Connecter

Le champ s’ouvre à partir du moment où la volonté prend le dessus sur tout le reste. Les décisions prises ou la grande décision prise est faite d’un mélange de fébrilité, d’euphorie, de tension et de gaieté. Une imbrication de peur et d’envie mêlées. Ce qui est important de noter est ceci ; dépasser cela. L’inconnu est par essence fait de données impossible à prévoir, et ce, de façon absolue. Un professeur me disait « Votre rôle est de prévoir l’imprévisible », ce qui en soi est absurde mais nous invite pratiquement à penser plus loin que ce que nous pouvons penser ; à être alerte, dans la réactivité, à se tenir prêt à l’inimaginable. De de ce constat, il s’agit de dépasser le sentiment d’inconfort et de passer à l’action.

La pensée a elle aussi ses défauts. A tourner sur elle-même, elle perd sa dimension créatrice, se crispe à perdre sa vitalité. Si une idée demeure, le refoulement rendra le ressac plus fort. Ce qui montre son importance.

Si on ne servait que de sa raison, jamais on aurait fait de choses autres que primaires ; comme se connecter à soi-même.

Enfant

Vous qui entrez dans ce monde, abandonnez tout espoir.

Fuyez les vanités les plus insidieuses, les plus perverses.

Désertez votre race, votre être, votre pensée, votre condition, votre sexe.

L’enfant est parti.

Le vôtre. Il n’est plus qu’un lointain souvenir décharné.

L’insouciance gît sous terre.

Toutes les sophistications et les choses simples que vous vous donnez ne sont rien.

La puissance de l’intuition enfantine est éteinte.

Le réel médiatique est posé devant vous, il a la tête d’une murène.

Humains, vous pensez, mentalisez, pesez le pour ou le contre, rationalisez, anticipez, modelez l’avenir.

Les années choient sur votre dos, sur vos épaules. Vous vous courbez de réalité.

L’émerveillement et le mystique ont fui,

ils ont laissé place à l’économie.

Et faîtes ou dîtes ce que vous voudrez, c’est comme cela,

l’enfant n’est plus là.

Il est mort bien trop vite.

 

 

Paons

Il n’y a rien d’autre derrière le ciel que le néant.

Mettez toutes les croyances que vous voudrez.

Elles ne reposent que sur de la poussière,

le futur nous attend tous ; il n’est que poussière !

Alors, tandis que les plus nihilistes d’entre-nous se sont inventés des arrière-mondes, des religions, des Dieux pour mieux vivre les difficultés d’être en vie,

nous nous pâmons, nous, les plus croyants de tous les plus croyants,

nous, les dompteurs du Néant.

Et s’il faut souffrir, nous souffrirons avec le sourire.

Patûre de vent

Toutes ces méprises, ces mauvaises interprétations, ces jugements, ces insanités, toute cette fosse jetée sur nos têtes. Toute cette bassesse qui nous expulse hors de nous-mêmes dans des valses flétries par le désespoir ; sont le commun de notre petite race humaine.

Malignité de l’être.

J’avais pourtant rêvé, il y a fort longtemps d’un paradis pour les âmes, d’une bonne entente, de congruence humaine.

De gens de bien sur toute la surface terrestre.

Ingénuité de l’enfance.

Encore une fois ce fut une chimère.

Faibles, forts, noyez toutes vos illusions, jusqu’au sentiment profond d’avoir l’illusion de n’en avoir plus aucune et vous verrez que tout n’est plus que vanité et pâture de vent.

Une vie emportée bientôt dans le plus lointain des lointains alors que le soleil lui demeura.

Que cette vie serait plus belle si tous avait été de bonne volonté.

Au fond rien ne changera jamais.

Il y avait, a, et aura toujours bons et mauvais.

surplombés par toutes nos infinies vanités.

Terreau

On ramasse les bris de rêves

par terre.

On les entasse dans des espaces

mortuaires.

 

Tels des jouets d’enfants usés, défigurés, oubliés

ils demeurent.

 

Ils se fondent, se soudent, brulent.

 

Jusqu’à Incubation.

 

Et si la Providence, la force de caractère,

affleurent .

 

Vient alors la Détonation.

 

Sonnant réveil de la fière, grande, et

Majestueuse volonté.

 

Grand devenir soi.

Fuite

La terre Voluptueuse terre,

me donnait les quelques images,

que j’avais grande envie et encore force de voir.

 

Derrière le champ économique,

je voyais autre chose.

Un autre destin de vie.

Un Monde hors Marketing. Un grand Monde.

 

Hors divertissement machinisé,

et sans fin.

Une sortie du perpétuel bal des nouveautés et critiques en tous genres.

 

Ô quel grand bien me procure cette fuite hors du monde.

Aux orées du moi.

Je sens être autre.

Je me vois entouré de grandes pensées et de grands penseurs.

 

Dans le temps long,

non interrompus par la publicité.

Il m’est permis d’apprécier l’Art.

De faire de ma Vie un début d’Art.

 

De prendre livres, pinceaux et plumes.

De prendre le temps de faire des choses banales.

Pain, poules, potager, Cosmos.

Loin de l’instantanéïsme, je trône.

 

Il me sent être comme le voyageur contemplant – ma Vie,

avec du goût et de riches nutriments.

Avec parfois,

quelques amertumes de ne m’être réveillé avant,

je l’avoue,

Mais je sais que le réveil d’aujourd’hui,

est moins beau que les réveils à venir.

 

Ô Providence soit clémente. Donne moi les clefs pour demeurer,

hors du monde, un peu plus.

Je ne veux plus être de ces petits homo economicus,

ce petit homme, à la tête coupée, courant derrière quelques deniers.