aussi. Soit.

Cela ne m’empêchera pas de continuer non plus. J’accepter d’être ce que j’ai toujours été ; un wagon fou dans des montagnes russes qui cliquotent de toutes parts.

Il ne suffit que d’un geste.

Que d’une rencontre.

Que d’une seconde,

pour que les ténèbres ou le sublime adviennent.

Mais il me souvient que cette vieille force, celle qui fait la vie décidera du moment, ne dépend pas entièrement de moi. Non. Autre chose. Il y a autre chose. Oui.

Souffle vital, ne me quitte pas.

Fais juste en sorte que je puisse encore brandir ta grandeur quelque temp encore.

Que fièrement au moment de ma mort, je puisse me dire le sourire aux lèvres.

« J’ai été autre chose qu’un surnuméraire ».

 

Autoréalité : le spectacle est terminé.

Tout cela ne paraitra être qu’un divertissement, un divertissement parmi tant d’autres. Au mieux une série B de série B. Quelque chose qui servira à alourdir ou alléger l’âme du lecteur, ou du voyeur. C’est au final la même mécanique que les drames à la télévision, la satisfaction de ne pas en faire partie et la tristesse pour ceux qui en sont. Comme une nappe électronique douce et grave à la fois, avec ce fond de basse qui tient le sujet dans la langueur et la stridence du clavier qui l’électrise. C’est un peu ça. Un spectacle de plus. Celui d’un homme qui perd pied. D’une âme de poète brisée par la finance. Par l’impossibilité de publier son ouvrage chez un éditeur sérieux et dans la même dynamique, de trouver une galerie assez professionnelle que pour espérer vendre régulièrement. Une histoire tellement banale. Toole nous a déjà montré l’exemple.

La liberté, la recherche de cette liberté. Est-elle une chimère ? Souvent je me dis que je devrais écrire un vrai roman, avec une histoire qui se tient, quelque chose de vendable…mais je ne le peux non plus. Je le voudrais mais je ne le peux. Je suis condamné à la misère, mon âme.

Et puis tous ces artistes que j’affectionne sont morts depuis longtemps, je vis entouré de cadavres, de suicidés, d’overdosés. J’aurais dû réussir mes deux tentatives avant ma trentaine. Je me dégoutais tellement de ne rien avoir produit, de ne rien avoir fait, que je n’ai pu aller au bout. Sans doutes, me donnais-je une chance. Une façon de vérifier ma médiocrité sans-doutes ou de la pure couardise. Est-ce cela que de Staël ressentit ? Une fois sa lourde charge de travail accompli, ses génales visions venues et vécues, il se dit que rien ne put être plus grand. Il aimait l’Art plus que lui-même. Il avait réussi assez jeune à couper cette laisse. Génial insoumis. Comme tant d’autres artistes encore. Je pense que là est le moteur, l’anima de l’artiste, du vrai ; cette impératif qui fait exploser toutes les autres considérations. C’est fondamental. Le génie vient de là. De son impétuosité. De sa vision.

Et moi, je ne peux plus me regarder. Ni même me tuer. J’espère juste les rejoindre le plus vite. J’ai osé croire qu’enchainer les tableaux allait suffire. Qu’écrire allait aussi suffire. Qu’être productif était la solution. J’avais oublié le génie. Je n’en avais pas suffisamment.

Que ce piètre spectacle, ce mauvais jeu d’acteur se termine une bonne fois pour toute.

Il y aura bien d’autres choses pour vous divertir.

La détresse, implacable détresse, a bel et bien gagné.

Au diable la poésie.

Au diable la philosophie.

Au diable la peinture.

Seule la mort tient ses promesses.

Pauvre pitre.

Révolte et poésie

Après une petite année de pratique intensive de la peinture. Il m’est apparu de façon certaine que dans chaque individu révolté, la poésie demeure. Que la pensée doit jaillir dans l’acte quotidien pour que le corps reste dans sa pleine santé. Pour ne pas sombrer plus encore. C’est-à-dire : s’étonner soi-même, sortir des considérations sans fin qui n’aboutissent en général sur rien. Celles qui furent de bons exercices mondains. Tourner en rond. Faire du surplace, à user son propre support. Je dis cela car ma pratique artistique me fait arriver tout doucement, comme vous pouvez le voir sur ce tableau, à des hauteurs picturales dont je me serais jamais cru capable. J’ai pu retransmettre avec mes mains ce que jamais je n’ai pu faire par l’esprit. La force d’une image, sa chaleur, est toujours plus forte qu’une suite de mots. Les neurones préfèrent la couleur aux lettres. Ravissement foudroyant, délectation de la pupille.

