Désintégration solaire

Le soleil noir transperce mon être.

Il m’englue. M’étouffe. Electrifie mes nerfs.

L’azur, mes origines, l’azur, ils m’ont enlevé l’azur.

Usure et fulgurances,

tellement futiles aux yeux du monde.

Ce combat est désespéré.

Baroud d’honneur à chaque souffle.

A quoi bon ?

Et puis le calme, la sérénité, les grandes batailles, les lendemains d’héroïques victoires,

ne viennent jamais.

Tant d’efforts.

Tant de douleurs.

De dépassement pour si peu.

A quoi bon ?

J’ai fait ce que j’avais à faire; le maximum.

Je traine ma carcasse fatiguée sur les brillants pavés de l’automne.

Je frémis. Je titube. Les oiseaux aussi.

Je frémis. Je titube. L’horreur ne me lâche pas.

Je frémis. Je débloque, et l’époque me lynche.

Cette existence, cette charpente n’amène rien de bon.

Je suis ce spectre d’un autre temps.

Inadapté. Inactuel.

En peinture, en poésie, en écriture, en être, en vision.

Rien. Rien. Rien de concret.

La misère arrive tout doucement,

je peux la voir, la sentir, et personne ne m’aidera, je le sais.

Mon moi est d’ailleurs.

Damnation.

Je ne renonce à rien. Je prends tout.

Belge grisaille,

soleil mort,

humidité.

Broyant mes os.

Il m’ont éjecté de leur Monde.

Artiste raté.

Guerre journalière

Tout est plus clair lorsque le soleil s’éteint.

Les complaintes et les mouvements tonitruants lointains.

Et tu voudrais ne plus jamais te lever,

pour ne plus avoir à hurler.

Te trouver une nouvelle place.

Mais tu te réveilles à nouveau,

avec tes révolutions et ton marteau.

 

La Sauvagerie, la Noblesse et le Temps

Plus le temps passe, plus j’aime à poser le seul acte d’écrire. Pour lui-même, entièrement. Sans considération. Ceci ressemble à l’idée que je me suis fait de l’artiste total. N’agissant pas là pour le public mais pour lui-même. Hermétisme au marché. Aux potentiels avis. Au destin. Aux sorties et aux probables chiffres de vente. Le fondement et le résultat de la création ne se trouvant pas là.

Je ne me représente plus moi-même à vrai dire. Tout au plus, je mets en lumière une histoire de rapports de force, d’impératif catégorique, de transmutation. La qualité ne voulant même plus rien dire. Un humain parmi d’autres.

Âme liquéfiée et lévitante.

Loin déjà de ce que l’on appelle ; la Sauvagerie, la Noblesse et le Temps.

Décadent exemplaire

Les possibilités qu’offrent la vie moderne sont incommensurables. Outre la dévitalisation psychique, ce que la quête de sens amène par la consommation comme effet. J’ai et nous avons des possibilités d’élévation par la culture bien plus larges que jamais l’Humanité n’en eut, l’offre est conséquente et à une portée de clics. Là est la grande qualité de ce Temps, le confort matériel pris dans une logique constructive peut amener le sujet vers des grandeurs spirituelles. Pourtant, cette partie de la modernité est mise à mal et se trouve de côté par ce que les réseaux sociaux donnent à voir.

Que savons-nous réellement des personnes fonctionnant dans une autre dynamique de la réaction instantanée et continue ? Ils sont bien moins exposés car ils ne participent pas à la logique réactionnaire et puérile de ce Temps. L’argumentation et le travail de recherche comme fond dominent leurs manières. Ceci m’intéresse beaucoup. Je vois là dans de ce travail d’auto-éducation ce que le système ne peut nous montrer facilement. A l’image de la pensée, des savants, de la sagesse, l’humain se construisant avec noblesse et profondeur s’est toujours vu décalé par rapport à la masse. Ce qui n’est pas qu’une vue de l’esprit, il l’est réellement. Comment bien vivre dans ce magma belliqueux, dont le principal objectif est de gagner le débat et non pas de progresser en sa pensée ?

Je peux dire que ce genre de personnes fait partie, en ce sens, de la grande famille des décadents exemplaires. De ceux qui créent leur propres valeurs, celles qui fortifient l’âme et la vision, les rendant toujours visionnaires quant à eux-mêmes et leur environnement. Leur exposition est massivement impossible car leur pensée est trop complexe, alambiquée et nuancée que pour donner aux foules ce qu’elles veulent; de la polémique. Mais vous le savez comme moi, que ceci n’est pas une affaire de réseaux sociaux. Si l’on gratte un peu plus, on tombe presque systématiquement sur le même nœud gordien; nature humaine.

Ô décadent exemplaire, puisses-tu demeurer à juste mesure dans l’ère du Temps, suffisamment assez pour te rappeler que tu n’en fais pas partie.

Tu es finalement bien trop proche de ta Nature Humaine…

Orgone

Transfusion de l’essence

Electrification du corps,

dans une position christique.

 

J’ai bien senti qu’elle venait d’ailleurs.

 

Avant moi,

après moi.

 

Que j’étais un ailleurs.

Part irréductible en moi.

En tout.

 

Du meilleur au plus mauvais.

 

Réceptacles de l’énergie primaire.

 

Cosmos

 

Orgone

 

Eternel éternel.