De la masculinité : être un homme

Être un homme, c’est être tout et rien. Comme l’utilité de la philosophie : tout et rien. Je ne pourrai donc dire ce que c’est d’être un homme. Mais je crois pouvoir dire qu’il s’agit d’une chose qui dépasse la masculinité, la virilité et les valeurs dites de force, de courage, de couilles et de ce que chaque personne pourrait en dire.

Être un homme est un concept. Il y a dans cette expression, les perceptions de ce que doit ou devrait être un homme, les valeurs de construction sociale, les perceptions de la masculinité, un tas d’autres choses que l’on pourrait mettre sur papier encore, encore, et encore. Bref un concept. Mais pas que.

La masculinité, tout comme la féminité, l’enfance, la vieillesse ne se réduisent pas à une charte de qualificatifs. La richesse de la vie, le fait de ne jamais pouvoir aller au bout du bout de l’absolu du monde, de ne pouvoir être partout en tout temps, rend le concept obsolète sur papier. Cependant l’homme existe bel et bien. Il est donc en réalité plus qu’un concept aussi complexe soit-il. On est ici comme souvent au-delà du champs des idées

Je ne peux écarter le fait que les hommes et les femmes sont différents au point de vue de la physiologie, des hormones, et encore une fois, de choses qui dépassent mon entendement.

Il y a pourtant des choses à clarifier : beaucoup trop d’hommes pensent que la sensibilité est affaire de femmes, la douceur, les sentiments, la préciosité…Souvent ils gardent cela enfuit en eux, ce qui les amène à des attitudes destructrices, à des frustrations, à une mésentente avec eux-mêmes. En produisant ce genre d’attitude, ils alimentent le concept, la construction sociale. Allant parfois jusqu’à étouffer cette merveilleuse qualité humaine qu’est l’empathie. Du mutilant pour tout le monde.

De ma petite expérience, je pense avoir vu que le spectre des émotions, des sentiments, des pensées est le même pour les deux sexes. Les sensibilités diffèrent d’un individu à un autre, ce qui est naturel mais le sexe est une partie jouant sur l’être, il n’est pas tout. Et là, je ne rentrerai pas dans une phénoménologie pour de multiples raisons. La plus grande étant ce que j’ai évoqué ci-dessus : aller au fond est impossible et la plus simple des manières est la meilleure – se concentrer sur l’attitude.

Et comme la vie, le monde sont complexes, que les choses sont imbriquées, que la plus constructive des visions est transversale, je crois qu’il est bon de retenir ceci :

Être un Homme, c’est s’améliorer et faire son auto-examen chaque jour, c’est être bienveillant, respectueux, communicatif, à l’écoute, aimant, ne pas être insistant, respecter le choix des autres. C’est comprendre qu’être bon avec le monde, avec les autres, c’est avant tout être bon avec soi. C’est éviter la haine, convier la fraternité à la table de sa vie. C’est avoir du courage d’assumer ce que l’on est et ce que l’on veut être, ce à chaque moment de sa vie. C’est embrasser la complexité du monde. Penser jute. Agir juste. Parler juste. C’est ne plus utiliser l’insulte « fils de pute » : attaquer la mère d’une personne par la parole est d’une bassesse qui n’est digne de personne. C’est lever les yeux au ciel en se disant que la vie est belle. C’est être guidé par l’amour de la vie, des autres, aller vers le grandissement de soi. Avec la rigueur, la fermeté et l’oisiveté comme grandes amies. C’est ne plus penser en terme simpliste, dans un tube, c’est penser en prisme. C’est rassembler. C’est être critique, c’est tenter, ne pas juger, ne pas tomber dans la haine, c’est raisonner, caresser la poésie et le cosmos. C’est n’avoir d’autre devoir que d’être bon avec les autres et avec soi. C’est s’aimer d’un amour juste, furtif, qui n’écrase pas.

Il y en a tant.

Peut-être que c’est simplement s’inventer soi-même. Déjouer le mutilant. Aller vers l’émancipation. Le devenir soi. Cette attitude asexuée qui célèbre la vie, qui pousse à dire que : oui finalement, nous sommes des gens biens, des gens bons, des gens justes.

Mais qu’est-ce que le juste ?

Ce qu’une femme et un homme peuvent faire avec amour, passion et désintéressement, s’ils le veulent.