La haine n’est plus elle-même lorsqu’elle est créative. Elle finit par tendre vers la quiétude et l’extase.

J’y reviendrai un jour.

Désintégration solaire

Le soleil noir transperce mon être.

Il m’englue. M’étouffe. Electrifie mes nerfs.

L’azur, mes origines, l’azur, ils m’ont enlevé l’azur.

Usure et fulgurances,

tellement futiles aux yeux du monde.

Ce combat est désespéré.

Baroud d’honneur à chaque souffle.

A quoi bon ?

Et puis le calme, la sérénité, les grandes batailles, les lendemains d’héroïques victoires,

ne viennent jamais.

Tant d’efforts.

Tant de douleurs.

De dépassement pour si peu.

A quoi bon ?

J’ai fait ce que j’avais à faire; le maximum.

Je traine ma carcasse fatiguée sur les brillants pavés de l’automne.

Je frémis. Je titube. Les oiseaux aussi.

Je frémis. Je titube. L’horreur ne me lâche pas.

Je frémis. Je débloque, et l’époque me lynche.

Cette existence, cette charpente n’amène rien de bon.

Je suis ce spectre d’un autre temps.

Inadapté. Inactuel.

En peinture, en poésie, en écriture, en être, en vision.

Rien. Rien. Rien de concret.

La misère arrive tout doucement,

je peux la voir, la sentir, et personne ne m’aidera, je le sais.

Mon moi est d’ailleurs.

Damnation.

Je ne renonce à rien. Je prends tout.

Belge grisaille,

soleil mort,

humidité.

Broyant mes os.

Il m’ont éjecté de leur Monde.

Artiste raté.

Loin des cimes du désespoir

Une ancienne partie de toi.

Les effets des structures balayés.

Devenir nécessite courage et abnégation. Traquer les chimères, faire son autocritique, son auto-analyse, s’autoéduquer.

En partant de soi, en regardant les splendeurs; mordre la cendrée plusieurs fois. 

La plupart s’épargne eux-mêmes pour mieux broyer les autres.

Tandis que toi, en te broyant, tu obtins la quintessence de ce que jamais ils ne pourront avoir; la simple et totale splendeur d’exister.

Sur les cimes les plus célestes.

Loin des désillusionnés, des moralistes, des accusateurs, des prisonniers du Temps.

Ils redoutent de devenir ce qu’ils sont déjà; poussière de poussière. 

La Sauvagerie, la Noblesse et le Temps

Plus le temps passe, plus j’aime à poser le seul acte d’écrire. Pour lui-même, entièrement. Sans considération. Ceci ressemble à l’idée que je me suis fait de l’artiste total. N’agissant pas là pour le public mais pour lui-même. Hermétisme au marché. Aux potentiels avis. Au destin. Aux sorties et aux probables chiffres de vente. Le fondement et le résultat de la création ne se trouvant pas là.

Je ne me représente plus moi-même à vrai dire. Tout au plus, je mets en lumière une histoire de rapports de force, d’impératif catégorique, de transmutation. La qualité ne voulant même plus rien dire. Un humain parmi d’autres.

Âme liquéfiée et lévitante.

Loin déjà de ce que l’on appelle ; la Sauvagerie, la Noblesse et le Temps.

Prolégomènes d’un nouveau mouvement de peinture

Admirateur des mouvements anciens de peintres révolutionnaires par leur vision et leur capacité à expérimenter, je suis un peu nostalgique de leur fin, je l’avoue. Je regrette même de n’avoir pu goûter à cette époque. Fauvistes, Expressionnistes, Impressionnistes, Nuagistes…sont éteints. Bien éteints. Malheureusement.

Du Cavalier bleu à Cobra, le temps à la peinture révolutionnaire est bien mort. Il me vint alors à l’idée de réanimer son esprit par ma pratique dans mon atelier, ce que je fis avec plus ou moins de succès. L’expérimentation et l’improvisation comme valeurs centrales.

Cette expérience me poussa à aller plus loin dans mon raisonnement. Voulant partager et étendre cette vision des pionniers, l’idée m’est venue de monter un groupe de jeunes peintres. De repartir à zéro en quelque sorte. Toujours avec cette mécanique centrale de bâtir une pratique artistique basée sur l’improvisation, la faculté de réflexion et d’expérimentation. Esthétique et poésie. Art brut et lyrisme.

Ce projet est ambitieux. Je pense qu’il aura la vertu de faire vivre un petit groupe dans une dynamique presque mystique. Et pourquoi pas, à amener un nouveau souffle à la peinture postmoderne dont l’horizon colle à l’ère du Temps, celle qui est globalement aussi tombée dans le jeu du marché. Taillée comme un produit pour être vendue comme tel. Chacun de son côté. A vendre sur Internet. Sans réel esprit. A quelques exceptions près bien sûr.

J’aimerais donc arriver à atteindre avec ce mouvement ce que Kandinsky appela « Du spirituel dans l’Art ». Un endroit où la peinture se fait. Se vit. Se tente. S’écrit. Un endroit où les gens pourraient venir quand ils le souhaitent. Avec des expositions périodiques hors des structures classiques; les Indépendants de la peinture. Gratter la toile comme Benrath, Hartung, Cy Twombly et Basquiat purent le faire. Surfer et danser comme Shigara et Pollock. En discuter tels André breton, Duchamp, Magritte et Piccabia. Aimer les formes et couleurs comme De Staël et Kupka. Y amener de l’angoisse à la Munch et Soutine. De la puissance, de l’élégance et de la légèreté à la Zao Wou-ki et Fabienne Verdier. Et tant encore.

J’ai commencé à écrire le Manifeste. Je dois encore arriver à trouver un endroit et des artistes avec une vision la plus libre possible; c’est-à-dire, par delà le beau et le laid.

Ce projet est peut-être celui de ma vie.

Je l’espère du moins.

Orgone

Transfusion de l’essence

Electrification du corps,

dans une position christique.

 

J’ai bien senti qu’elle venait d’ailleurs.

 

Avant moi,

après moi.

 

Que j’étais un ailleurs.

Part irréductible en moi.

En tout.

 

Du meilleur au plus mauvais.

 

Réceptacles de l’énergie primaire.

 

Cosmos

 

Orgone

 

Eternel éternel.

 

 

Expressionisme

Le sourire, le sourire, quel étrange trait humain. S’il y a bien une expression énigmatique chez les âmes torves, les masqués, c’est bien le sourire. Il est de multiples formes, de multiples significations. Et moi, je souris par automatisme, tellement que cela en devient presque inhumain. C’est à la vie que je souris, par profonde douleur, par profond désespoir, comme un baroud d’honneur. Pour lui dire que même si je suis détruis intérieurement, je peux toujours au moins simuler la joie, que je peux au moins espérer la voir un jour, la sentir une seconde, espérer. Rester en contact avec un peu de chaleur.

Je sais aussi que doucement, il pourrait devenir démoniaque ou lumineux, son caractère dépendra de ce que la vie me donnera comme coups encore et de comment je saurai les recevoir ou les esquiver. Le sourire est une terrible déchirure pour les âmes torturées, avec un minimum d’observations on peut voir que celui-ci n’a rien de gai, par l’œil on le voit très facilement. Comme un mécanisme de défense.

Et devant ce spectacle qu’est la comédie humaine, je souris. Comme un fou. Comme celui qui sait que l’on choisit si peu de choses. Je souris aux froideurs passées, aux désillusions vécues, aux coups psychologiques reçus, aux douleurs physiques journalière, à la tétanie d’être dans un monde de damnés, je souris aux élites délirantes, aux morts sur lesquels nous crachons chaque jour, à la grande solitude qui me serre dans ses bras, à mon nouveau et mon ancien moi.

Je souris pour défier ce qui nous a créé.

Car oui, si tout cela n’était que le fruit du hasard, il valait mieux en rire.

Je souris à l’Incertain.

Brave et immonde incertain.

Chimère des chimères qui me hante chaque seconde.

Terrible et odieux incertain.

 

Homme Postmoderne

Ce qui a marqué le début de la faillite à venir de notre Civilisation est : l’industrialisation de l’Animal.
Lorsque il est devenu un simple produit d’usine, c’est l’humanité qui fut définitivement liquidée au bénéfice du profit toujours plus étendu. Les camps de concentration jusque dans leurs assiettes.
A mastiquer détresse et tumeurs.
Homme Postmoderne.

G.

Dans les labyrinthes du monde, nous nous obstinons.

Les kilomètres sans fin franchis,

esclavagistes.

 

Que de belles chimères,

j’ai vu là en haut,

dans ma tête.

 

Que de belles promesses

me furent faites,

dans l’Arène.

 

Lumière hypnotisante.

Flash percutant.

Panneaux obnubilant.

 

Quelques grattements rendirent compte,

de la macabre danse.

 

Mesdames et Messieurs,

vivre c’est consommer,

consommer c’est vivre.

 

Je vous prie.

 

Dansons !

 

Patûre de vent

Toutes ces méprises, ces mauvaises interprétations, ces jugements, ces insanités, toute cette fosse jetée sur nos têtes. Toute cette bassesse qui nous expulse hors de nous-mêmes dans des valses flétries par le désespoir ; sont le commun de notre petite race humaine.

Malignité de l’être.

J’avais pourtant rêvé, il y a fort longtemps d’un paradis pour les âmes, d’une bonne entente, de congruence humaine.

De gens de bien sur toute la surface terrestre.

Ingénuité de l’enfance.

Encore une fois ce fut une chimère.

Faibles, forts, noyez toutes vos illusions, jusqu’au sentiment profond d’avoir l’illusion de n’en avoir plus aucune et vous verrez que tout n’est plus que vanité et pâture de vent.

Une vie emportée bientôt dans le plus lointain des lointains alors que le soleil lui demeura.

Que cette vie serait plus belle si tous avait été de bonne volonté.

Au fond rien ne changera jamais.

Il y avait, a, et aura toujours bons et mauvais.

surplombés par toutes nos infinies vanités.

Consommateur consommant

Même les plus géniaux de notre espèce ont fini par croupir sous terre. Ils nous enseignèrent diverses paroles dont le but ultime fut de nous amener à la paix et à l’harmonie. Jésus, Lao Tseu, Bouddha, Confucius, des milliers de philosophes, des milliers de penseurs, de sages. En faisant une petite rétrospective mentale, il est évident que les pensées amenant au bon furent foisonnantes (elles le sont toujours). Ont-elles eu l’impact qu’elles auraient mérité ? Il est à croire que si je devais faire un constat de la planète terre, de la santé mentale et physique de ses occupants ; je pourrai facilement dire que non. Être en bonne santé n’est simplement dire : manger à sa faim. L’obésité, le sédentarisme et la famine se trouvent éparpillés sur le globe. Mais encore : Le but de toute vie humaine n’est-il pas la réalisation de l’Homme ? Hors, qu’en est-il en 2017 ?

En Occident, les psychotropes, anxiolytiques et autres drogues légales et illégales sont à un niveau de ventes jamais atteint. Preuve en est que les avancées technologiques en tous genres ne nous libèrent pas de nos propres vanités, c’est parfois même l’inverse qui se produit : ô course au toujours plus. En Orient, plus difficile pour moi de le dire, mais  je vois des pays où le modèle occidental est apposé (Chine-Japon au moins), que c’est le même cours que chez nous qu’ils suivent. Aux Proche et Moyen Orient, déchirement sur déchirement. Nous n’y sommes pas du tout à peu près partout.

Certes, d’aucuns me diront qu’il n’y a pas de guerre mondiale et que nous sommes dans une période qui connait le moins de victimes de violence. Que la situation est stable.

Mais, je dirai mais. Dans un ton de grandiloquence inquiétée ; qu’il y a dans l’atmosphère un parfum de robotisation des âmes, âmes avalées par le grand médiatique. Il suffit d’aller dans les villes, dans les campagnes pour le voir. Tant de gens affichent une mine austère, patibulaire. Je me promène le soir et ne vois qu’écrans de télévision allumés sur écrans de télévision allumés. La gaieté est-elle morte sous le poids des catastrophes médiatisées et du confort du prêt-à-consommer ? Amis poètes, il me semble bien que oui. La masse est éteinte. Et de ma fenêtre, je sens le souffle lointain de l’Apocalypse. Il ne s’agit pas là du grand Apocalypse tueur de masse mais ici d’une peste videuse d’esprit, une maladie qui aspire des hommes leur substance à penser, à être, pour ne plus en faire qu’une masse consommatrice informe. Les petits esclaves du Grand Capital, Capital qui vient de façon naturelle et déconcertante jusque dans leur salon – dans leur intimité, vendre de la peur, et des bars chocolatées. De la dépossession du plus grand et bel instinct de l’Homme, l’instinct de création, la volonté d’être.

Il est évident pour moi que le système les anesthésie. Il m’est aussi évident qu’une fois ces instincts trop cadenassés par le système, il peut arriver chez le consommateur-consommant un grand sentiment de vide, de désespérance. Il y a là la culture de masse pour pallier à cela mais elle s’use aussi (tout finit par s’user). L’abêtissement a aussi ses limites. Être tellement encrassé par le prêt-à-penser que l’on finit par s’en rendre compte, frustration du vide.

L’enjeu du consommateur-consommant est ici ; déchirer le voile d’illusions quant aux images qu’on lui donne, quant à lui-même, sa vie, sa manière d’être et de penser. Éteindre sa télévision. La jeter. Lire le plus possibles de grandes littératures, de grands sages, de grands philosophes et de tous bords. Allez vers des êtres lumineux. Devenir acteur de sa propre son consommation en créant sa propre pensée (loin des opinions usées, dites et redites de notre époque), en cultivant sa propre nourriture, un consommateur créatif le plus possible, sur tous les fronts. Fuir la course au toujours plus, plus de confort, plus d’amis, plus d’argent.

La vie a elle aussi un goût, lui aussi a son prix, celui de l’effort sur soi, le don de soi, loin des calculs économiques.

Et un jour, les efforts n’en seront plus, ils ne seront plus là que de simples habitudes et parfois même ils seront repos du corps et de l’esprit. Un vrai refuge fasse à la fureur du Monde.

Supra

Les phares éteints.

La pleine puissance,

aspire à revenir.

 

Elle a en tête,

les temps anciens,

trempés de foi.

 

Volonté de dépassement.

Recherche de transcendance.

Eblouissement du ciel par les cieux,

côtoyant,

fatigue et désespérance,

lovés au pied de la porte,

du postmodernisme.

 

Le combat de l’interminable raison s’avéra tronqué.

 

Opinions lancées,

sans véritable fond,

sans fin.

 

Débats sur débats.

 

La grande libération.

n’amena pas l’évidence,

du divin soi.

 

Un supra soi ;

 

Être autre chose,

qu’un produit griffé,

de marques marketisées.

 

Bouffie de consommation,

notre grande Humanité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Remodelage

Pleinement se sentir en vie – comme le dit Nietzsche, il s’agit devenir soi-même ou comme Plotin ; se modeler soi-même. Se déconstruire soi-même, déconstruire le monde, démonter jusqu’à la chose la plus naturelle, la plus évidente. Jusqu’à se rendre compte que comme Socrate « tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien ». Emprunter la voie de la modestie devant le grand monde. Arriver aux largeurs des structures, les toucher, sentir les limites de son système, les dépasser ! Par petites touches, sans grande attente immédiate. La sagesse, l’Ataraxie s’atteint sur une certaine longueur.  En pensant non pour soi-même mais contre, se mettre dans des situations inédites.  Se remodeler ! Car avant de nous prendre totalement en charge, les parents le firent.

La Voie de l’Être

La Voie de l’Être – qu’elle est-elle ? Un abyme pour qui n’a, dès son plus jeune âge, reçu quelques grands conseils de sagesse, et surtout su les saisir. La courbe de l’être sera ici plus difficile à redresser. Et encore plus pour qui veut devenir droit et non redressé comme Aurèle le dit. Cependant, cette voie de l’Être prise par les désœuvrés sera ô combien explosive de gaieté ; un spectre de suavité extraordinaire arrivera par petites touches. Une très grande délivrance. L’emprunter revient à penser contre soi-même. Un effort démesuré dans une société contemporaine prônant un certain confort, et une fausse originalité (unique comme tout le monde).

Pas de feuille de routes, c’est un champ de bataille qui est promis. Il ne faut rien ou au moins s’armer d’un marteau pour avancer. Encaisser les coups, fuir la populace, se cloisonner, considérer l’ennemi comme essentiellement médiatique (publicités, émissions débilitantes), chérir l’extase, se fondre en soi. Exploser sa télé ! Regarder le ciel, bouche ouverte, béatement. Inspirer. Expirer. Du souffle. Du calme. Quelques grands philosophes et quelques breuvages magnifiant le quotidien. Se recentrer. Il y a là quelques clefs très intéressantes à mettre à son trousseau.

Pour les autres, c’est pareil. L’impermanence est leur meilleure alliée. Boussole de la sagesse qui vient.

Petites considérations existentielles : deux

Réveillé et levé à sept heures, un dimanche matin. La petite ne connait pas encore le travail.

Comme Sénèque le dit dans l’un de ses merveilleux textes ; être libre n’est-il pas de disposer de son temps comme bon nous semble ? N’est-ce pas là l’une des dimensions les plus importantes, si ce n’est la plus importante d’une vie : disposer de son temps. Vivre à son rythme. Travailler – car oui, il le faut bien pour le commun des mortels – à son rythme. Que l’on soit riche, pauvre, ou entre les deux états, la plus grande satisfaction ne vient-elle pas d’avoir fait ce que l’on voulait intiment et totalement faire ? Je le crois. Je crois que les âmes les plus vives , les plus riches, les plus complètes, se trouvent dans cette mécanique. La souveraineté du soi. Quel homme, quelle femme n’en rêve pas ? Le vouloir libérateur/oppresseur. Le déploiement du soi.

Certains choisissent la résignation. Une attitude de soumission face à la vie telle qu’elle est. Ce détachement, cette acceptation du sort telle qu’il est dessiné, amène au renoncement partiel ou total face au vouloir oppresseur/libérateur ancré dans chaque être. Ce qui est une libération, une autre liberté, partielle ou totale. Chacun fait face à sa volonté de puissance comme il le peut et le veut. Aller vers la complétude d’une manière ou d’une autre est purement humain. Dans tous les cas, qui veut vivre incomplètement ? Il y aura bien toujours besoin de combler quelque chose, ne serait-ce que les besoins vitaux. Nature humaine. Nature tout court : chaque espace de terre nue finit par être recouvert par des orties, des liserons,  des pissenlits… ou si vous êtes là, vous pouvez y planter de la délicieuse menthe anglaise.

Mais, finalement, ne sommes-nous pas dépassés par ce nous sommes, par ce qui nous entourent, par les matériaux avec lesquels nous sommes faits, par la circulation de nos fluides, par notre deuxième cerveau ? Les presque Dieux, ne se font et se font eux-mêmes. Ils se perpétuent sur des plans connus et inconnus, sur des croyances, des tropismes. La philosophie que d’aucuns mettent sur pieds ne nous dépasse-t-elle pas ? Cet homme, cette femme a été faite pour penser. Et loin. Les plus libres savent qu’ils ne le sont pas.

Au fond, les structuralistes ont raison sur ce point. Les déterminismes nous fondent, nous forgent, nous guident, nous écrasent, parfois ils créent l’inverse de leurs effets habituels. Ce qui remet en cause le déterminisme même, mais ne l’évacue pas de la réalité.

Les structures existent, elles sont là. Les connaitre et s’en échapper pourrait être la plus suprême des victoires. Frapper, tabasser, pilonner, fracasser autant que possible ces structures. En sortir ; une programmation pour en sortir, aussi, ils diront. Nature humaine, sans doutes, je dirai.

Alors, oui, en effet, avec cette vision, difficile d’aller contre les déterminismes et les pré-déterminismes : l’homme serait programmé pour vivre et être sur plusieurs plans, pour tout et ne rien être – du plus savant ou plus crétin, du néandertalien au transhumain, du fataliste à l’optimiste, et ce dans n’importe quel des milieux.

Pourtant, il me semble que l’attitude, que les postures qu’un individu prend et forge, se forge face à son sort dépende de lui en grande partie. Plusieurs personnes dans la même situation, au même moment, dans la même vie, se comporteraient-ils, auraient-ils la même trajectoire de vie ? La même vision ? Oui et non, tout dépendra du potentiel, de comment l’âme, l’appareil sentimental a été construit et ce, dès la naissance. Une histoire de sensibilité face au monde. Les enfants de monstres ne deviennent pas tous des monstres.

Sans cesse, en la pensée complexe, celle qui chez nous, a définitivement étouffé la pensée binaire, nous ne pourrons tirer un constat, une conclusion. L’être humain est prisme recevant lumière d’autres primes, eux-mêmes relié à d’autres prismes.

Interconnexion illimitée.

Divisant les couleurs en une multitude infinie.

Avec encore un grand nombre de couleurs à inventer.

Sérendipité !

Royauté

Les déterministes disent que tout est pré-déterminé, que les battants sont nés pour se battre, les oppressés nés pour se soumettre. Une bataille entre vainqueurs et vaincus.

Il est vrai que l’on a jamais vu un ouvrier président ou roi.

Les rôles sont multiples, changeants, impermanents.

Guerrier(e), choisis et prends tes armes.

Être son propre roi est l’enjeu.

Le temps comme allié ou adversaire.

 

 

Bref condensé d’un monde

Les âmes authentiques. Les vertueuses, ne se posent en maîtresses du monde. Et c’est en cela que nous perdons notre bel avenir.

Chaque système engendre des monstres. Le nôtre agonise et les mutilateurs en profitent.

Les esclaves comme observateurs regardent la fin venant.

Petits spectateurs du désastre d’un monde à l’agonie.

Pantins tenus par des pantins d’autres pantins.

Anthropocène

Si vous pensez en logique d’espèce, tout se tient. L’Homme fait ce qu’il fait pour asseoir sa domination sur le monde. Il le fait en se répandant le plus largement possible sur le globe. Guidé par son instinct, il procrée, se multiple. Le but est de contrôler l’étendue. Les différences étant cause de frictions, de difficultés de gestion, il préférera une société uniformisée, automatisée, mollement confortable.

Détruire ce qu’il y a à détruire, pour construire après. Son égocentrisme, ce que l’on appelle anthropocentrisme le contraint paradoxalement à s’éradiquer lui-même d’une façon voulue et non voulue. Voulue, par les différentes guerres menées entre les nations, peuplades, esprit de conquête, esprit de haine… Non voulue, par résultat de sa propre évolution, pollution, destruction de son environnement.

Ce qui est en jeu ici, c’est l’anthropocène, et bientôt on pourra voir si l’homme a été programmé plutôt pour la vie ou plutôt pour la mort.

Ce qui est réellement en jeu aujourd’hui, c’est la raison face à l’économie du toujours plus.

C’est l’acuité et le discernement de l’espèce humaine face à sa propre survie, face à ses propres vanités marketisées.

L’enjeu : aller au-delà de sa nature destructrice ou y rester.

Mécanique

Il y a l’opium du peuple.

Il y a la philosophie.

Il y a les dogmes, les arrières-mondes.

Il y a la déconstruction, les abstractions.

 

La vérité est multiple.

Prismatique.

Chacun est produit de concepts,

eux-mêmes produits de concepts.

Liberté ?

Il est bon et mauvais d’avoir de grandes ambitions.

Les choses sont à expérimenter.

 

Chacun est sur sa Voie.

Ontologique.

 

Être

La promenade au milieu de l’être,

n’en fut pas une.

Tant de fois, elle fut misère,

que tu en gardes encore amertume.

Et du cap maintenu.

Malgré les rafales de vent, des maelström.

Tu n’as rompu.

Aujourd’hui, la délivrance t’embrasse.

Tu te dis que cela en valait la peine,

que même l’amertume n’est éternelle.

Toi, poche de lumière.

Nous avons besoin de poches lumineuses, disponibles ça et là, à portée de main lorsque nous nous asphyxions. Je sais que tu me diras que rien ne changera, que l’ordre est ainsi fait, que les cartes sont distribuées, et tout un tas de choses, et puis, et puis, je sais, c’est vrai.

Mais tu serais bien sot de réfuter que rien n’est joué, que tout n’est pas calculable, que ce que l’on appelle le hasard peut surgir de son trou, qu’il peut bouleverser la donne. Alors même si tu n’y crois pas, tu sais intiment que le hasard n’a pas besoin que l’on croit en lui. Un peu comme toi, pourquoi voudrais-tu que l’on croie en toi. C’est un jeu. Et tu sais aussi que le hasard est rare. Que le hasard peut tout aussi bien être destructeur que constructeur. Tu sais aussi que tu es perdu, car le vrai est entrelacé, perforé, englobé d’autres vérités, parfois plus pures encore. Le faux n’est pas le faux, il peut lui aussi être vrai en fonction du moment, de ton état d’esprit, et des événements. Tu es perdu, car tu n’avais pas reçu une éducation dogmatique, faite de certitudes, tu étais vierge.

Toi qui penses que c’est ta plus grande malchance, tu t’es trompé, encore. Tu peux voir plus grand, encore, encore et encore. Et tu te tromperas, tu penseras même te tromper alors que tu ne te trompes pas, encore. C’est la complexité de la vie. Tu vis la complexité de la vie. Elle est en toi. Tu es la vie. Une apparente stabilité dans un chaos en ébullition, en toi.

Deviens une poche de lumière. Je t’en conjure. Deviens une poche de lumière. Nous aurons besoin de toi. Lorsque l’Humanité deviendra plus crade encore, nous tomberons sur toi. Cela nous ramènera à autre chose, quelque chose de grand. Nous ne te demanderons rien de plus que quelques paroles. Un peu d’éclairage. Tandis que nous serons en pleine perdition, nous ne te demanderons qu’un peu de lumière, qu’un peu de ta pensée le jour où nous ne serons statufiés.

Grandeur

De l’espoir anéanti naît la sublime grandeur – Alors que la victimisation, la quête de bonheur, du bien-être sont plus que jamais à la mode, que la tension travail vie privée pousse au burnout. Certains s’envolent loin. Ils créent leur propre ciel, sont leurs propres étoiles. Ils illuminent nos noires contrées. Par delà l’occidental biberonné au matérialisme et harcelé par les publicités de toutes parts, ils se trouvent. Après avoir dépassé Dieu, ils ont dépassé le nihilisme, le trou béant que celui-ci avait laissé. Ils sont assez forts pour croire en la vie et voir le sacré là où le consommateur ne voit rien d’autre que bêtise juvénile. Ils sont au-dessus de l’abattement général, au-dessus de ceux qui ne trouvent que le négatif (ils le cherchent avant tout, par peur de faire face à eux-mêmes). Ils savent que le confort les abêtiraient et que l’effort léger, que la gaieté amènera ce que l’espoir détruit. Ils vont vers le meilleur, ils n’attendent pas le meilleur.

Ils ne sont attentistes. Ils n’attendent rien des autres, du système. Ils se battent, le cœur empli d’envie, de passion, avec la soif de ne vaincre autre chose qu’eux-mêmes. Dans un monde qui laisse peu de place à la lenteur, à ce que les utilitaristes et certains capitalistes appellent “l’inutilité”, eux gagnent sur tous les terrains, les terrains de la sagesse, de l’amitié, de l’amour, de la poésie, de la nature, du noble. Ils sont Femmes et Hommes complexes, complets. Ils sont le contre-poids face à ce désœuvrement, cette vision totalement dédiée à l’économie et au futur noir, des Femmes et des Hommes d’aspirations nouvelles. Ils n’espèrent pas, ils prennent leur avenir en main, en affrontant de grandes questions existentielles.

Avec vigueur et courage ils créent leur modèle de vie en s’écartant du modèle promis ou plutôt subrepticement imposé. Ils ont compris que ce n’était pas tenable, que vivre comme un consommateur revient à abandonner une partie de leur humanité, celle de l’Homme libre. Oh non, ils n’ont pas besoin d’espoir. Ils sont l’Espoir. Et j’invite toute personne désireuse de vivre grand à tendre vers cet espèce d’Hommes modernes. La peur ne vous guidera pas ! Amis. Emplissez-vous de confiance et dites à voix haute : la vie est grande, elle est partout, elle est en moi !